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Présidentielle : Jacques Cheminade "pour l'Europe des patries et des projets"

Actualité 11.04.2017

A l'approche du premier tour de l'élection présidentielle française, qui se tiendra le 23 avril, les positions des candidats se précisent, notamment sur l'Europe. Huit prétendants à l'Elysée sur onze se déclarent ouvertement eurosceptiques, dessinant une frontière nette entre pro et anti-Européens.

Jacques Cheminade, dénonce une Europe des lobbies et du pouvoir financier. S'il souhaite sortir de l'UE et de l'euro, le fondateur et candidat du parti Solidarité et progrès désire également bâtir une autre Europe, celle des pères fondateurs et des grands projets. Tour d'horizon de son programme pour l'Europe.

Jacques Cheminade

  • Sortir de l'UE et de l'euro

Selon Jacques Cheminade, "l'euro est le relai régional de la dictature financière mondiale". De fait, il n'est "pas réformable", car il est "l’expression de la domination impériale des marchés financiers sur les politiques économiques et les souverainetés politiques des Etats". Dans cette Europe qu'il qualifie de "dictamolle" de l'oligarchie, le pouvoir de création monétaire a été capté "par les plus grandes banques avec la complicité active des Etats", engendrant ainsi "le désastre économique actuel".

D'après le candidat du parti Solidarité et liberté, il est donc indispensable de sortir de l'euro et d'évaluer si le retour à la monnaie nationale "doit se faire par surprise, au cours d’une fin de semaine, en fermant les banques et les marchés financiers, ou par négociation, en s’accordant au préalable avec nos partenaires sur la mise en place d’une monnaie commune". Cette "trahison" comme il l'appelle, "ne poserait aucun problème technique majeur", mais devrait se faire de la façon "la plus courte possible".

  • Fonder une Europe des patries et des projets inspirée du plan Fouchet de 1962

Le candidat de Solidarité et progrès souhaite recentrer "l’Europe sur l’entente entre nations compatibles de par leur histoire et leur développement, autour de grands projets d’infrastructure, pour eux-mêmes et étendus de l’Atlantique à la mer de Chine". Cette perspective de l'Europe des patries et des projets, développée dans le Plan Fouchet de 1962, devrait selon lui "nous libérer de la tutelle financière et culturelle d’un système dont l’apparence atlantiste n’est en réalité que le masque criminel de la mondialisation financière".

  • Remplacer l'euro par un franc nouveau

Selon le candidat, deux solutions s'offrent à nous. La première serait le retour "entre pays membres économiquement compatibles à un système de monnaies nationales, disposant chacune de l’ensemble de leurs prérogatives dans chacun des Etats, avec une monnaie commune à l’extérieur qui serait protectrice". 

La deuxième serait la sortie rapide de l'euro au moyen des plans disponibles "dans les tiroirs de nos administrations". "L’abandon de l’euro se ferait en le remplaçant par un franc nouveau, en échangeant un euro existant contre une unité de notre nouvelle monnaie, à un contre un".

  • Retrouver le contrôle de notre émission de crédit

D'après Jacques Cheminade, il convient de nous "dé-financiariser et retrouver le contrôle de notre émission de crédit, car un Etat national demeurant sous tutelle financière n’est pas souverain". Cela impliquerait notamment "d’échapper à l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’UE".

  • Une entente avec les BRICS et la nouvelle route de la soie en Chine, fondée sur la construction de grands projets

L’alternative ne peut donc être un repli national, mais consiste, d'après Jacques Cheminade, à reconstruire "une vraie Europe entre nations souveraines, fondée sur de grands projets conçus et mis en place en commun". Pour ce faire, le candidat à la présidentielle ne compte pas s'isoler, c'est pourquoi il envisage son projet "en entente et en coopération avec les pays membres des BRICS, tout en incitant les Etats-Unis à se joindre à ce nouvel ordre mondial que nous devons construire dans l’intérêt commun de l’humanité".

 

  • Conserver la coopération entre chercheurs, universitaires, industriels et enseignants ainsi que le programme Erasmus +

Le candidat à l'élection présidentielle souhaite conserver "la coopération entre chercheurs, universitaires, industriels et enseignants". Celle-ci pourra selon lui, "devenir plus intense, libérée de notre carcan financier et culturel". M. Cheminade souhaite également "se battre pour faire doubler tout de suite le financement d’Erasmus et permettre, à une échelle plus vaste, des mobilités de stage pour les apprentis et les demandeurs d’emploi, des mobilités hors Europe pour les doctorants, des stages d’observation pour les formateurs et les enseignants"

  • Encadrer l'immigration en l'organisant progressivement par métiers, dans le cadre d’un dialogue entre pays européens et pays méditerranéens et africains

Selon Jacques Cheminade, l'immigration "ne peut être traitée comme une simple question relevant de 'flux migratoires' ou de sécurité, mais comme un choix de stratégie". "La France ne pourra pas se passer de l’immigration au cours de ce XXIe siècle" et "l'immigration, à condition d’être régulée et orientée par un effort d’intégration, a toujours été un facteur de dynamisme social". Pour organiser au mieux cette intégration il faut "offrir aux primo-arrivants 600 heures d’apprentissage de la langue, comme en Allemagne, et une série de cours d’orientation et d’instruction civiques dignes de ce nom". Selon lui, le droit aux prestations familiales et au revenu de solidarité active (RSA) "doit continuer, dans les conditions actuelles, à être ouvert aux ressortissants étrangers en séjour régulier sur le territoire français, sous conditions de ressources".

  • Créer une autorité européenne du numérique

Afin de récupérer "la base fiscale" ou le manque à gagner fiscal généré par le contournement de l'impôt par de grandes multinationales, M. Cheminade propose la création d'une Autorité européenne du numérique. Cette dernière imposera la fin des détournements de recettes fiscales.