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Quelle Europe ? La construction européenne vue par les Français

Actualité 18.05.2006

Les points de consensus :

* les pays de l'UE possèdent des valeurs communes qui les distinguent du reste du monde (66%)
* les Français se sentent à la fois Français et Européens (60%)
* l’appartenance à l’UE est une bonne chose (75%)
* la construction européenne permet de garantir la paix (79%)
* la construction européenne nous rend plus forts face au reste du monde (75%)
* la construction européenne coûte cher à la France (66%)
* les Français se sentent peu informés sur l’Union européenne (63%)
* les Français voudraient être davantage associés aux prises de décision dans l’UE (76%)
* les Français seraient intéressés par des débats sur la construction européenne (84%) et seraient prêts à y participer (78%)

Le regard des Français sur l’Union européenne

3 Français sur 4 pensent que l’appartenance de la France à l’Union européenne est "une bonne chose". Ainsi, pour 75% des personnes interrogées et pour une large majorité des électeurs s’étant prononcés en faveur (91%) ou contre le traité constitutionnel (66%), "la construction européenne nous rend plus forts face au reste du monde". 

La majorité des Français considèrent toutefois que la construction européenne coûte cher à la France (66%). En outre, 1 Français sur 2 considère que la construction européenne ne contribue pas à une meilleure qualité de vie (58%), ni à la prospérité du pays (48%).

La plupart des personnes interrogées estiment par ailleurs que la construction européenne a eu un impact négatif sur le coût de la vie (65%), l’emploi en France (63%) et l’agriculture du pays (58%). Les partisans du non au référendum portent un jugement nettement plus pessimiste que les partisans du oui sur l’ensemble de ces questions.

La majorité des Français considère en revanche que l’Union européenne a, en France, un impact positif dans de nombreux domaines : la sécurité aérienne en France (74%), la qualité de l’environnement (72%), la formation de jeunes (64%), la croissance économique (54%)… Il leur semble également que la coopération au sein de l’Union peut permettre de résoudre un grand nombre de problèmes auxquels sont confrontés les Etats membres, notamment en matière de recherche et d’innovation technologique (88%), de lutte contre le terrorisme (82%), d’aide aux pays les plus pauvres (79%), de politique étrangère et de défense (77%), de lutte contre l’immigration clandestine (66%).

Quel avenir pour l’Union ?

45% des Français considèrent que l’Union européenne devrait être à la fois un grand marché et un projet politique. Dans le même temps, 55% sont contre une intégration qui se ferait au détriment de la souveraineté des Etats membres.

Après avoir rejeté le Traité constitutionnel au printemps 2005, la majorité des Français apparaissent favorables à l’idée d’une Constitution : 35% sont prêts à renégocier le Traité proposé (49% pour les partisans du oui), 39% à négocier une nouvelle Constitution en repartant de zéro (particulièrement ceux en faveur du non 52%) et 9% à voter sur le même projet.

Sur la question des frontières de l’Union, l’opinion française est très partagée :

  • 47% des personnes interrogées considèrent que les frontières définitives de l’Union doivent être déterminées avant tout nouvel élargissement ;
  • un français sur deux considère, au contraire, que l’Union a vocation à s’étendre à tout pays européen souhaitant y adhérer et partageant ses valeurs ; les frontières définitives ne peuvent donc être établies.

Des pays candidats à l’Union (Roumanie, Bulgarie, Croatie, Turquie), c’est l’entrée de la Turquie qui suscite le plus de réserve, 38% des personnes interrogées y étant opposées. 59% des Français demeurent, en revanche, favorables à l’adhésion du pays à plus ou moins long terme.

Les plus opposés à l’entrée de la Turquie sont les partisans du non au référendum (49%). L’attachement à l’identité nationale est également plus fort pour cette tranche de la population : 47% se sentent avant tout Français et pas vraiment européens et 45% se sentent à la fois français et européen (34 points de moins que les partisans du oui). Les partisans du non sont également plus sensibles à la question des frontières de l’Union, 41% considèrent en effet que la géographie constitue l’élément principal définissant l’identité européenne et 57% (+ 15 points que les partisans du oui) que les frontières définitives de l’Union devraient être déterminée avant tout nouvel élargissement.

Un fort besoin d’information, un appétit de débat

L’étude confirme les réponses apportées dans l’Eurobaromètre 64 : la majorité des Français (63%) s’estiment particulièrement mal informés sur l’Union européenne (par rapport aux questions de politique nationale), notamment de la part des hommes politiques nationaux (87%) et des médias (80%).

Ce sentiment était particulièrement fort chez les partisans du non au référendum (69%, + 14 points). Cette population se sent toutefois généralement moins bien informée sur la vie politique française et, paradoxalement, est moins demandeuse d’information de la part des hommes politiques et des médias que les partisans du oui (-11 points).

Un large consensus se dessine, en revanche, au sein de l’opinion publique sur le fait que :

  • la construction européenne est trop éloignée des préoccupations des citoyens (82%) ; 
  • les peuples ne sont pas suffisamment consultés (80%) ;
  • les citoyens devraient davantage être associés aux prises de décision dans l’UE (76%).

Une large majorité des Français (84%) est donc favorable à l’idée de débats publics sur la construction européenne. 

Les 15-24 ans face à l’Union européenne

Les jeunes portent un regard globalement plus positif que leurs aînés sur l’Union européenne : 88% des 15-24 ans jugent que l’appartenance de la France à l’UE est une bonne chose. Les moins de 24 ans apparaissent aussi plus optimistes quant à la contribution de l’Union européenne à la prospérité de la France (61%), 12 points au-dessus de la moyenne nationale, et à la qualité de vie (50%), 11 points au-dessus moyenne nationale.

Toutefois, l’opinion selon laquelle la construction européenne a peu d’impact sur leur vie quotidienne est nettement plus répandue chez les jeunes (69%, soit 11 points de plus que la moyenne nationale).

Les 15-24 ans apparaissent également les plus favorables aux perspectives d’élargissement de l’Union: 69% d’entre eux portent un regard positif sur l’élargissement de 2004, par rapport à une moyenne nationale de 47%.

Enfin, les moins de 24 ans sont plus enclins (47%) à renégocier une Constitution à partir du projet existant que leurs aînés, dont une majorité relative penche en faveur d’une nouvelle négociation.

Quelle Europe ? La construction européenne vue par les Français (pdf)

Sondage réalisé pour la Commission européenne, Direction Générale de la Communication, Unité "Analyse de l’opinion publique et des médias" du 16/01/2006 au 23/01/2006 par téléphone par l’institut EOS GALLUP EUROPE en France: TNS Sofres.  Echantillon national représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus de 2001 répondants. Une pondération a été appliquée au résultat national afin de représenter la population française.