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"RaBIT" : Qu'est ce que c'est ?

Actualité 16.02.2011

"A chaque nouvelle vague d'immigration illégale, on laisse chaque pays se débrouiller tout seul. Nos frontières sont communes : on doit les défendre ensemble" a expliqué Laurent Wauquiez, ministre Français délégué aux Affaires européennes, lors d'une interview accordée hier à Toute l'Europe. Ainsi, sur le contrôle de l'immigration illégale, l'Europe doit être davantage présente auprès des Etats. Concrètement, il faut "plus de moyens pour Frontex, et plus de RaBIT". Mais de quoi s'agit-il ?

L'agence Frontex s'occupe de la gestion des frontières de l'UE, c'est-à-dire les zones frontalières entre les Etats membres de l'UE et les pays qui n'en font pas partie. Bien que chaque Etat membre soit responsable de ses frontières, l'agence s'assure de la bonne application des mesures européennes et facilite la coopération entre tous.

Elle remplit d'autres missions comme aider les Etats à former leurs gardes-frontières (notamment pour que cette formation soit comparable d'un Etat sur l'autre), conduire des analyses de risque ou assurer un travail de veille technologique sur les moyens de contrôle et de surveillance des frontières.

Trois ans après la création de l'agence, pour améliorer la plus-value européenne dans la gestion des frontières, l'UE s'est dotée d'une capacité d'intervention rapide du nom de "RaBIT". Un Etat peut y faire appel lorsqu'il se retrouve face à une soudaine pression migratoire clandestine, "urgente et exceptionnelle", comme c'est actuellement le cas pour l'Italie avec les immigrés Tunisiens à Lampedusa. Le système RaBIT permet de mobiliser une force composée de garde-frontières d'autres Etats européens pouvant venir en renfort des équipes nationales.

Une équipe RaBIT avait été envoyée en Grèce, en octobre dernier, pour faire face à la vague d'immigration illégale turque. 175 gardes-frontières provenant du reste de l'Europe étaient venus prêter main forte aux forces grecques. Cependant, leur mission étant limitée dans le temps, Athènes avait prévu de clore sa frontière avec la Turquie en y construisant un mur.

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Concrètement, un Etat membre fait appel à Frontex, qui va faire une analyse de la situation et décider d'accéder ou non à sa demande. Si Frontex donne son feu vert, les autres Etats membres sont mis à contribution pour fournir des gardes-frontières à l'Etat demandeur, conformément à un plan opérationnel établi par l'agence. Ceux-ci pourront, comme leurs collègues nationaux, avoir recours à la force et aux armes de service, tant que les autorités de leurs Etats d'origine et hôte y consentent. Ils continuent de porter leurs uniformes nationaux, mais sont reconnaissables par leurs brassards aux couleurs de l'UE. L'équipe doit être acheminée par Frontex au plus tard cinq jours après la demande de l'Etat.

Face à la vague d'immigration tunisienne sur les côtes de l'Italie, aucune équipe RaBIT n'a été mobilisée pour l'instant. Les critiques virulentes adressées à ce sujet par le ministre italien de l'Intérieur Mario Maroni ont été retoquées par la commissaire Cécilia Malmström, qui maintient que "tout le week-end, nous avons demandé aux autorités italiennes si elles avaient besoin d'aide. Leur réponse a été claire : non, pas à ce stade".


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