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Présidentielle : François Fillon pour l'Europe des nations

Actualité 13.04.2017

A l'approche du premier tour de l'élection présidentielle française, qui se tiendra le 23 avril, les positions des candidats se précisent, notamment sur l'Europe. Huit prétendants à l'Elysée sur onze se déclarent ouvertement eurosceptiques, dessinant une frontière nette entre pro et anti-Européens.

Par son programme, François Fillon entend permettre le "sursaut" dont l'Europe a selon lui besoin. Plaçant le couple franco-allemand au cœur de son projet, le candidat des Républicains défend l'idée d'une "Europe souveraine qui respecte les nations". Tour d'horizon de son programme pour l'Europe.

François Fillon

Election présidentielle 2017 : quelle place pour l'Europe ?

Mettre fin à la crise migratoire

Premier axe développé dans le programme de François Fillon pour l’Europe : l’immigration. Le candidat des Républicains développe quatre propositions :

  • "S’assurer de la mise en place et de l’efficacité des contrôles systématiques aux frontières extérieures et doter Frontex d’un budget permettant au corps européen de garde-frontières d’être opérationnel au plus vite".
  • "Réformer en profondeur les accords de Schengen", en permettant "d’expulser tout étranger reconnu coupable d’un crime ou d’un délit", d’interdire l’accès à "tout étranger condamné pénalement ou ayant participé à une entreprise terroriste".
  • "Harmoniser nos règles d’accueil avec notamment la création d’un droit d’asile européen. Imposer que les demandes d’asile soient effectuées dans les pays de départ dans les consulats européens et que la durée d’instruction soit réduite à 120 jours et s’assurer que les refus d’asile sont suivis d’un éloignement effectif".
  • "Réorienter la politique européenne en matière de développement pour en faire un levier efficace de la gestion des flux migratoires".

A ces mesures, s'ajoute que François Fillon prévoit la possibilité de renégocier les directives européennes "chaque fois qu'elles entravent (…) notre souveraineté migratoire".

Garantir la sécurité des Européens

Deuxièmement, M. Fillon souhaite, s’il devient président, "garantir la sécurité des Européens". Pour cela, deux propositions sont détaillées :

  • "Augmenter les efforts militaires et financiers de chaque pays européen pour donner à l’Europe la capacité de peser militairement sur la scène internationale".
  • "Créer une solidarité européenne pour soutenir l’industrie européenne de la défense à la fois en matière de développement de programmes militaires mais également d’achat d’armes. Doter l’Europe de moyens de réaction aux cyberattaques".

Concernant les relations avec la Russie, l'ancien Premier ministre promet d'engager, s'il est élu, "avec nos partenaires européens et dans le respect des accords de Minsk, des discussions afin de parvenir à la levée des sanctions contre la Russie qui pénalisent injustement nos agriculteurs et nos entreprises".

Renforcer la gouvernance de la zone euro

Cinq mesures sont ensuite prévues par François Fillon afin de modifier et renforcer la gouvernance de la zone euro :

  • "Doter la zone euro d’un directoire politique, composé des chefs de gouvernement se réunissant tous les trois mois. En parallèle, créer un secrétariat général de la zone euro – complètement autonome de la Commission européenne – qui assurera le suivi et la gestion de la zone économique".
  • "Faire d’ici 10 ans de l’euro une monnaie de réserve et de règlement comparable au dollar américain".
  • "Coordonner la politique de la Banque centrale européenne avec une stratégie économique globale".
  • "Réaliser une véritable convergence fiscale, qui impliquera que la France fasse un mouvement pour rejoindre des taux plus modérés. Commencer par une initiative franco-allemande sur la fiscalité des entreprises".
  • "Créer un Fonds monétaire européen pour permettre à l’Europe d’être indépendante du FMI".

L’Europe dans la compétition internationale

Le candidat des Républicains souhaite également que les intérêts économiques et commerciaux de l’Europe soient davantage protégés dans la compétition internationale. Pour cela, M. Fillon détaille six propositions :

  • "Mettre en place de nouvelles règles de réciprocité, notamment en matière d’accès aux marchés publics ainsi que de respect des normes environnementales et sociale sur les produits importés afin que nos industries ne subissent plus une concurrence déloyale".
  • "Refuser les accords qui ne seraient pas l’intérêt des Européens comme le projet d’accord de libre-échange avec les Etats-Unis (TTIP) ou la reconnaissance du statut d’économie de marché à la Chine".
  • "Renégocier de fond en comble la directive sur le détachement des travailleurs et en suspendre l’application en France si la négociation n’a pas abouti avant la fin 2017".
  • "Faire de l’Europe le champion mondial de l’innovation et de l’attractivité et faire de l’Europe de la recherche une réalité performante. Défendre notre propriété intellectuelle numérique et assumer l’exception culturelle".
  • "Mettre en place une véritable Europe de l’énergie grâce en particulier à une stratégie nucléaire modernisée alliée au développement des énergies alternatives".
  • "Réformer le droit de la concurrence et appliquer systématiquement la préférence communautaire pour que l'Europe défende les agriculteurs européens".

Numérique

En ce qui concerne la politique du numérique, le candidat des Républicains propose six mesures à mettre en œuvre au niveau européen :

  • "Porter, avec l'Allemagne, l'ambition de plateformes numériques industrielles et sectorielles européennes (voitures autonomes, bâtiments connectés…)".
  • "Engager un programme d'appels à projets européens pour faire de l'Europe le pôle d'innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la blockchain".
  • "Modifier le cadre réglementaire européen" en matière de cybersécurité, "en exigeant que toute activité sensible en Europe soit supportée par des solutions (hardware et software) maîtrisées ; d’autre part en acceptant des dérogations aux règles de la commande publique lorsque notre autonomie stratégique et notre cybersécurité sont en jeu".
  • "Renégocier la réglementation européenne sur les données personnelles".
  • "Négocier un agenda européen de l'harmonisation fiscale pour limiter les effets de l'optimisation fiscale des géants du numérique".
  • "Créer et développer un écosystème franco-allemand puis européen du financement de l'innovation (fonds souverain, banque publique d'investissement, 'NASDAQ' Franco-Allemand, régulateurs européens...)".

Réforme des institutions européennes et Brexit

S’agissant du fonctionnement des institutions européennes et du Brexit, François Fillon fait trois propositions :

  • "En finir avec les élargissements permanents de l’Union européenne". Concernant la Turquie, qui "n’a pas sa place dans l’UE", "élaborer les bases d’un partenariat renouvelé, fondé sur des objectifs partagés : coopération contre le terrorisme, union douanière, grands projets dans le domaine de l’énergie et des transports".
  • "Mettre fin à l’inflation normative de la Commission européenne en concentrant l’exercice des compétences européennes sur quelques domaines fondamentaux et en appliquant strictement le principe de subsidiarité".
  • "Défendre nos intérêts et ceux de l’Union européenne dans la négociation du Brexit tout en maintenant une relation bilatérale forte avec le Royaume-Uni, en particulier en matière de défense. Renégocier les accords du Touquet".

Histoire commune

Au sein du programme de François Fillon pour l’Europe, deux mesures visant à "défendre et protéger nos valeurs et notre histoires communes" :

  • "Reconnaître, défendre et promouvoir les valeurs de la civilisation européenne en Europe et dans le monde".
  • "Lancer avec l’Allemagne un musée de la culture européenne à Strasbourg".