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Présidence de la Commission et du Parlement européen : les candidats en lice

Actualité 10.06.2009

Les élections européennes à peine achevées, les tractations ont commencé pour désigner les prochains présidents de la Commission européenne et du Parlement européen. Atouts et faiblesses des candidats officiels et pressentis.

 

Commission européenne

Le mandat du Président de la Commission européenne s'achève en novembre 2009. Désigné à la majorité qualifiée par les 27 chefs d'Etat et de gouvernement réunis en Conseil européen, sa nomination doit être validée à la majorité simple par le Parlement européen, conformément au traité de Nice actuellement en vigueur .

Le traité de Lisbonne, qui doit encore être ratifié par l'Irlande (ainsi que la Pologne et la République tchèque) modifie cette règle : selon ses termes, le Conseil, en tenant compte des élections au Parlement européen, statuant à la majorité qualifiée, propose au Parlement européen un candidat à la fonction de président de la Commission. Ce candidat est élu par le Parlement européen à la majorité des membres qui le composent.

Le futur président de la Commission européenne pourrait être désigné lors du Conseil européen des 18 et 19 juin. Le Parlement se prononcerait alors le 15 juillet.

 

 

 

José Manuel Durão Barroso

L'actuel Président de la Commission a confirmé le 9 juin qu'il était candidat à sa succession. Ancien Premier ministre portugais puis vice-président du Parti populaire européen (PPE), âgé de 53 ans, il souhaite un rôle accru de la Commission européenne et de l'UE en général.

 

 

Les "pour" :


Plusieurs Etats soutiennent officiellement la nomination de José Manuel Barroso, comme la République tchèque (qui assume actuellement la Présidence de l'Union), la Suède (qui prend la tête de l'Union à partir du 1er juillet), l'Espagne, le Portugal et le Royaume-Uni, pourtant dirigés par des sociaux-démocrates.

La France et l'Allemagne ont également soutenu sa candidature mais souhaitent que l'élection du président de la Commission ait lieu après le nouveau référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, prévu en octobre.

Enfin, le président du groupe Parti populaire européen - Démocrates européens (PPE-DE) Joseph Daul a appelé à une grande coalition avec les libéraux de l’ADLE et le Parti socialiste européen (PSE) pour réélire M. Barroso. Avec 268 sièges sur 736, le PPE est le groupe le plus important dans l'hémicycle européen, mais il ne dispose cependant pas d'une majorité.

Le président du groupe Alliance des démocrates et libéraux pour l'Europe (ADLE), Graham Watson, a quant à lui déclaré soutenir la candidature de M. Barroso à condition que la Présidence du Parlement européen revienne à M. Watson lui-même. Il souhaite également que le président de la Commission soit désigné après le référendum irlandais.



Les "contre" :

En mars 2009, les Verts européens ont lancé la campagne "Stop Barroso" visant à contrer sa réélection. Ils lui reprochent en particulier son ultra-libéralisme, sa gestion de la crise économique, et proposent à la place le député belge Guy Verhofstadt.

Martin Schulz, président du groupe socialiste au Parlement européen, Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen, et Annemie Neyts, présidente des Libéraux Démocrates européens (ELDR) ont approuvé le choix de Guy Verhofstadt.

 

 

 

 

Guy Verhofstadt

Ancien premier ministre belge, Guy Verhofstadt a été élu au Parlement européen à l'âge de 56 ans sur la liste du parti libéral Open VLD.

En 2004, soutenu par le Président français Jacques Chirac et le Chancellier allemand Gerhard Schröder, il est candidat à la présidence de la Commission européenne face à José Manuel Barroso. Opposé à la guerre en Irak, il se heurte au refus britannique. Guy Verhofstadt a défendu sa vision fédéraliste de l'Europe dans l'ouvrage "Les Etats-Unis d'Europe".

Soutenu par un grand nombre d'eurodéputés opposés à M. Barroso, M. Verhofstadt ne s'est pas encore prononcé sur sa candidature.



