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Quelle ambition pour l'avenir de l'Europe ?

Actualité 24.04.2007

Alain Terrenoire, Sylvie Goulard - DRL'Institut Prospective et Sécurité de l'Europe (IPSE) a demandé à Sylvie Goulard, présidente du Mouvement européen France, et Alain Terrenoire, président de l'association Pan Europe, d'exposer, le 24 avril 2007 à Paris, leurs vues sur les 50 dernières années de construction européenne et l'avenir de l'Union.

"Nous souffrons plus de l'Europe que nous n'avons pas que de celle que nous avons"

Après le rejet du Traité constitutionnel par les Français, que Sylvie Goulard décrit comme "un tremblement de terre" en Europe et la source d'une "apathie généralisée" en France, l'auteur du récent ouvrage "Le coq et la perle" propose que l'on s'inspire de l'ambition des Pères fondateurs de l'Europe.

Pour Sylvie Goulard, la méthode communautaire, qu'ils ont mise au point, était une révolution, qui s'est construite sur le renoncement aux nationalismes, sur une détermination sans faille à faire travailler ensemble "petits" et "grands" Etats, et le souci de l'intérêt général. Autant d'engagements selon elle aujourd'hui remis en cause en Europe et en France où l'apologie de la nation et les critiques à l'encontre de la Banque centrale européenne se sont installées dans le débat présidentiel.

Pourtant, insiste Sylvie Goulard, la méthode communautaire "marche" ! Elle permet par exemple à l'Europe de "peser" grâce à ses politiques de concurrence et commerciale. Pour cette ancienne collaboratrice de Romano Prodi à la Commission, "nous souffrons plus de l'Europe que nous n'avons pas que de celle que nous avons". La présidente du Mouvement européen France déplore que la coordination économique et la politique extérieure de sécurité commune (PESC) n'aient pas été animées par la méthode communautaire, et pointe les insuffisances de la "méthode ouverte de coordination" retenue par les Etats membres pour poursuivre les objectifs, pourtant "raisonnables", de la stratégie de Lisbonne.

A court terme, Sylvie Goulard souhaite que la présidence allemande engage une réforme institutionnelle qui sortirait l'Europe de l'impasse dans laquelle elle est tombée après le rejet du Traité constitutionnel européen par la France et les Pays-Bas. Le Conseil européen du 21 juin sera, à ce titre, crucial.

"Mobiliser la jeunesse des peuples"

Pour Alain Terrenoire, député honoraire, l'Union n'a jamais vraiment réussi à convaincre les Européens qu'ils étaient membres d'une même communauté de destin. Aussi, l'Europe se cherche-t-elle. Pour y remédier, le président de l'association Pan Europe appelle de ses vœux un apprentissage renforcé des langues – en particulier de l'allemand – et une pédagogie européenne dès l'école primaire.

Pour M. Terrenoire, il est peu question d'Europe dans la campagne présidentielle, alors même que toutes les discussions économiques, sociales, culturelles, devraient selon lui s'inscrire dans une réflexion européenne. L'Union devrait par exemple porter une ambition démographique pour l'Europe, qui se trouverait à la base de toute politique d'immigration, technologique et solidaire.

L'association Pan Europe poursuit l'objectif de promouvoir une Europe puissante, indépendante et souveraine. Son président déplore à ce titre que l'Union européenne soit "tragiquement" absente du Proche-Orient. Il insiste sur le fait que la souveraineté européenne ne contrarie pas les souverainetés nationales. Pour lui, enfin, l'Union européenne doit porter la tradition de solidarité de l'Europe et se fixer pour but d' "élever le niveau social et le niveau humain". Pour cela, il faudra "mobiliser la jeunesse des peuples" et lui faire entrevoir cette "nouvelle frontière".