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"Que peut faire l'Union européenne face à la crise économique et financière ?" Touteleurope donne la parole aux experts

Actualité 27.01.2009

L'UE, impuissante face à au séisme qui ravage la finance mondiale depuis l'automne 2008 ? Sûrement pas ! C'est en tout cas l'avis des trois experts réunis par Touteleurope pour en débattre le 26 janvier dernier : Pervenche Berès, Présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Valérie Bros, Ministre Conseiller pour les affaires financières à la Représentation permanente de la France auprès de l’UE, et Nicolas Véron, économiste.

Satisfecit global à la Présidence française du Conseil de l'Union européenne

Nos trois intervenants s'accordent pour reconnaître une action positive à l'UE et à la Présidence française du Conseil de l'UE.

Face aux premières retombées de la crise, une action concertée au niveau européen a permis d'éviter le "scénario du pire " (selon Valérie Bros) :

 


Les leçons à tirer : le système financier entre échec et besoin de reconstruction

Si, pour Nicolas Véron, on se trouve dans "l'ignorance", la situation actuelle étant "inédite", il faut bien reconnaître d'une part "l'échec du système financier international" et d'autre part le "besoin de sa reconstruction."

 

Sur ce dernier point, nos intervenants définissent les priorités d'une action qui ne doit pas être isolée ou unilatérale, mais européenne et globale :

 

  • restaurer la confiance des grandes économies émergentes (Chine, Inde, Brésil, etc.) dans le Fonds Monétaire International (FMI), pour qu'elles contribuent à l'alimenter,
  • élaborer et adopter des normes de supervision bancaire et comptables internationales communes,
  • contrôler certains acteurs des marchés financiers très influents au niveau international : les hedge funds, les réseaux d'audit, et les agences de notation.


Au niveau européen, Mme Berès considère que, jusqu'à présent, les initiatives de l'UE pour réorganiser les marchés financiers manquent d'une "architecture d'ensemble" et ne prennent pas assez en compte les acteurs des marchés que sont les hedge funds et autre private equities.
 

Et au niveau de l'Union européenne, comment réformer les outils existants ?

Quels écueils éviter, quels défis relever? Nos trois intervenants s'accordent globalement sur les recommandations à formuler.

Pour Nicolas Véron, "il faut éviter la refragmentation des marchés financiers européens". Le mouvement de recapitalisation des banques par les Etats ne doit pas entraîner un retour en arrière par rapport au marché commun des services financiers.

 

 

  • Tous trois reconnaissent le besoin de supervision des marchés financiers.

 

C'est "l'enjeu n°1" selon Nicolas Véron. La Banque Centrale Européenne (BCE) serait appelée à y jouer un rôle essentiel bien sûr, mais nos experts s'accordent pour qu'elle n'en soit pas l'autorité suprême, seulement un "maillon majeur" (Pervenche Berès). Et de rappeler le "déséquilibre", au sein de l'Union économique et monétaire, entre une politique monétaire aux mains d'un organe unique (la BCE) tandis qu'il n'existe pas de véritable politique économique européenne, seulement une coordination de celles menées par les Etats membres.

Pour Nicolas Véron, "la seule solution réaliste" serait de créer "une autorité de supervision européenne, une agence indépendante, pour encadrer les grandes banques transfrontalières".

Valérie Bros est plus nuancée : la supervision ne devrait pas être seulement transfrontalière, car les banques exercent aussi beaucoup de leurs activités au plan local. Ce qu'il faut, selon elle, c'est une autorité pour chapeauter les superviseurs locaux et être l'interlocuteur officiel des banques transfrontalières.

Pour Pervenche Berès, "une agence publique de notation" relèverait du "service public". 

  • Il faut aussi une vraie coordination des politiques économiques en Europe, pour contrebalancer le poids de la BCE.

 

Valérie Bros le dit clairement : "la coordination des politiques économiques, c'est la responsabilité des Etats membres". Or, les Etats membres n'ont toujours pas défini de modalités communes pour s'affranchir temporairement et dans certaines limites, du Pacte de stabilité. Pervenche Berès le déplore, car ne pas autoriser de déficits budgétaires temporaires aujourd'hui, c'est à terme "condamner l'existence même du Pacte".



En savoir plus :

 

L'union économique et monétaire - Touteleurope

L'euro - Touteleurope

La Présidence française de l'Union européenne - Touteleurope

Les "Matinales" de Touteleurope