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Pierre Lellouche : "Les déplacements ne sont pas une solution aux problèmes d'insertion des Roms"

Actualité 26.08.2010

Alors que les critiques continuent d'être nombreuses envers la politique menée en France à l'égard des Roms, Pierre Lellouche donnait hier au Quai d'Orsay une conférence de presse en présence de Valentin Mocanu, secrétaire d'Etat roumain chargé des relations avec la France sur le problème des Roms, suite à leur deuxième réunion de travail. L'occasion pour le secrétaire d'Etat de rappeler la bonne coopération affichée entre la France et la Roumanie, et de répondre aux critiques dont le gouvernement fait l'objet.

"Le gouvernement roumain doit donner clairement son programme d'action concernant les Roms"

Une seconde journée de travail avec son collègue roumain, mais le discours de Pierre Lellouche ne change pas : la France souhaite coopérer avec la Roumanie, afin de l'aider "à intégrer la communauté rom, ou d'une moins une partie de cette communauté", qui est d'origine roumaine.

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C'est en pourcentage la part des Français favorables à l'expulsion des Roms selon un sondage publié hier par Le Parisien. La population française reste donc très divisée sur ce sujet sensible, alors que la France fait l'objet de virulentes critiques dans la presse étrangère

Une coopération clairement affichée et confortée par l'intervention du secrétaire d'Etat roumain chargé des Roms, Valentin Mocanu, dont la nomination a été saluée par Pierre Lellouche hier au Quai d'Orsay.

Le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes a rappelé que "sur 4 milliards d'euros de fonds européens perçus par la Roumanie, seuls 85 millions sont dédiés aux Roms, soit 0,4 %". Pierre Lellouche a ainsi ouvertement demandé au gouvernement roumain de "donner clairement son programme d'action : quels objectifs chiffrés ? combien de personnes ? dans combien de temps ? Combien d'écoles ? Combien de projets d'insertion ?"

Il s'agit donc désormais pour le gouvernement français d'appliquer la feuille de route franco-roumaine négociée et paraphée en février dernier à Bucarest, et qui doit être officiellement signée en septembre.

Pierre Lellouche a souhaité que soient mobilisés au niveau européen un maximum de moyens pour régler ce problème, et il a annoncé qu'il se rendrait dès la semaine prochaine à Bruxelles pour rencontrer Madame Reding, réagissant aux propos de la commissaire publiés hier (voir la revue de presse du 26 août).

M. Mocanu a reconnu de son côté que la Roumanie avait besoin d'améliorer la coordination interne de sa gestion des Roms, et a rappelé que la coopération avec la France était primordiale.

Il a présenté les moyens mis actuellement en oeuvre pour les Roms rentrant en Roumanie, et a indiqué que des mesures immédiates seraient prises par le gouvernement roumain, mais que ce dernier travaillait également sur un plan plus large à moyen et long terme pour l'insertion de cette communauté.

La France ne parle pas d'expulsions, mais de retours volontaires

"Nous agissons dans l'application la plus stricte du droit européen, et de la directive de 2004 que nous appliquons à la lettre" a affirmé Pierre Lellouche en réponse aux critiques dont fait l'objet le gouvernement français et qu'il a jugées "inacceptables".

Le secrétaire d'Etat français a ainsi rappelé "à ceux qui ont parlé de choses graves, de déportations, qu'il s'agit de départs volontaires", et que personne n'empêche ces personnes de revenir en France, en vertu du principe de la libre circulation, même si "un déplacement n'est pas la solution au problème de la scolarisation, de l'emploi, aux problèmes de la vie tout simplement".

Valentin Mocanu a d'ailleurs précisé que le gouvernement roumain avait l'obligation de défendre ses citoyens s'ils se plaignent d'une atteinte à leurs droits individuels ou aux droits de l'Homme sur le territoire français, même s'il ne dispose pour le moment "d'aucune donnée officielle permettant de conclure que ces retours ne sont pas volontaires".

Pierre Lellouche a souhaité que la presse "arrête avec ces fantasmes proprement insupportables", et a rappelé que la liberté de circulation, respectée par la France ne pouvait en rien servir "de la part de tel ou tel Etat membre de défausse en direction d'autres Etats sur la gestion de ses propres ressortissants".

 



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Roms : la liberté de circuler, le devoir d'intégrer - Tribune de Pierre Lellouche [pdf] - 24/08/10 - Le Figaro