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Référendum Icesave : les Islandais persistent et signent

Actualité 11.04.2011

Les Islandais ont à nouveau rejeté samedi  9 avril l'accord prévoyant le remboursement au Royaume-Uni et au Pays-Bas d’une dette de 3,9 milliards d’euros suite à la faillite de la banque islandaise Icesave.

L'accord de remboursement était pourtant plus favorable à l’Islande que celui conclu l'année dernière. Il permettait d'étaler les paiements jusqu'en 2046 (au lieu de 2024) à un taux de 3,2% (et non plus de 5,55%). D'ailleurs, les sondages de début avril indiquaient la victoire du "oui" à 57%.


C'est néanmoins le "non" qui est finalement arrivé en tête, avec près de 60% des suffrages exprimés. La Première ministre, Jóhanna Sigurðardóttir, s'est dite profondément choquée du résultat qui désavoue pour la seconde fois son gouvernement et le Parlement. Les députés avaient en effet accepté la nouvelle mouture à une confortable majorité (44 sur 63 députés). Mais c'était sans compter le véto du président, Ólafur Ragnar Grímsson, ouvertement opposé aux négociations.

Comme ce dernier l'a affirmé dans une interview au quotidien espagnol El Pais, "le principal reste, pour lui, que l'Islande soit une démocratie et non un système financier".  Fort d'une pétition signée par 40 000 citoyens et de nombreuses protestations dans la capitale, il a souhaité appeler à un nouveau référendum, une décision non sans conséquence. A la crise économique et financière s'ajoute une crise politique, le pouvoir islandais étant, à l'image de la population, très divisé.

La Commission européenne a commenté les résultats du référendum, assurant que ceux-ci n’avaient "pas d'impact sur les négociations d'adhésion" de l'Islande à l'Union européenne mais souhaitant néanmoins que le litige soit résolu rapidement.

Les partenaires anglais et néerlandais se sont quant à eux déclarés déçus de ce deuxième rejet. D'après le secrétaire d'Etat britannique aux finances, Danny Alexander, interrogé par la BBC, "il semble que cette affaire va maintenant finir devant la justice."

Une procédure judiciaire avait déjà été lancée par les Pays-Bas auprès de l'Autorité de surveillance de l'Association européenne de libre-échange (AELE), mais elle avait été suspendue dans l'attente des résultats. Le pays a désormais bien l'intention de la relancer et le Royaume-Uni devrait s'y joindre.

La résolution judiciaire devrait prendre de un à deux ans et pourrait se révéler plus sévère vis-à-vis de l'Islande que ne l'était le dernier accord négocié. L'autorité de surveillance a déjà reconnu en 2010 que les sommes réclamées par les Pays-Bas leur étaient bien dues.

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