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Qu'est-ce que le G7 ?

Question-Réponse 22.10.2020 Agnès Faure

Cadre informel de discussions entre les dirigeants de sept pays, le G7 a pour objectif de définir des orientations et des positions communes sur un certain nombre de sujets.

Les membres du G7 lors de leur dernière réunion physique à Biarritz le 25 août 2019

De gauche à droite : Giuseppe Conte (Italie), Shinzo Abe (Japon), Donald Trump (Etats-Unis), Emmanuel Macron (France), Angela Merkel (Allemagne), Justin Trudeau (Canada), Boris Johnson (Royaume-Uni) et Donald Tusk (Conseil européen), participent à leur dernier sommet physique à Biarritz, le 25 août 2019 - Crédits : The White House / Flickr

Qui sont les membres du G7 ?

Le G7, ou "Groupe des 7", est un groupe de discussion entre les dirigeants de sept pays : la France, l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Canada et le Japon. L'Union européenne (UE) est également associée aux travaux du G7 depuis 1977. Elle y est représentée par le président du Conseil européen (actuellement Charles Michel) et la présidente de la Commission européenne (actuellement Ursula von der Leyen).

La Russie, qui faisait partie de ce qu'on appelait alors le G8 depuis 1998, a été exclue du groupe en 2014 en réaction à l'annexion de la Crimée et à la guerre en Ukraine.

Comment est né le G7 ?

Le G7 a été fondé en 1975 en réaction au premier choc pétrolier. A l'initiative de la France, les pays les plus riches du moment se sont réunis pour s'accorder sur une réaction commune à la crise.

Le premier sommet s'est déroulé à Rambouillet, en France. Les dirigeants italiens, allemands, britanniques, japonais et américains étaient invités par le Président français pour discuter des problèmes économiques et financiers. D'abord composé de 6 pays (G6), le groupe s'est élargi au Canada en 1976 (G7) puis à la Russie en 1998 (G8). Cette dernière est néanmoins exclue en 2014 et le groupe est de facto redevenu un G7.

A l'époque, l'économie de ces pays comptait pour les 2/3 du PIB mondial. Cette part s'est atténuée au fil des années et les sept économies représentent désormais 40% de la richesse mondiale.

Si le premier sujet traité sous ce format a été la gestion du choc pétrolier, d'autres sujets ont été abordés depuis, comme les problématiques liées à la paix et la sécurité, la lutte contre le terrorisme, le développement, l'éducation, la santé, l'environnement et le changement climatique, d'après le site de l'Elysée.

G7, G20... quelles différences ?

Les deux groupes se ressemblent dans leur fonctionnement mais n'ont pas tout à fait le même rôle.

Le G20, composé de 19 pays et de l'UE, est né en 1999 pour assurer le dialogue entre économies avancées et économies émergentes et ainsi assurer une stabilité de l'économie mondiale. Il tient néanmoins sa première réunion en 2008 avec l'éclatement de la crise des "subprimes". A l'inverse, le G7 traite un panel plus large de problématiques, principalement liées à la sécurité et au maintien de la paix.

Alors que le G7 est considéré par certains pays comme étant un modèle obsolète (il est composé de manière quasi-exclusive de pays occidentaux), le G20 est quant à lui jugé plus représentatif de l'état du monde actuel. C'est une des raisons qui expliquent pourquoi la Russie, exclue du G7 en 2014, ne prévoit pas de réintégrer le groupe, lui préférant le format "plus prometteur" du G20, d'après les déclarations du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Comment fonctionne le G7 ?

Le G7 fonctionne sur la base de réunions tenues chaque année dans le pays qui assure la présidence du groupe. Celle-ci est exercée successivement par chacun des pays du groupe. La dernière présidence française remonte à 2019.

Il revient à la présidence d'organiser le sommet annuel et de s'occuper de son ordre du jour. Les sommets sont préparés par les conseillers diplomatiques de chaque dirigeant, connus sous le nom de "sherpas" qui se réunissent régulièrement au cours de l'année.

Des groupes d'experts sont également constitués pour alimenter les réunions préparatoires suivant les sujets abordés. "Ils sont un cadre privilégié de discussion sur des sujets où la coopération internationale est essentielle", indique le site du ministère français des Affaires étrangères qui dénombre plus de 15 groupes actifs sur des questions liées à la sécurité, la santé, la sécurité alimentaire, l’environnement ou encore l’éducation.

Enfin, il existe aussi des réunions entre les ministres de ces pays. Si les réunions des ministres des Affaires étrangères et les ministres de Finances sont désormais des rendez-vous importants du G7, d'autres réunions interministérielles sont organisées en fonction des thématiques prioritaires retenues par la présidence. Lors de la dernière présidence française, en 2019, des réunions ont eu lieu entre ministres de l'Intérieur, de l'Environnement, du Numérique, de la Santé ou encore chargées de l'Egalité entre les hommes et les femmes.

En dehors de cette structure, le G7 ne compte pas de secrétariat permanent et n'a pas de statut juridique. Il ne s'agit pas en effet d'une organisation internationale mais plutôt d'un groupe de discussion informel entre dirigeants. Les engagements pris lors du sommet ne sont donc juridiquement pas contraignants pour les Etats mais envoient un signal politique fort.

Quelle participation de l'Union européenne ?

Lors du sommet de Londres en 1977, l'Union européenne a été invitée pour la première fois à se joindre aux réunions du G7. En 1981, le président de la Commission européenne participe aux discussions du sommet d'Ottawa. Depuis, l'Union est associée à toutes les séances de travail. A partir de 2009, le président du Conseil européen accompagne le président de la Commission européenne à chaque sommet.

Néanmoins, n'étant pas un Etat, l'Union européenne n'est pas un membre à part entière mais un membre "non énuméré". Cela signifie que l'UE dispose des mêmes privilèges et obligations que les autres membres, sauf celle de recevoir et de présider le sommet. En 2014, un sommet s'est exceptionnellement tenu à Bruxelles, au moment de l'exclusion de la Russie, qui devait exercer la présidence cette année-là.

La rotation de la présidence est la suivante : États-Unis (2020), Royaume-Uni (2021), Allemagne (2022).