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Pervenche Berès : "Si on veut un jour revenir à l'équilibre budgétaire, il faut investir"

Actualité 28.11.2008

Mercredi 26 novembre, la Commission européenne a présenté à Bruxelles son plan de relance économique d'"environ 200 milliards d'euros".Ce plan peut il faire revenir la croissance en Europe, ou du moins conjurer la récession qui pointe ? Pervenche Béres, eurodéputée et présidente de la commission pour les Affaires économiques et monétaires du Parlement européen nous a livré ses réactions.

Des "éléments intéressants" et "innovants"

Mme Berès accueille favorablement "la contribution de la politique monétaire à la stratégie de soutien de l'activité économique" et le fait que "la Commission européenne invite les Etats membres à éventuellement prolonger les indemnités chômage et à les renforcer".

Surtout, elle insiste sur certaines des mesures annoncées, qui selon elle sont assez nouvelles :

  • le fait que la "Commission européenne essaie d'articuler les objectifs du pacte de stabilité et ceux de la stratégie de Lisbonne tout en utilisant la marge de flexibilité autorisée par le pacte de stabilité", ce qui qui signifie en clair que "les Etat membres auront le droit de ne pas respecter l'objectif de 3% de déficit public" ;

  •  "l'assouplissement des conditions d'accès aux fonds structurels communautaires"pour financer les mesures de relance économique.


La possibilité donnée aux Etats membres de mobiliser une "batterie d'instruments, y compris la baisse de la TVA" est aussi une bonne nouvelle. C'est un "rappel des engagements de l'Union, notamment la négociation en cours sur un taux réduit de TVA sur les services à forte intensité de main d'œuvre".


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Si l'ordre de grandeur du plan de relance (1,5% du PIB de l'UE) est finalement supérieur aux premières estimations, pour Mme Berès, il reste encore en deçà de ce dont l'UE aurait besoin.

Mais surtout, "ce plan n'aura de sens que s'il y a vraiment concertation entre les plans des Etats membres".

En effet, "Si demain, tel pays fait une relance sous forme de dévaluation compétitive, il va momentanément améliorer sa propre situation mais risque de dégrader celle de ses voisins, ce qui au bout du compte est dommageable pour tout le monde". Pour être utiles, ces plans nationaux devraient donc être "coordonnés".

Or, pour la présidente de la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement , "la Commission n'a pas assez insisté sur les objectifs à poursuivre" et sur la nécessité d'une adéquation entre ces objectifs et les plans nationaux des Etats membres".

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Il faut "réamorcer la pompe de manière significative"

Malgré les bons fondamentaux de l'économie européenne, "meilleurs que ceux de l'économie américaine", "tout a volé en éclats" face au "tsunami de la crise financière".

"Les Américains ont une capacité de rebond, d'initiative, de réactivité beaucoup plus grande que nous". Du côté européen, "on a souvent vu que l'UE réagissait plus lentement aux retournements de cycles".

"Si on ne veut pas pâtir de cette lenteur au démarrage", il faut appliquer les bonne recettes : sélectionner "la nature des investissements qui sont soutenus", et veiller à "la compatibilité entre la stratégie d'aide d'urgence et la stratégie de plus long terme". "Si les Etats membres soutiennent correctement la stratégie proposée par la Commission, le plan européen pourra être un plan utile".


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"La Commission européenne aurait pu clairement dire : sur 3 ans, on autorise les Etats membres à avoir un déficit public supérieur à 3 ou 4 % du PIB".

La dernière hausse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE), en juillet, a été "celle de trop".

Pour Mme Berès, "on voit bien que la politique monétaire par la baisse des seuls taux ne peut pas suffire à lancer la machine; et qu'"on a besoin d'articuler le pilier monétaire et le pilier budgétaire".

"Aujourd'hui, la situation est suffisamment grave pour que, si l'on veuille un jour revenir à l'équilibre budgétaire, il faille investir", "ne rien faire aujourd'hui, c'est condamner l'Europe à une dégradation longue de ses comptes publics".

En effet, étant donné la faiblesse actuelle de l'investissement privé et du pouvoir d'achat, "on a besoin de la dépense publique pour soutenir l'activité économique et revenir un jour à l'équilibre budgétaire".

Il faut donc "autoriser les Etats à sortir des "clous du pacte de stabilité" qui leur impose de maintenir leur déficit public à 3% de leur PIB. Si la Commission avait accepté le principe d'un assouplissement de cette règle, "cela aurait permis une discussion entre les Etats membres pour voir comment ces marges de manoeuvre pourraient être utilisées". "Dans ce plan, c'est sans doute ce qui manque le plus. "

 


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