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Quelles sont les 7 monarchies de l'Union européenne ?

Actualité 15.05.2018 Isaure Magnien

A la veille du mariage princier du 19 mai 2018, qui verra le prince Harry et Meghan Markle s'unir sous les voûtes de la chapelle Saint-Georges, Toute l'Europe fait le point sur les sept monarchies constitutionnelles au sein de l'Union européenne.

Monarchies en Europe

Découvrez le trombinoscope des monarchies européennes

La plupart des pays européens ont connu au cours de leur histoire une période de monarchie. A la veille de la Première Guerre mondiale, la majorité des pays du Vieux Continent sont gouvernés par des souverains, mais après 1945, le modèle politique dominant change et les républiques deviennent majoritaires, au sein d'un paysage politique mouvant.

Si dans certains pays, comme en Italie, la fin de la monarchie est synonyme de rétablissement de la démocratie, ce n'est pas le cas partout en Europe. Ainsi, en Espagne, le pays n'est plus une monarchie depuis 1931, et la dictature de Franco, qui s'installe en 1939 à l'issue d'une guerre civile meurtrière, ne la restitue pas. Elle ne sera réintroduite qu'en 1975 par Juan Carlos Ier, qui instaure alors une démocratie représentative.

A l'Est, de nombreux pays sont également poussés à mettre fin à leur système politique, sans pour autant aller vers un régime plus démocratique. C'est le cas en Roumanie, qui adopte le modèle soviétique en 1945 et dont le roi Michel abdique en 1947, ou de la Hongrie, qui, sortie défaite de la seconde guerre mondiale, adopte en 1945 un régime communiste imposé par les Soviétiques. En Grèce, le mouvement inverse a lieu. En 1946, Georges II est ainsi réinstitué à la tête du pays. La monarchie sera cependant destituée dès 1967 lors du coup d'Etat des colonels dont le régime durera jusqu'en 1974.

7 monarchies modernes au sein de l'Union européenne

Aujourd'hui, les monarchies sont minoritaires au sein de l'Union européenne. Au nombre de sept, (Belgique, Danemark, Espagne, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède) elles octroient à leur souverain ou souveraine des pouvoirs limités, d'ordre symbolique et représentatif.

Au fil des années, les monarchies ont en effet évolué vers des modèles constitutionnels modernes, dévouant leurs pouvoirs au Premier ministre, relâchant l'étiquette et assouplissant les traditions. Aujourd'hui, la majorité des sept monarchies de l'UE applique par exemple la primogéniture stricte et non plus la primogéniture masculine. En Suède et en Espagne, les monarques payent même des impôts.

Trombinoscope des monarchies européennes

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Les couronnes vacillent

Dernièrement, les différentes couronnes européennes ont néanmoins vécu plusieurs scandales les fragilisant. En 2010, par exemple, le roi Carl Gustaf de Suède a utilisé des subventions agricoles européennes pour compenser la perte d'un million d'euros en bourse lors de la crise financière. Son surnom de "roi sans culotte", allusion aux divers scandales de liaisons extra-conjugales dont il est l'objet, le suit en outre partout où il va.

La monarchie européenne la plus contestée ces dernières années reste sans doute l'Espagne. Entre partie de chasse pharaonique alors que le pays s'enlise dans la crise et gendre emprisonné pour fraude fiscale, les bévues se sont enchaînées. Au point que, pour des raisons de santé mais aussi d'image, le roi Juan Carlos a décidé d'abdiquer en 2014 pour laisser la place à son fils Felipe VI, qui tente de blanchir l'image de sa famille.

Popularité et coût de la monarchie

Malgré ces différentes affaires, les monarchies restent majoritairement soutenues par les citoyens des pays concernés. Ainsi, en 2016, 86% des Britanniques étaient satisfaits de la reine. En Espagne, en 2017, le roi Felipe bénéficiait d'une popularité de 7,2 points sur 10, selon le journal El Espanñol. En 2013, 70% des Néerlandais étaient en faveur de leur souverain et en Belgique, 69% des interrogés en 2016 déclaraient avoir totalement ou plutôt confiance en leur roi.

Malgré leurs pouvoirs réduits, les monarchies représentent un coût, souvent restreint, pour leur pays. La plus coûteuse par habitant est celle Luxembourg, où le Grand-Duc, en plus de son salaire de plusieurs centaines de milliers d'euros dispose d'un budget de 10 millions chaque année.

Au pays de la maison Orange-Nassau, la monarchie coûte 44 millions chaque année aux Néerlandais. La famille royale danoise a, quant à elle, coûté 41,4 millions d'euros en 2017, soit beaucoup plus qu'en Suède, où la monarchie aura coûté un peu plus de 11 millions d'euros.

La monarchie belge coûtera elle plus de 36 millions d'euros au pays en 2018. Tous les ans, les Britanniques déboursent quant à eux le prix d'un timbre, soit 65 pences par personne, pour que la reine puisse vaquer à ses responsabilités. Au total, en 2016-2017, les dépenses d'argent public de la reine se sont ainsi élevés à 41,9 millions de livres (47,6 millions d'euros).

La couronne d'Espagne est la moins coûteuse. Le Roi Felipe a baissé son salaire de 20% par rapport à celui de son père et touche annuellement un peu plus de 230 000 euros. Le budget de la monarchie est lui resté le même, aux alentours de 8 millions d'euros par an. Cela représentait en 2015 16 centimes d'euro par an et par habitant.

Carnet des monarchies

Si les monarchies sont aujourd'hui sous le feu des projecteurs et dans le viseur des médias, c'est que des événements, surtout au Royaume-Uni, sont attendus.

Le prince Harry, connu pour ses frasques de jeunesse, se marie le 19 mai 2018 avec l'actrice américaine Meghan Markle, vue dans la série Suits. Ce mariage arrive après la naissance du troisième enfant du prince William et de la princesse de Cambridge, prénommé Louis, ainsi que le 92ème anniversaire de la reine Elisabeth. Le prince Charles devrait quant à lui fêter ses 70 ans cette année. Pour certains, cette émulation royale pourrait permettre aux Britanniques d'oublier un peu les affres de Brexit et les difficultés du gouvernement à mener les négociations.