Derniers articles publiés

Premier débat télévisé pour Cameron : bilan contre crédibilité

Actualité 31.03.2015

En refusant une confrontation en direct avec Ed Miliband, David Cameron n’a offert aux téléspectateurs qu’une banale interview croisée. Jeudi dernier, le Premier ministre s’est vu attaqué sur son bilan et le chef de l’opposition sur sa crédibilité en tant qu'éventuel Premier ministre.

Premier débat télévisé pour Cameron

Même si le début officiel de la campagne électorale est fixé au 31 mars, jour de la clôture du Parlement, le premier "rendez-vous" télévisé entre Ed Miliband et David Cameron a lancé les hostilités. Un rendez-vous en guise de débat qui n'a pas ressemblé au duel espéré. Le Premier ministre David Cameron a refusé toute idée de face-à-face avec Ed Miliband, leader du Parti travailliste d’ici au scrutin. C’est ainsi qu’à raison de 40 minutes chacun, alternant entre les questions d’un panel citoyen et un passage sur le grill par l'intervieweur-vedette Jeremy Paxman – ex-présentateur de la BBC – les deux candidats ont tenté jeudi 26 mars de convaincre les électeurs indécis. Une tâche ardue pour les deux candidats qui n'ont reçu que peu de questions sur leurs programmes respectifs. Retour sur les moments forts de leur intervention.

"I couldn’t live on one of those"

Ouvrant le bal, David Cameron a subi avec difficulté les assauts répétés de Jeremy Paxman sur la situation sociale du pays et notamment sa responsabilité sur les très controversés "zero-hours contracts". Accusé d’avoir conduit le pays dans un état pire que celui dans lequel il était à son arrivée au pouvoir en 2010, David Cameron a tenté de justifier son bilan mais n’a eu pour seule parade qu'une pâle réponse au sujet de ces contrats : "Certains choisissent volontairement ce type de contrats, comme les étudiants". Avant de reconnaître qu'il ne pourrait pas vivre avec l'un de ces contrats. A l'heure actuelle, 2,7 millions de Britanniques travailleraient sous ce statut. Un chiffre qui a été multiplié par cinq en un an selon l’Office for National Statistics.

"Yes, I’m tough enough !"

Intervenant en seconde partie d’émission après un tirage au sort qui lui permis de faire ce choix, Ed Miliband a souhaité débuter l'interview avec les questions du panel citoyen. La première question a lancé le ton du débat : "Pourquoi avez-vous toujours une mine aussi sinistre ?". C’est en effet sur un registre beaucoup plus personnel que le leader du Parti travailliste a été interrogé aussi bien par les citoyens présents que par le journaliste politique Jeremy Paxman.

La question embarrassante sur les compétences supposées supérieures de son frère David, qui auraient fait de lui un meilleur candidat, a été posée avec insistance. Son aptitude à pouvoir assurer le poste de Premier ministre a été largement remise en question. Usant d’une caricature plus ou moins douteuse mettant en scène Vladimir Poutine, Jeremy Paxman lui a demandé droit dans les yeux : "Etes-vous suffisamment résistant pour ce poste ?". D’abord désarçonné par la question, le leader de l’opposition coaché par Michael Sheehan - l’ancien conseil en communication de Barack Obama - a bien évidemment répondu par l’affirmative.

L’immigration au centre des débats

Le thème de l’immigration a été le sujet de la première question posée par Jeremy Paxman à chacun de ses interlocuteurs. Un sujet délicat pour les deux adversaires. Les conservateurs d’abord, qui n’ont pas tenu leurs promesses de 2010 et qui se voient dépassés par les positions radicales de l’UKIP. Les travaillistes ensuite qui par essence n’aiment pas épiloguer sur ce sujet risqué.

Afin de répondre aux questions tenaces du présentateur, les deux candidats ont fini par admettre les erreurs passées de leurs gouvernements respectifs. Les deux candidats ont affiché leurs divergences sur la question du système de santé et d’assurance chômage accordé aux travailleurs immigrés. David Cameron souhaite quatre années d’emploi effectif pour pouvoir prétendre aux allocations, Ed Miliband seulement deux.

Enfin, la question des futures coupes budgétaires annoncées par les deux candidats a également été au coeur des débats. Affirmant que l’économie britannique se portait mieux, David Cameron a annoncé qu’il poursuivrait les efforts engagés sur la même trajectoire pendant encore deux ans, s’il était réélu. Sur cent livres sterling dépensées, une devra être économisée, sans augmentation d'impôt, a annoncé le Premier ministre sortant. Ed Miliband projette quant à lui de réduire le déficit public en rehaussant le niveau de vie des catégories les plus pauvres.

L’émission s’est achevée par les déclarations des porte-paroles des partis qui ont chacun attribué le rôle de vainqueur à leur champion.


* Article écrit dans le cadre d'un partenariat avec notre correspondant en Ecosse Maxime David