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Rencontre avec Alain Lamassoure

Actualité 23.11.2007

Touteleurope.fr a rencontré Alain Lamassoure, dans le bureau parisien du PPE (Parti Populaire Européen), pour évoquer avec lui les grands dossiers européens du moment. Le député européen a notamment affirmé son soutien au nouveau traité européen qui sera signé à Lisbonne le 13 décembre prochain.



Pour l'ancien ministre des Affaires européennes, "ce texte n'est évidemment pas parfait, mais il ne s'agit pas du dernier traité de l'histoire de la construction européenne". Il permettra à l'Europe de mieux fonctionner, de manière plus lisible, pour mener à bien les politiques actuelles et à venir. L'eurodéputé a insisté sur l'importance que revêt à ses yeux l'extension de la majorité qualifiée au Conseil et la hausse du pouvoir de codécision du Parlement européen  à pratiquement toutes les politiques de l'Union.

Une nouvelle composition pour le Parlement européen


L'autre dossier du moment pour Alain Lamassoure, c'est la réforme de la composition du Parlement européen, un sujet pour lequel il a été le rapporteur de l'assemblée européenne. L'enjeu de cette réforme était de fixer à partir de 2009 un plafond de députés, en essayant de respecter l'équilibre entre le poids démographique des Etats membres et le souci des petits pays de ne pas être "écrasés par les pays les plus peuplés. Pour l'un de ses principaux maîtres d'œuvre, "cette réforme était nécessaire car on n'allait pas laisser le PE devenir une sorte de soviet suprême pléthorique à mesure que l'UE s'élargit".

Au cours du sommet informel d'octobre 2007, qui a marqué l'accord sur le nouveau traité européen, les chefs d'Etat et de gouvernement ont validé la proposition établie par le Parlement européen, non sans passer par un compromis de dernière minute destiné à satisfaire les revendications de l'Italie, qui craignait de "perdre du poids" avec le nouveau système. Pour ne pas dépasser le plafond prévu de 750 députés, le président de l'institution ne sera plus comptabilisé dans ce décompte. Le nombre total de voix est donc porté à 751 (750 députés plus le président du Parlement européen).

Bien sûr, cette solution peut paraître "insatisfaisante". Mais pour Alain Lamassoure, l'essentiel n'est pas là : "l'important, c'est que le Parlement ait pu déterminer lui-même sa composition". Un signe de l'affirmation croissante de cette institution, confirmé par le nouveau traité, qui accroît ses prérogatives.

Présidence française : la détermination du gouvernement


Alain Lamassoure a participé samedi 17 novembre au séminaire gouvernemental présidé par François Fillon, consacré à la préparation de la Présidence française de l'UE qui se débutera en juillet 2008. D'après lui, le  gouvernement et le Président de la République sont déterminés à faire de cette Présidence une réussite pour l'ensemble de l'Union européenne.

Certes, les projets qui figureront alors à l'agenda du Conseil et du Parlement sont déjà "dans les tuyaux", puisqu'ils sont lancés en ce moment même par la Commission. Mais la France compte profiter de sa présidence pour prendre des initiatives dans plusieurs domaines. C'est notamment le cas en matière de défense, d'environnement ("un sujet où la France se veut exemplaire"), ou encore pour tout ce qui concerne la gestion commune des politiques migratoires. Paris veut également ouvrir le dossier épineux de la révision du budget de l'UE, un débat qui devrait s'achever fin 2009 - début 2010 avec le nouveau Parlement européen.

Semer des graines


Contrairement à ce qu'on pourrait croire, "assurer la présidence de l'Union est une situation assez inconfortable pour le pays qui en a la charge". Celui-ci doit se montrer exemplaire et "ne doit pas donner l'impression qu'il cherche à défendre ses propres intérêts à travers les mesures qu'il propose".

La présidence française est importante pour l'ensemble de l'Union européenne, car c'est la dernière présidence tournante avant l'entrée en vigueur du nouveau traité. "C'est un peu comme pour la construction d'un Airbus : bien que la France n'effectue pas le voyage inaugural, elle a la tâche essentielle de s'assurer que tout fonctionne bien avant le lancement de l'appareil". Il s'agit aussi de "semer des graines" pour l'avenir, après une période de dix ans "durant laquelle l'Europe s'est surtout préoccupée de problèmes institutionnels". Les politiques qu'elle mettra sur l'agenda sont cruciaux pour le futur de l'Europe, qu'il s'agisse d'énergie, d'environnement ou encore de politique étrangère.  

Pour Alain Lamassoure, cette présidence est aussi importante pour la France, dans la mesure où "l'Europe est le cadre qui lui permettra d'affronter les défis présents et à venir".

En savoir plus :

Le Traité de Lisbonne - Dossier d'actualité - Touteleurope.fr
Le Parlement européen - L'Union européenne - Touteleurope.fr
Répartition des députés européens par pays à partir de 2009 - Infographie - Touteleurope.fr
Les priorités de la Présidence française de l'UE - L'UE en action - Touteleurope.fr