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Pologne : une victoire symbolique mais inquiétante

Actualité 27.06.2007

Au cours du Conseil européen, "le président polonais Lech Kaczynski et son double Jaroslaw resté à Varsovie ont largement pesé sur la négociation et poussé leurs partenaires dans leurs retranchements". Olivier Costa, chercheur au CNRS, considère que la victoire des frères Kaczynski est avant tout une "victoire symbolique", mais qu'elle n'en est pas moins inquiétante.

Selon une étude menée par l'Observatoire des Institutions européennes, le vote au Conseil ne concernerait qu'un cas sur cinq. Cette fréquence est restée stable depuis l'élargissement et l'entrée en vigueur du traité de Nice ; le temps de décision du Conseil a même baissé depuis. Paradoxalement, ce sont les "anciens" Etats membres qui "expriment le plus fréquemment leur désaccord". Ainsi, pour Olivier Costa, "les procédures de vote constituent davantage un garde-fou ou un instrument de pression ponctuel" et le "détail des pondérations importe peu".

Le futur traité en lui-même ne serait pas un "succès majeur". Aux yeux du chercheur, il n'est pas à la hauteur de la "crise de confiance dont souffre l'Union" et il regrette que "les opposants à une intégration européenne de type fédéral (aient) obtenu satisfaction". C'est justement parce que la victoire des Polonais est symbolique, qu'elle est inquiétante. Ceux-ci ont en effet "imposé l'idée que la construction européenne n'est plus une aventure collective portée par un sens de l'intérêt général et une certaine idée de l'Europe, mais un processus conflictuel".

Mettre à ce point l'accent sur le système de vote a pour conséquence de réaffirmer le caractère intergouvernemental de l'Union. Cet aboutissement "n'est pas surprenant" pour Olivier Costa, qui affirme avec constance que l'Union n'aurait pas dû fonder sa relance sur la seule réforme institutionnelle.

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Olivier Costa, "Bruxelles : une victoire polonaise ?", Telos, juin 2007