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Pierre Lequiller - "Ma préférence va à Juncker parce que c’est un Européen de toujours et qu’il est membre de mon parti, le Parti populaire européen (PPE)"

Actualité 28.02.2008

Dans un entretien accordé à Touteleurope.fr, Pierre Lequiller, président de la délégation pour l’Union européenne de l’Assemblée nationale, revient sur le traité de Lisbonne et présente le rôle du futur président du Conseil européen, élu par les chefs d’Etat ou de gouvernement. Pierre Lequiller, estime que Jean-Claude Juncker se démarque parmi les personnalités politiques pour occuper ce poste. 

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(Durée : 6'03)

 

Quel est le rôle du président de la délégation pour l’Union européenne à l’assemblée nationale ?

"Je suis le président de la commission qui s’occupe de l’Europe". Définissant le rôle de la délégation pour l'Union européenne composée de 36 députés, Pierre Lequiller explique qu’elle "examine tous les textes qui viennent de la commission avant qu’ils soient examinés par le Conseil des ministres". "Nous prenons position et nous donnons notre avis sur chacun des textes", explique-t-il, en précisant que la délégation pour l'UE "travaille sur tous les grands thèmes de la Présidence française, en liaison avec les commissions permanentes de l’Assemblée Nationale".

Quels sont les changements apportés par le traité de Lisbonne ?

Pierre Lequiller cite d’abord les changements institutionnels majeurs : "le président stable de l’Europe qui sera élu pour 2 ans et demi et qui sera le représentant de l’Europe" mais également "le Haut représentant, qui est l’équivalent du ministre des Affaires Etrangères et qui disposera de services importants".

Le président de la délégation souligne également l’accroissement des pouvoirs du Parlement européen. "Le Président de la Commission européenne sera élu par le Parlement européen ce qui est une augmentation de la démocratie", souligne Pierre Lequiller. "La plupart des décisions seront prises en codécision et les décisions seront prises à la majorité qualifiée". Il note enfin "une augmentation importante du rôle des parlements nationaux qui seront chargés de contrôler la subsidiarité".

Quel rôle joueront les parlementaires français au cours de la Présidence française de l’Union européenne ?

Pour les parlementaires français, Pierre Lequiller prévoit  "beaucoup de diplomatie parlementaire" au cours de la Présidence française de l'Union européenne. Pour sa part, il est notamment en charge de l’accueil de délégations européennes. Il va également présider Hubert Haenel, le président de la délégation Europe au Sénat, "la COSAC qui regroupe l’ensemble des présidences de commissions et de délégations dans toute l’Europe".

"Nous allons aussi avoir un rôle de liaison avec le gouvernement, Jean-Pierre Jouyet s’y était engagé", indique M. Lequiller. Un groupe constitué d’une dizaine de députés "assistera même à un certain nombre de réunions gouvernementales" espère-t-il. Enfin, la délégation aura "la possibilité d’étudier l’évolution des grand domaines - immigration, énergie, réchauffement climatique et défense - au cours de la Présidence française de l’Union européenne. On espère qu'elle aboutira à des propositions fortes", conclut, Pierre Lequiller.

Selon vous, quelle personnalité incarnerait le mieux le visage de l’Europe ?

Avant de donner un nom, Pierre Lequiller dresse un rapide profil du président idéal. "Le Président du Conseil européen ne sera ni un président style Président de la Présidence française ni un Président style Président de la République italienne" souligne-t-il. "Ce sera une personnalité qui doit être très douée c'est-à-dire avoir à la fois une vision de la direction qu’il veut suivre et être un grand diplomate". "Il faut qu’il soit à la fois un président et un chairman à la britannique".

Si les noms de MM. Blair et de Rasmussen sont évoqués. Pierre Lequiller indique clairement sa préférence : "pour ma part, ma préférence va à Juncker parce que c’est un Européen de toujours, qu’il vient d’un petit pays ; et qu’il est membre de mon parti, le Parti populaire européen (PPE)". "C’est quelqu’un sur lequel il y aurait un accord assez général". Pour renforcer son choix, Pierre Lequiller argumente "je ne vois pas comment on peut nommer président de l’Europe un représentant d’un pays qui n’est ni dans l’euro, ni dans Schengen et qui a demandé de nombreuses dérogations au traité de Lisbonne".

La création d’une "Union pour la Méditerranée" suscite la méfiance de certains partenaires européens…

"Il y a une chose qui est sure, c’est que le processus de Barcelone n’a pas été aussi efficace que ce que on l'aurait souhaité", commente Pierre Lequiller. Pour le président de la délégation "autour de la Méditerranée il y a une zone extrêmement dangereuse qui ne pourra s’apaiser que si l’on fait un effort très important d’appui en matière économique et en matière d’environnement en faveur de ces pays". S’il qualifie "d’extrêmement bonne" l’initiative française, il soulève des "problèmes de susceptibilité" qu’il juge compréhensibles. "Il faut que l’on fasse attention aux autres pays de l’Union européenne qui craignent que cela se passe en dehors de leur surveillance, de leur regard et de leur appui".