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Pierre Lellouche : retour sur un an et demi aux Affaires européennes

Actualité 15.11.2010

Nommé en juin 2009 secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche a donc passé le flambeau à Laurent Wauquiez. Il reste cependant au gouvernement puisqu'il se voit attribuer le portefeuille du Commerce extérieur. Arrivé aux Affaires européennes en pleine négociation sur le traité de Lisbonne, le passage de Pierre Lellouche au Quai d'Orsay aura été marqué notamment par la gestion de la crise et l'affaire des Roms.

Un an et demi d'événements européens

Pierre Lellouche

Né le 3 mai 1951 à Tunis (Tunisie), Pierre Lellouche est diplômé de l'Institut d'études politiques  de Paris, de la Faculté de Droit de Paris X-Nanterre et docteur en droit de la Faculté de Droit de Harvard. Au cours de sa carrière professionnelle et politique, l'Europe et plus largement les questions internationales ont toujours eu une place essentielle.En 1979, il participe à la fondation de l' Institut français des relations internationales (IFRI) où pendant une dizaine d'années, il est le responsable du secteur politico-stratégique et rédacteur en chef adjoint de la revue Politique étrangère.

Elu Député en 1993, Pierre Lellouche est réélu en 1997, en 2002 puis en 2007 Député de la IVe circonscription de Paris. Il est Conseiller de Paris depuis mars 2001. Président de la Délégation française à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, il a été élu en novembre 2004 Président de l'Assemblée Parlementaire de l'OTAN.

Expert en géopolitique et relations internationales, Pierre Lellouche est nommé représentant spécial de la France pour l’Afghanistan et le Pakistan en mars 2009 avant d'être appelé au gouvernement par le Président de la République.

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Nommé le 23 juin 2009 secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, en remplacement de Bruno Le Maire parti à l'Agriculture, Pierre Lellouche a pris ses fonctions dans une période particulièrement animée sur le plan européen du fait des négociations sur le traité de Lisbonne.

En effet, signé en 2007, ce traité n'est entré en vigueur que deux ans plus tard, le 1er décembre 2009, notamment suite au 'non' des Irlandais au premier référendum organisé en 2008, et obligatoire pour que le traité puisse être ratifié par le pays. C'est donc en période d'intenses débats que M. Lellouche a fait son entrée sur la scène européenne. Des discussions ardues qui déboucheront le 2 octobre 2009 sur la victoire du 'oui' lors du second référendum irlandais.

Mais le dossier majeur dont a eu à se charger le secrétaire d'Etat a sans nul doute été celui de la crise financière économique et sociale qui a engendré celle de la zone euro. Si la crise mondiale n'a pas atteint l'Europe dès le départ en 2008, ses effets sur la monnaie unique seront conséquents.

En pleine crise grecque, et alors que les Etats membres se divisent sur les suites à donner aux révélations d'Athènes concernant son déficit public, Pierre Lellouche se rend sur place avec son homologue allemand, Werner Hoyer, afin de rassurer le gouvernement de Georges Papandréou et de jauger la situation sur place. En tant que "M. Europe" du gouvernement français, il participe activement au travail conjoint mené par la France et l'Allemagne sur ce dossier.

Ainsi, sur le coupe franco-allemand, Pierre Lellouche déclare en mai 2010 "Nous ne nous sortirons de cette affaire que si nous, Français et Allemands, gérons cette crise ensemble, main dans la main. C'est ce que nous faisons (...) Il y a une volonté commune de la France et de l'Allemagne d'en sortir ensemble".

Autre sujet d'importance pour le secrétaire d'Etat, le transfrontalier. En effet, Pierre Lellouche souhaite "redonner à l'Etat français une véritable vision de sa politique frontalière terrestre, et résoudre le problème de la compétitivité des territoires frontaliers français". Missionnés en mars 2010 par le Premier ministre François Fillon, trois parlementaires (Fabienne Keller pour le Sénat, Marie-Thérèse Sanchez-Shmid pour le Parlement européen et Etienne Blanc pour l'Assemblée nationale) remettent trois mois plus tard au secrétaire d'Etat un rapport proposant une "boîte à outils" contenant 19 propositions pour répondre aux difficultés rencontrées par les régions transfrontalières françaises.

Enfin, parmi les événements ayant marqué le passage de M. Lellouche dans les bureaux du Quai d'Orsay, on retiendra l'opposition entre le gouvernement français et la Commission européenne sur la gestion des Roms vivant en France, qui a fait couler beaucoup d'encres.

A l'été 2010, l'expulsion de plusieurs centaines de Roms, sur une base volontaire, de la France vers leur pays d'origine (essentiellement la Roumanie et la Bulgarie), inquiète la communauté internationale, dont les Nations Unies. Au niveau européen, la France est critiquée par de nombreux eurodéputés, et très vite c'est la commissaire en charge de la Citoyenneté, des Libertés et de la Justice qui reproche à la France un comportement qu'elle juge contraire à la libre circulation dans l'Union européenne et aux droits de l'Homme.

La Commission ira jusqu'à menacer la France d'une procédure d'infraction mais cette dernière fournira rapidement un calendrier faisant preuve d'une transposition complète prochaine de la directive de 2004, que l'Exécutif européen lui reprochait de ne pas respecter. Si la procédure semble donc levée, les échanges violents entre le gouvernement français et les institutions ont laissé des traces, et il appartiendra au nouveau ministre Laurent Wauquiez de rétablir des relations harmonieuses.

Les enjeux du nouveau portefeuille de Pierre Lellouche

Pierre Lellouche quitte donc les Affaires européennes, mais pas le gouvernement français ni les relations internationales. Ces dernières seront cependant plus économiques. M. Lellouche a en effet été nommé secrétaire d'Etat au Commerce extérieur dans le nouveau gouvernement de François Fillon.

Un agenda qui s'annonce "énorme" selon les propres mots du secrétaire d'Etat qui, à l'occasion de sa passation de pouvoirs à Bercy avec Anne-Marie Idrac, a annoncé que face aux prochaines échéances, dont "le G20, les négociations OMC et UE-Mercosur", il présenterait prochainement "un plan d'action pour les 18 prochains mois".

Pierre Lellouche a également relevé "à quel point le différentiel avec l'Allemagne devient préoccupant", soulignant que la France devait "soit consolider, soit regagner" des parts de marché. Il souhaite également que soit consenti un "effort (...) à l'intérieur de l'Union européenne" mais aussi "à côté", citant les Balkans, et "bien sûr, tous les pays émergents". Son premier voyage à l'étranger dans ses nouvelles fonctions le conduira la semaine prochaine au Vietnam.

 

 

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