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Pierre Moscovici : "L'erreur fatale serait de remettre le couvercle sur les colères françaises"

Actualité 09.05.2017

Au lendemain de la victoire du candidat d'En Marche, les réactions et les analyses au sujet du nouveau président de la République affluent en Europe et dans le reste du monde. Présent à Paris à l'occasion de la Journée de l'Europe mardi 9 mai, le commissaire européen Pierre Moscovici s'est félicité de l'élection dimanche d'un candidat pro-européen, mais a également insisté sur le résultat conséquent du Front national.

Pierre Moscovici

"L'Europe doit s'adresser à ceux qui se sentent perdants dans la mondialisation, ou laissés pour compte, autant et plus qu'à ceux qui sont dans le grand vent de la mondialisation et qui s'y sentent à l'aise", a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, tout en rappelant le score important du Front national (FN) qui a battu dimanche "un record historique" avec 10,6 millions de voix.

Pour Pierre Moscovici, cette élection montre que "les Français restent attachés l'Union européenne et à l'euro mais ne sont pas satisfaits de l'Europe d'aujourd'hui. Ils attendent mieux". "Nous devons entendre le désarroi, la peur, la colère de ceux qui ont voté pour le FN, ceux qui se sont abstenus ou qui ont déposé un bulletin blanc ou nul", a-t-il ajouté. Pour le commissaire, "les socialistes doivent aider le nouveau président à réussir sans hésitation, mais doivent aussi demeurer un parti de gauche qui affirme ses valeurs".

L'ancien ministre de l'Economie et des Finances a appelé Emmanuel Macron à sortir son pays de la procédure de déficit excessif au sein de l'Union européenne, en ramenant le déficit budgétaire sous la barre des 3% du PIB. "J'ai la conviction que la France peut et doit sortir maintenant de la procédure de déficit excessif" de la Commission européenne, a répété le commissaire.

Selon lui, quatre chantiers prioritaires attendent le nouveau chef de l'Etat : la crédibilité budgétaire de la France en Europe, les divergences croissantes entre les économies des Etats membres, la création d'un budget de la zone euro et la lutte contre l'évasion fiscale.

Interrogé sur l'une des propositions soutenues par Emmanuel Macron de créer un ministre des Finances de la zone euro, le commissaire a expliqué que cet objectif ne serait pas atteint avant un certain temps, mais a donné une indication : "Je serais heureux que ce soit mon successeur [en 2019]".

 

Par Alexandra Lesur