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Pourquoi l'Allemagne n'aura pas de Präsidentarin

Actualité 04.06.2010

Parmi les favoris à la présidence de la République fédérale allemande, une femme semblait prendre la tête de la course selon les rumeurs et les sondages : Ursula Von der Leyen. Mais Christian Wulff sera finalement le candidat proposé par Angela Merkel. Retour sur celle qui a failli devenir la première présidente de la République fédérale allemande.

Ursula Von der Leyen est une des figures populaires du gouvernement. Elle a 51 ans et sept enfants. Après des études de médecine, elle est partie suivre pendant quatre ans des cours d'économie à Standford aux Etats-Unis. Fille de l'ancien Ministre-président de Basse-Saxe, Ernst Albrecht, elle prend sa carte à la CDU en 1990.

C'est en 2003 que commence sa carrière politique sur le devant de la scène. Elle devient ministre des Affaires sociales, des Femmes, de la Famille et de la Santé pour la région de Basse-Saxe. Repérée par Angela Merkel, elle devient ministre fédéral à la famille en 2005.

Son mandat est marqué par ses décisions en faveur du développement des crèches afin que les femmes puissent concilier travail et éducation des enfants. Un objectif perçu comme une véritable rupture avec la vision traditionnelle de la famille de la CDU/CSU, où les femmes suivaient le triple "K" : Kindern, Küche, Kirche (enfants, cuisine, église).

Une candidate pourtant consacrée "Mère de la Nation" par la presse

Le profil d'Ursula Von der Leyen est à la fois sa force et sa faiblesse dans le cadre de cette élection qui se jouera devant l'Assemblée fédérale, la réunion du Bundestag et du Bundesrat (les chambres basse et haute du Parlement).

En effet, l'actuelle ministre du Travail est à la fois bien vue par la droite et la gauche allemande. Sa côte de popularité est ainsi toujours plutôt haute. Le journal Bild avait même anticipé l'élection de Von der Leyen en titrant une photographie de celle-ci par "Mère de la Nation". 

C'est ce qui faisait craindre aux commentateurs qui lui sont favorables qu'Angela Merkel recule et ne la soutienne finalement pas pour la présidence de la République. Histoire de conserver une figure de poids populaire au sein d'un gouvernement qui vient de subir un cuisant revers en Rhénanie du Nord Westphalie.

La Chancelière allemande a fait le choix de placer un opposant interne à ce poste de président. Le premier ministre de Basse-Saxe Christian Wulff montre ainsi sa puissance au sein de la CDU en s'imposant à Angela Merkel, pourtant chef de la majorité.

Une candidature pas très "net"

Seul bémol dans le concert de louanges entourant la candidature d'Ursula Von der Leyen, la blogosphère d'outre-Rhin manifestait sa mauvaise humeur. Elle tient toujours rigueur à l'ancienne ministre fédéral de la famille son positionnement qualifié de "liberticide" sur les questions de contrôle du net. 

Elle avait soutenu une loi contre la pornographie infantile qui voulait mettre en place des moyens pour surveiller la toile. Les fournisseurs d'accès Internet devait établir un filtre pour établir des listes et bloquer à la première demande de la police tout site de pédo-pornographie.

Cette proposition a été perçue comme une volonté d'instaurer un système de censure. Elle y a gagné le surnom de "Zensursula" (en lien avec le mot "censure" et son prénom "Ursula"). Une pétition en ligne avait été signée par plus de 130.000 personnes à l'époque.

Depuis le début des rumeurs sur sa candidature, un groupe Facebook a par exemple été créé sous le titre "pas ma présidente". Il réunit déjà plus de 22.000 membres...

Malheureusement, pour elle, cette contre-campagne a porté ses fruits. Les dirigeants du FDP ont ainsi mis leur véto à sa candidature. Jürgen Koppelin, vice-président du FDP, affirme ainsi que "pour les jeunes générations, ses prises de position l'ont transformée en un contre-modèle".


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