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Plan Juncker : 315 milliards d'euros pour relancer l'investissement en Europe

Actualité 26.11.2014

Jean-Claude Juncker a présenté ce matin au Parlement européen le plan d'investissement destiné à relancer la croissance et l'emploi en Europe. Il prévoit d'utiliser 21 milliards d'euros provenant du budget européen et de la Banque européenne d'investissement pour lever 315 milliards d'euros en trois ans. Le président de la Commission a également insisté sur la nécessaire déréglementation qui doit accompagner ce financement massif, afin de redonner confiance aux investisseurs.

Jean-Claude Juncker plan investissement

L'investissement en panne

"Nous sommes dans un blocage au niveau de l'investissement (…) parce que les investisseurs européens n'ont pas confiance". C'est à ces difficultés, rappelées ce matin par le nouveau président de la Commission à Strasbourg, que souhaite répondre le plan d'investissement pour l'Europe. Depuis le début de la crise en effet, les projets d'investissement à court terme ou à long terme sont en panne sur le continent. A contrario, le niveau d'investissement aux Etats-Unis est revenu à son niveau d'avant 2007.

Avant la crise, ou même à ses débuts lorsqu'ont été mis en oeuvre des plans de relance dans les Etats membres, l'argent public constituait souvent le principal moteur de l'investissement. Mais la plupart des Etats sont aujourd'hui fortement endettés et n'ont plus la capacité de relancer leurs économies par la dépense publique. C'est pourquoi le nouveau Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI en anglais) doit permettre de financer de nouveaux projets dans plusieurs domaines prioritaires : énergie, transports, numérique ou encore éducation et formation.

Comme l'a rappelé M. Juncker, les pays visés sont essentiellement ceux du Sud de l'Europe. Car la relance de l'économie espagnole, grecque ou française doivent in fine bénéficier à toute l'Europe. "Nous sommes une communauté de destins, et cela implique de la solidarité avec tous", a ainsi rappelé le président de la Commission.

De faibles ressources pour un effet multiplicateur

Le fonds sera ainsi alimenté (si le Parlement européen et le Conseil de l'UE le valident en l'état) par 16 milliards d'euros provenant du budget de l'Union européenne (dont une partie de programmes dédiés à la recherche comme Horizon 2020) et 5 milliards d'euros de la Banque européenne d'investissement (BEI). Le reste doit être alimenté par des fonds privés ou publics, les Etats membres eux-mêmes pouvant être mis à contribution.

La Commission parie ainsi sur un effet levier de 15 pour atteindre 315 milliards d'euros au cours des trois prochaines années. Elle s'appuie pour cela sur le précédent de la BEI, parvenue à lever 180 milliards d'euros après l'augmentation de son capital de 10 milliards d'euros en 2012.

Les Etats membres ont également été invités à alimenter ce fonds pour augmenter son effet, voire "aller au-delà" des 315 milliards d'euros prévus. Ces contributions ne seraient ainsi pas comptabilisées dans le calcul du déficit des Etats membres réalisé chaque année par la Commission européenne.

Choix des projets et déréglementation

Les projets pouvant bénéficier du fonds seront sélectionnés par des experts (qui restent à définir), et non des membres de la Commission européenne ou des politiques. Ils seraient sélectionnés notamment en fonction de critères économiques, sociaux et environnementaux. 

Outre le financement et le choix des projets, M. Juncker a également insisté sur le "troisième pilier" de son plan : la simplification des règles visant à "créer un bon environnement pour les affaires".

Le président de la Commission compte sur une adoption rapide du plan par les députés européens et les Etats membres, pour une mise en place du fonds d'ici au mois de juin 2015. "S'il fonctionne - et il fonctionnera - il sera reconduit pour les années 2018, 2019 et 2020".

Le président de la BEI Werner Hoyer, qui a pris la parole ce matin après M. Juncker, a tenu à préciser que l'institution commencerait à agir dès le début de l'année 2015 "avec les structures déjà en place".