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Pour François Hollande, il faut 120 milliards d'euros pour relancer la croissance européenne

Actualité 19.06.2012

C'était une promesse de campagne, François Hollande a élaboré son mémorandum pour l'Europe. Le président français envisage la somme de 120 milliards d'euros pour relancer la croissance en Europe. Dans son document transmis jeudi à ses homologues européens, François Hollande présente ses propositions avant le prochain sommet des 28 et 29 juin.

"Réorienter le cours de la construction européenne"

Dans sa feuille de route, François Hollande évoque la nécessité de sauver la zone euro et de renforcer la stabilité financière, dans le but de "réorienter le cours de la construction européenne". L'ambition du président français est grande : il veut "retrouver la confiance des peuples et assurer leur adhésion au projet européen". A long terme, cela passe par des instruments de solidarité, une harmonisation fiscale ou encore un socle social. Mais tout ceci ne peut se réaliser sans un retour de la croissance, première priorité de François Hollande, autour de laquelle s'articule le mémorandum. "Puisque les moyens sont limités au niveau national, il faut mobiliser l'Europe", explique le gouvernement français.

120 milliards d'euros

"Des mesures de croissance à effet rapide, à hauteur de 120 milliards d'euros, devraient être décidées par le Conseil européen dès juin", a déclaré François Hollande. "Elles devraient être développées avant la fin de l'année avec en particulier la création d'une taxe sur les transactions financières et des mesures pour l'emploi". Dit autrement, François Hollande souhaite que des fonds soient disponibles au plus vite afin de pouvoir lancer de grands chantiers dans le courant de l'année 2012 2013 ? sinon mettre avant la fin de l’année 2012. L'investissement serait stimulé directement par l'Union européenne en cette période de crise où les banques prêtent peu aux entreprises.

Cette enveloppe de 120 milliards d'euros serait en partie issue des fonds structurels inutilisés par l'Union européenne. En effet, 55 milliards d'euros n'ont pas été alloués et pourraient constituer une source de financement rapidement mobilisable. D'autre part, le président français défend l'idée de doter la Banque européenne d'investissement de 10 milliards d'euros. Grâce à cet apport, la BEI serait en mesure d'emprunter jusqu'à 60 milliards d'euros sur les marchés, pour ensuite financer des projets d'infrastructures. Enfin, François Hollande entend lancer d'ici septembre des project bonds pour une somme de 4,5 milliards d'euros. Ces emprunts communs aux pays européens seraient destinés à de grands chantiers.

Parmi les secteurs prioritaires du chef de l'Etats se trouvent les nouvelles technologies. Des investissements dans les réseaux intelligents, les énergies renouvelables, les nanotechnologies, les biotechnologies, ou encore le numérique pourraient donc voir le jour.

Un terrain d'entente avec l'Allemagne pourrait émerger

Un accord avec Angela Merkel, sur au moins la majorité des points du mémorandum de François Hollande, est envisageable. La plupart des propositions du président français ont d'ailleurs déjà été débattus lors de réunions européennes. L'idée de la taxe sur les transactions financières, par exemple, pourrait voir le jour au sein de certains pays membres. Les revenus générés pourraient alors être affectés "soit au budget européen, soit à des projets de soutien à la croissance", estime François Hollande.

L'Allemagne soutient toutefois les privatisations, la libéralisation de certains secteurs – comme l'électricité – ou encore la flexibilité du marché du travail, soit autant de questions susceptibles de recevoir le refus de la France. En outre, François Hollande et Angela Merkel s'opposent sur le rôle à donner à la Banque centrale européenne, la chancelière souhaitant maintenir sa totale indépendance alors que le Président voudrait lui donner un rôle en matière de politique économique.

Une fois encore, trouver un compromis sera crucial pour le couple franco-allemand et la France insistera certainement sur les points approuvés par l'Allemagne. François Hollande semble avoir renoncé à imposer le projet des eurobonds, élément pourtant clé de sa campagne électorale, afin de ne pas braquer Angela Merkel. Les 28 et 29 juin, comme l'a exprimé Jean-Marc Ayrault, "les dirigeants européens ne pourront pas se rater pour trouver une solution à la crise et devront être à la hauteur car la situation ne peut pas durer".