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Présidentielle : Jean-Luc Mélenchon pour la "refondation démocratique, sociale et écologique" de l'Europe

Actualité 10.04.2017

A l'approche du premier tour de l'élection présidentielle française, qui se tiendra le 23 avril, les positions des candidats se précisent, notamment sur l'Europe. Huit prétendants à l'Elysée sur onze se déclarent ouvertement eurosceptiques, dessinant une frontière nette entre pro et anti-Européens.

Dans le programme de Jean-Luc Mélenchon, la question européenne est centrale. Deux plans sont envisagés. Le premier vise à renégocier les traités européens. Le second, mis en place en cas d’échec du premier, envisage la sortie de la France de l’UE. Tour d'horizon de son programme pour l'Europe.

Jean-Luc Mélenchon

Election présidentielle 2017 : quelle place pour l'Europe ?

Plan A : Proposer une refondation démocratique, sociale et écologique, par la renégociation des traités

Dans ce plan A, Jean-Luc Mélenchon identifie nommément quatre "ennemis" :

  • Le gouvernement allemand et les politiques d’austérité.
  • La Banque centrale européenne qui sort de son rôle monétaire.
  • L’ordo-libéralisme de la Commission.
  • La Cour de justice qui influence l’UE par la primauté du droit européen et ses arrêtés de dérégulation.

En vue d’une renégociation des traités avec les Européens, le candidat de la France insoumise prévoit de mener plusieurs "actions unilatérales". Parmi celles-ci : la "réquisition de la Banque de France", la "liquidation des paradis fiscaux", ou encore la "mise sous contrôle des mouvements de capitaux".

Plusieurs autres mesures sont en outre envisagées :

  • "Rachat de la dette des Etats par la banque centrale, pour mettre fin à la pression des créanciers, et réorientation du rôle de la BCE afin que ses activités se focalisent sur le développement du plein emploi".
  • "Suppression de la surveillance budgétaire des Etats, afin que les peuples décident eux-mêmes de la manière dont les impôts et les cotisations sociales sont employés".
  • "Transformer la monnaie unique en monnaie commune avec les partenaires européens volontaires afin que chaque Etat puisse retrouver des marges de manœuvres d’ajustement monétaire". Cette "monnaie complémentaire concernerait tous les échanges productifs en France, ne serait pas soumise au marché financier et ne serait pas attaquable". "L’euro serait conservé pour les échanges internationaux".
  • "Harmonisation fiscale et salariale en Europe, pour mettre fin au dumping, ainsi que lutte contre la finance pour retrouver des marges de manœuvre".
  • "Protection des services publics et de l’agriculture paysanne et opposition de la France aux traités commerciaux TAFTA et CETA".

 

Plan B : La refondation démocratique, sociale et écologique de l’Europe par la rupture avec l’UE

Ce "plan B" serait activé en cas d’échec du "plan A". Il prévoit par conséquent l’option de la sortie de la France de l’Union européenne. Comme l’explique Jean-Luc Mélenchon, cela pourrait avoir lieu par la restauration de la "primauté du droit national sur le droit européen", ou encore par l’activation de "l’article 50" du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, comme vient de le faire le Royaume-Uni.

Dans cette configuration, le candidat de la France insoumise prévoit plusieurs mesures :

  • Le "non-paiement de la dette illégitime".
  • La mise en place d’un "protectionnisme solidaire aux frontières pour le respect des droits du travail et environnementaux". Cela reviendrait à "opposer la règle verte écologique à leur 'règle d’or' comptable".
  • La "refondation", éventuellement pas un nouveau traité, de la "coopération européenne" au-delà de la finance.