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Pétrole cher et euro fort : une équation gagnante ?

Actualité 07.01.2008

Dans une note de la Fondation Robert Schuman, Jean-François Jamet, consultant auprès de la Banque mondiale, met en perspective la croissance de la zone euro avec la hausse des prix du pétrole. Ses conclusions viennent quelque peu relativiser les craintes des Français vis-à-vis de "l'euro fort".

 

Selon l'auteur, "la flambée des prix de pétrole depuis 2002 est comparable à celle constatée lors des chocs pétroliers de 1973 et 1979". Cela s'explique par la forte croissance de la demande émanant de pays comme la Chine, par les difficultés à augmenter la production et enfin par l'instabilité géopolitique.

Cependant, "plusieurs facteurs ont limité l'impact de la hausse des prix du pétrole dans la zone euro". En premier lieu, "l'appréciation de l'euro face au dollar", autrement dit "l'euro fort". Ainsi, le cours du baril de Brent a augmenté de 187 % depuis 2002, alors que si le rapport euro/dollar était resté au niveau de 2002, l'augmentation aurait été de l'ordre de 376 % ! Conclusion : "l'euro fort" "a permis d'absorber la moitié de la hausse des prix du pétrole".

D'autres facteurs sont avancés tels que "la diminution de l'intensité pétrolière de l'économie européenne" (consommation de pétrole par rapport au PIB réel) et "l'amortisseur fiscal" (les taxes ou droits d'accise, fonction de la quantité achetée et non du prix à l'achat). Un dernier facteur est avancé : la forte concurrence internationale qui limite le risque de spirale inflationniste (hausse des prix de vente de l'ensemble des produits et services et/ou des salaires). Sur ce dernier point, Jean-François Jamet salue "la crédibilité acquise par la Banque centrale européenne en matière de lutte contre l'inflation" qui lui a permis de gagner la confiance des agents économiques dès lors moins enclin à se prémunir des risques inflationnistes (et par là même à en alimenter le risque).

Par conséquent, l'impact de la hausse du cours du Brent sur la croissance de la zone euro est "relativement modérée", selon l'auteur : "nos estimations montrent qu'en moyenne, le coût de l'augmentation des prix du pétrole en euro a été compris entre -0,14 et -0,34 point de pourcentage par an entre 2002 et 2007". Quant à 2008, "l'impact du prix du pétrole sur la croissance sera nul dans notre hypothèse basse (prix moyen du baril à 85 dollars et euro à 1,53 dollar) et compris entre 0,4 et 0,8 point de pourcentage dans notre hypothèse haute (prix moyen du baril à 100 dollars et euro à 1,47 dollar)".


Lire l'analyse

 

Jean-François Jamet, "L'impact de la hausse des prix sur pétrole sur la croissance de la zone euro", Fondation Robert Schuman, janvier 2008