Derniers articles publiés

Réforme de la gouvernance : Pervenche Bérès devant les députés français

Actualité 05.07.2010

Pervenche Bérès (S&D) à présenté jeudi dernier son rapport sur la gouvernance économique et financière devant la Commission Affaires européennes de l’Assemblée nationale. L’occasion pour l’eurodéputée, membre de la Commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale du Parlement européen, de revenir sur les causes de la crise traversée par l’Europe, et de rappeler l’importance de l’implication des Parlements nationaux dans la gestion de celle-ci.

Pervenche Bérès a commencé par poser son diagnostic de la crise, en insistant notamment sur la nécessité de ne pas la lier directement aux subprimes, mais de la replacer dans un cycle beaucoup plus long qui remonte à une trentaine d’années.

Pour l’eurodéputée, c’est une crise aux sources multiples, à rechercher dans le système financier et surtout le développement d’un système bancaire "de l’ombre", mais aussi dans les politiques économiques menées notamment par les Etats-Unis (délocalisations, politique monétaire laxiste ou encore consommation fondée sur le crédit) ainsi que les politiques sociales, qui ont tendance à renforcer l’opposition entre le facteur capital et le facteur travail. Un diagnostic, explique-t-elle, qui est perçu au Parlement comme très idéologique, et qui s’avère plus clivant que ses propositions de sortie de crise.

Parmi elles, Pervenche Bérès a insisté sur la taxe carbone à l’échelle de l’Union, la taxe sur les transactions financières ou encore le grand emprunt européen. Pour la députée socialiste le point clé est de sortir du pacte de stabilité comme référence ultime, afin de développer "une approche plus intelligente que deux chiffres" !

C’est du côté des écarts de compétitivité qu’il faut se tourner, et qu’il faut réduire à l’échelle européenne. Mais la tâche s’annonce ardue tant cela touche aux fondements des stratégies macroéconomiques des Etats.

Une crise de la gouvernance

Elle considère ainsi que la crise qui secoue actuellement l’Europe n’est pas une crise de la dette, qui n’est qu’un symptôme, mais bien une crise de la gouvernance. La solution devrait passer par l’association plus grande des Parlements nationaux à la prise de décisions, et surtout, par la délégation de davantage de compétences à l’Union européenne.

"Jusqu’à maintenant, on a développé les compétences de coordination, qui sont très contraignantes pour les Etats membres alors qu’ils ne sont pas très efficaces. L’UE est efficace quand elle mène elle-même des projets !", soutient-elle.

Face à Mme Bérès, les députés français ont été séduits, et ont rebondi sur la place des Parlements nationaux dans la gouvernance. Ils ont insisté sur la nécessité de les associer aux réformes budgétaires qui sont entrain d’être mises en place, comme le semestre européen (la possibilité pour la Commission et les autres Etats membres d’examiner en amont les budgets nationaux), rejoignant ainsi la proposition de l’eurodéputé Alain Lamassoure (PPE). D’aucuns ont préconisé une alliance généralisée des Parlements nationaux avec le Parlement européen, "clé de la réussite de l’Europe" pour Pierre Lequiller, Président de la commission des affaires européennes.


En savoir plus :

La crise dans la zone euro - Touteleurope.fr