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Quel rôle pour l'Europe dans la mondialisation ?

Actualité 18.11.2006

© Notre Europe, 2006Notre Europe, le think tank fondé par l'ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, fêtait son 10e anniversaire samedi 18 novembre 2006 au cours d'une journée de réflexion sur les enseignements et l’avenir de la construction européenne. Animé par Pascal Lamy, Directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce et Président d’honneur de Notre Europe, le débat qui s’est tenu l’après-midi au Palais du Luxembourg était consacré au rôle de l’Europe dans la mondialisation.
Nicole Notat a relevé d'emblée que la question de savoir si la mondialisation jouait en faveur ou en défaveur de l'Europe était une interrogation purement française. L'ancienne secrétaire générale de la CFDT estime que ce débat lancinant traduit une difficulté des Français à comprendre "le monde tel qu'il est". Josep Borell, Président du Parlement européen, a noté que si la mondialisation ne suscitait pas de telles passions en Espagne, c'est parce que les Espagnols, contrairement aux Français, ont compris qu'ils sont désormais une petite nation face aux grands blocs économiques régionaux.

Répondre ensemble à l'essor des grandes nations du Sud et à la compétition mondiale : tel est selon Guy Verhofstadt l'objectif que doit aujourd'hui se fixer l'Union européenne. Le Premier ministre belge a rappelé avec ferveur son engagement en faveur d'une fédération européenne, d'abord limitée à un noyau dur d'Etats dotés d’une gouvernance économique et de normes sociales harmonisées.

Un débat nécessaire sur l'avenir du modèle social européen

Poul Rasmussen, président du Parti socialiste européen et ancien Premier ministre du Danemark, a suggéré pour sa part que les pays européens mettent en oeuvre des réformes sociales coordonnées inspirées de l'expérience danoise. L'inventeur du concept de "flexisécurité" a présenté les grandes lignes d'une "nouvelle Europe sociale" qui combinerait croissance économique et haut niveau de protection sociale.

Cette proposition laisse perplexe Peter Medgyessy, qui s'est demandé comment on pourrait mener des réformes sociales coordonnées dans vingt-sept pays aux niveaux de développement différents. Pour l'ancien Premier ministre hongrois, si un tel programme devait voir le jour, ce serait au sein d'un nombre réduit de pays, car "sinon les plus faibles freineraient ceux qui veulent avancer".

Pascal Lamy a conclu les débats en rappelant qu’il existe aujourd’hui en Europe deux visions opposées de la mondialisation : ceux qui souhaitent que l'UE profite de ce phénomène pour améliorer sa croissance économique et ceux qui veulent s’en protéger. Entre ces deux positions, "il faudra trouver un compromis". Pour le Président d'honneur de Notre Europe, ce débat, qui n'a pas eu lieu au cours des travaux de la Convention, est au moins aussi important pour l'avenir de l'Union que la question constitutionnelle.