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Prévenir la violence faite aux femmes, une priorité du Parlement européen

Actualité 07.03.2014

La journée internationale de la femme se déroulera comme chaque année le 8 mars. De nombreuses manifestations seront organisées en France et dans le reste du monde. En Europe, le Parlement européen a choisi cette année de mettre l'accent sur la prévention de la violence à l'égard des femmes et organise plusieurs événements axés sur ce thème. A cette occasion, l'Agence européenne des droits fondamentaux publie une enquête réalisée dans les 28 Etats membres. Les résultats sont alarmants.

(c) Parlement européen

Une femme sur trois est victime de violences sexuelles ou physiques dans l'UE

En France, le projet de loi pour l'égalité entre les hommes et les femmes soutenu par Najat Vallaud Belkacem prévoit de renforcer le dispositif d’ordonnance de protection. La règle sera désormais l’éviction du conjoint violent du domicile et son maintien dans les lieux l’exception.

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A l'initiative du Parlement européen, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) publie pour la première fois une enquête présentant l’ampleur des violences à l’encontre des femmes. L'enquête qui a été réalisée dans les 28 pays de l’UE s'appuie sur les témoignages de 42 000 femmes au sujet de leur vécu en matière de violences physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la violence domestique.

D’autres sujets ont été traités, tels que la traque furtive (stalking), le harcèlement sexuel, les violences subies dans l’enfance, et le rôle joué par les nouvelles technologies dans les abus subis.

Plusieurs chiffres alarmants ressortent de cette étude :

  • 33 % des femmes ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans ;
  • 22 % ont fait l’objet de violences physiques et/ou sexuelles perpétrée par un(e) partenaire intime ;
  • 5 % des femmes ont été violées ;
  • 43 % des femmes interrogées ont vécu une certaine forme de violence psychologique perpétrée par un(e) partenaire actuel(le) ou ancien(ne) ;
  • 33 % ont été victimes de violences physiques ou sexuelles commises par un(e) adulte pendant leur enfance ;
  • 18 % des femmes ont été victimes de traque furtive ("stalking") depuis l’âge de 15 ans ;
  • 11 % des femmes ont reçu des avances déplacées sur les réseaux sociaux ou des courriels ou textos (SMS) à caractère sexuellement explicite. 20 % des jeunes femmes (18-29 ans) ont été victimes d’un tel cyberharcèlement ;
  • 55 % des femmes ont été victimes d’une forme quelconque de harcèlement sexuel. 32 % des victimes de harcèlement sexuel ont déclaré que l’auteur était un(e) supérieur(e) hiérarchique, un(e) collègue ou un(e) client(e) ;
  • 67 % n’ont pas signalé à la police ou à un autre organisme l’acte le plus sévère de violence commise à leur égard par un(e) partenaire ;

Dans ce rapport, les pays du Nord, comme la Finlande, la Suède, le Danemark sont particulièrement montrés du doigt. Mais dans ces pays, les femmes ont aussi tendance à parler plus librement de ce type de difficultés. Pour apprécier ces chiffres, il faut aussi tenir compte de la criminalité globale du pays, de la consommation d’alcool et du pourcentage des femmes qui travaillent.

Promouvoir l'égalité dans tous les métiers

L'égalité entre les femmes et les hommes est un principe fondamental de l'Union européenne, reconnu dans le traité sur l'UE et dans la Charte des droits fondamentaux. Avec le temps, la législation et la jurisprudence ont renforcé ce principe et son application dans toute l’UE. Cependant, les écarts de rémunération, l'accès à l'emploi, la discrimination au travail et la faible participation des femmes à la prise de décision politique sont quelques unes des dures réalités auxquelles les femmes doivent faire face.

Depuis sa création en 1984, la commission "Droits de la femme et égalité des genres" du Parlement européen joue un rôle très important pour l'égalité des sexes. Les membres de la commission rédigent des rapports, interviennent en réunion de commission et en séance plénière, et organisent des débats et des séminaires pour faire avancer la parité en Europe et dans le reste du monde.

En 2010, les députés européens ont invité les États membres à mettre en œuvre correctement la législation "à salaire égal, travail égal" et ont demandé à la Commission européenne d'imposer des sanctions à ceux qui ne le font pas.

Malgré un arsenal législatif en vigueur depuis presque 40 ans (dont la directive 2006/54/CE) et les actions menées pour tenter de réduire l'écart - les progrès sont lents.

Moins payées, occupant plus souvent des emplois à temps partiel, n’accédant pas aux mêmes responsabilités que les hommes et bénéficiant de retraites inférieures, les femmes en Europe n'ont pas encore gagné la bataille pour l'égalité de leurs salaires. C'est le cas également concernant l'accès à tous les métiers.

Pour lutter contre toutes ces inégalités, le Parlement européen œuvre bien sûr au quotidien en légiférant dans un ensemble de domaines.

Mais il encourage aussi l’égalité des sexes au sein de l'institution. Au sein de la direction générale des infrastructures et de la logistique (INLO) par exemple, les femmes sont ne sont pas bien représentées, particulièrement dans les métiers techniques (ingénieurs, techniciens, chauffeurs, informaticiens …). Sur un total de 577 employés, 35 % sont des de femmes. Et seules 3 % de femmes y exercent un métier technique. A l’occasion de la prochaine journée internationale de la femme, le Parlement a ainsi décidé d’inciter le développement de l’emploi des femmes dans cette direction technique.

Le 13 mars prochain, une visite sera ainsi organisée au Parlement européen pour permettre à des jeunes filles, élèves et étudiantes sélectionnées parmi les établissements scolaires du réseau égalité de l’académie de Strasbourg, de rencontrer des femmes exerçant un métier technique. Ces dernières prendront en charge les jeunes filles sur le site, pour leur montrer effectivement leur métier et répondre à leurs questions.