Les "pour" :

Une coalition Verts-Libéraux-Socialistes européens a proposé sa candidature. Celle-ci doit maintenant être officialisée.


Les "contre" :

Le PPE-DE souhaite la reconduction de José Manuel Barroso.

 

 

 

Parlement européen

Le Président du Parlement européen est élu pour un mandat de deux ans et demi, soit la moitié d'une législature. Tout comme en 2004, où les deux principaux partis (PPE-DE et PSE) n'ont pas obtenu de majorité franche, ceux-ci doivent s'accorder pour un partage de la présidence pour la législature 2009 - 2014. Le Président est élu par le Parlement européen à la majorité simple.

A ce jour quatre candidats sont pressentis :

 

 

 

Martin Schulz

L'Allemand Martin Schulz est Président du groupe PSE au Parlement européen depuis 2000. Dans le cas d'un accord avec le PPE, il pourrait être le président du Parlement européen pendant la seconde moitié de la législature.


Favorable à la reconduction de José Manuel Barroso pour favoriser un accord avec le PPE sur la répartition des postes au sein de l'hémicycle, M. Schulz a été affaibli par le mauvais score du parti socialiste allemand (SPD) aux élections européennes.


"Je ne peux recommander pour le moment à mon groupe de supporter M. Barroso pour un second mandat", a-t-il confié au "Financial Times Deutschland" le 10 juin. A moins que le PPE garantisse au PSE des postes clés au sein de la future Commission.

 

 

 

Graham Watson

Ancien banquier de la HSBC le Britannique Graham Watson devient député européen en 1994 puis président du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) au sein du Parlement européen en 2004.

Premier à annoncer officiellement sa candidature à la présidence du Parlement, il est également le seul à souhaiter occuper ce poste pendant cinq ans, soit une législature entière.

Il cherche à fonder une nouvelle majorité autour de l'alliance traditionnelle de centre-droit PPE-ADLE, à laquelle viendraient se greffer soit les souverainistes de l'Union pour l'Europe des nations (UEN), soit les Verts européens.

 

 

 

Jerzy Buzek

Ancien Premier ministre polonais puis membre du mouvement anticommuniste Solidarnosc, le professeur de chimie Jerzy Buzek a rejoint le Parlement européen en 2004. Eurodéputé libéral (PPE-DE), il est réélu en 2009.


Les "pour" :

Reconnu comme l'un des députés les plus actifs, il a été élu meilleur député européen de l'année 2006 pour son action dans le domaine de la recherche et de la technologie.

Très populaire dans son pays, il devrait également être soutenu par les ressortissants de la nouvelle Europe, par les Allemands qui apprécient son sens du compromis, et par l'aile libérale du PPE en raison de son engagement contre le communisme.

 
Candidat favori, il brigue également un poste de Commissaire européen.

 

 

Mario Mauro

Professeur d'histoire italien, Mario Mauro devient député européen en 1999 au sein du PPE-DE, puis vice-président du Parlement européen en 2004.

Favorable à l'élargissement de l'Union (y compris à la Turquie) ainsi qu'à un renforcement de l'intégration en matière d'économie, d'immigration, d'énergie et de politique étrangère et de défense, M. Mauro est aussi connu pour ses prises de position conservatrices sur les sujets sociétaux et pour son engagement catholique.

 

 

Les "pour" :

Proche du Vatican, Mario Mauro est soutenu principalement par le président du conseil italien Silvio Berlusconi.



Les "contre" :

Certains députés Français, Belges, Scandinaves, y compris au sein du PPE, refusent qu'une personne si proche du Vatican accède à la présidence du Parlement.

 

 

Rodi Kratsa

Dans le cas où ni Jerzy Buzek ni Mario Mauro ne sont élus à la Présidence du Parlement, c'est l'actuelle Vice-Présidente Rodi Kratsa qui pourrait obtenir ce poste.

 

 

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