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Présidence du Conseil européen : the "usual suspects"

Actualité 16.11.2009

Qui deviendra le premier président permanent du Conseil européen ? Alors que le traité de Lisbonne doit entrer en vigueur le 1er décembre 2009, les capitales s'activent en coulisses pour trouver le nom du futur président du Conseil. Un poste convoité mais dont les contours restent à déterminer. Pour de nombreux observateurs, c'est la personnalité du premier président qui déterminera les pouvoirs effectifs et le poids réel de cette fonction dans la nouvelle architecture institutionnelle de Lisbonne. Le Conseil européen du 19 novembre prochain devrait trancher la question.

Président du Conseil européen : un "facilitateur" ou le n°1 de l'Union européenne ?

Avec le traité de Lisbonne, le Conseil européen, qui réunit les chefs d'Etat ou de gouvernement et le président de la Commission européenne, acquiert le rang d'institution de l'Union. Il est doté d'une présidence stable dont le titulaire est élu pour un mandat de deux ans et demi renouvelable une fois.

Le débat se focalise actuellement sur le rôle du futur président du Conseil européen : un "facilitateur" ou le véritable n°1 de l'UE ? La réponse dépendra en grande partie de la personnalité de celle ou celui qui exercera pour la première fois la fonction. Panorama des candidatures.

   Le Benelux disponible

  • Jean-Claude Junker (-), Premier ministre du Luxembourg, 55 ans : le président de l'Eurogroupe est un européen convaincu. Grand connaisseur des arcanes européennes, le doyen des chefs de gouvernement européens a néanmoins deux handicaps : son profil "fédéraliste" qui indispose Londres et sa gestion de la crise jugée mauvaise par Paris.

  • Jan Peter Balkenende (-), Premier ministre des Pays-Bas, 53 ans : discret, il ne ferait pas d'ombre aux chefs d'États et de gouvernements. Il entretient de très bonnes relations avec Angela Merkel, la Chancelière de l'Allemagne. Son manque de charisme et de visibilité pourrait cependant le pénaliser.

  • Herman Van Rompuy (+), Premier ministre de la Belgique, 62 ans. Ce responsable politique flamand tiendrait la corde pour présider le Conseil européen. Il serait soutenu par Paris et Berlin. Néanmoins, les Britanniques se méfient traditionnellement des Belges qu'ils considèrent comme des fédéralistes convaincus.

   L'option sociale-démocrate
  • Paavo Lipponen (-), ancien Premier ministre de la Finlande, 68 ans : représentant un petit pays et l'Europe du Nord, il pourrait être un bon candidat pour le poste de président du Conseil européen. Mais la Pologne pourrait s'opposer à sa nomination en raison de son implication personnelle dans le projet de gazoduc North-Stream, qui reliera la Russie à l'Allemagne... en contournant la Pologne.

  • Felipe Gonzalez (-), ancien Premier ministre de l'Espagne, 67 ans : c'est la carte sociale-démocrate de Nicolas Sarkozy. En février 2009, il avait déjà oeuvré pour placer l'ex-chef du gouvernement espagnol à la tête d'un comité chargé de réfléchir sur l'avenir de l'Union. Néanmoins, les pays du Sud sont déjà bien représentés au sommet de l'Union avec J. M. Barroso à la tête de la Commission.

  • Tony Blair (-), ancien Premier ministre du Royaume-Uni, 56 ans. Parti comme favori, soutenu initialement par la France, l'Espagne et l'Italie, Tony Blair a essuyé  un puissant tir de barrage. Ce "faux" social-démocrate, peu apprécié par la famille politique européenne à laquelle il appartient, ne répond pas aux critères du bon élève européen. Son pays est hors zone euro, hors zone Schengen et refuse d'être lié à la Charte des droits fondamentaux de l'UE (opting-out qu'il a négocié). Une position intenable pour de nombreux pays (Benelux, Autriche...).

  • Toomas Hendrik Ilves (-), Président de l'Estonie, 55 ans. L'actuel président estonien a officialisé sa candidature au poste de premier président du Conseil européen. Ce social-démocrate, ancien député européen et ancien ministre des affaires étrangères de son pays, bénéficie d'une expérience européenne forte.

   Une femme
  • Mary Robinson (-), ancienne Présidente de la République d'Irlande, 65 ans : première femme à avoir été élue présidente, Mme Robinson a, par la suite, occuper le poste de Haut commissaire aux droits de l'homme. Elle incarne les valeurs européennes et bénéficie de la sympathie du web européen. Elle ne serait pas intéressée par le poste selon certaines informations. Mais qui pourrait refuser cette nouvelle charge ?

  • Dalia Grybauskaite (-), Présidente de la Lituanie, 53 ans. Ayant occuper la fonction de commissaire européen, cette femme politique expérimentée connaît parfaitement les rouages de Bruxelles. Elle parle couramment l'anglais, le français, le russe et le polonais. Des atouts non négligeables pour ce poste "international".

  • Vaira Vike-Freiberga (+), ancienne Présidente de la Lettonie, 72 ans. Elle s'est déclarée, il y a quelques jours, "prête pour le travail " dans des déclarations publiées par le quotidien espagnol "El Mundo". Soutenue par la société civile et par Londres selon le journal espagnol, elle n'a cependant jamais siégé au Conseil européen, ce qui pourrait la pénaliser.

   Le candidat des Think Tanks
  • Pascal Lamy (-), directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce, 62 ans. Selon Hugo Brady du "Center for European Reform", l'un des principaux Think tanks européens, M. Lamy serait le candidat idéal pour occuper le poste de président du Conseil européen. Ancien directeur de cabinet de Jacques Delors, Pascal Lamy connaît parfaitement le focntionnement de l'Union. Il dispose, qui plus est, d'une solide réputation internationale et manie à merveille l'art de la négociation, qualité indispensable pour obtenir des accords à 27.

  • Un "Chairman". Jacques Delors, président du think tank "Notre Europe" a dressé le portrait robot du président du Conseil européen. Pour lui, il faut un "Chairman", un "facilitateur" qui sache réunir l'ensemble des Etats membres sur des projets ambitieux. Pas question de voir le président du Conseil européen devenir le n°1 de l'Union au détriment du président de la Commission européenne. Une vision partagée par les "petits" Etats de l'Union qui redoutent l'émergence d'un directoire des "grands" pays.



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