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Pervenche Berès : "Mettre l'emploi au coeur des stratégies de relance et de sortie de crise"

Actualité 20.07.2009

Les derniers postes de présidents des commissions du Parlement européen ont été attribués hier. A cette occasion, nous avons rencontré la députée européenne Pervenche Berès, qui passe de la commission des Affaires économiques et monétaires à celle chargée de l'Emploi et des affaires sociales. La députée socialiste, qui doit également être nommée rapporteure d'une commission spéciale sur la crise, nous précise ses missions.

Quels dossiers la commission parlementaire emploi et Affaires sociales que vous présidez aura-t-elle à charge pendant les cinq années à venir ?

 

Ecoutez un extrait (3'10)

 

 

 

Déjà il faut regarder comment sera composée la commission, qui sera le commissaire [européen] responsable et quelle sera la volonté de la Commission [européenne] d'exercer son droit d'initiative dans le domaine. Ce que je mesure c'est qu'il y a un certain nombre de dossiers sur la table : il y a d'abord la question de l'emploi, qui d'un point de vue macroéconomique est un thème sur lequel la commission emploi et affaires sociales doit être très présente dans le débat, pour que les questions d'emploi ne soient pas traitées comme des soldes mais soient vraiment au coeur des stratégies de relance et de sortie de crise.

Le deuxième grand pilier c'est toute la législation qui est sur la table, et qui comporte un certain nombre de proposition qui ont été soit interrompues, soit bloquées: la directive "temps de travail" ; la demande (en grande partie) du Parlement européen de voir réouverte la discussion sur la directive travailleurs détachés à la suite de l'arrêt de la Cour de justice ; les directives sur le congé parental ; la directive sur les travails indépendants dans le domaine des transports routiers.

Et puis il y a les initiatives lancées depuis par la Commission et sur lesquelles le Parlement va devoir se prononcer : l'initiative sur le microcrédit et la réforme du fonds social européen qui sera adoptée demain. Tout celà est en stock, après il y a ce qu'on peut espérer : une réouverture de la discussion en comité d'entreprise, information-consulation (dont on peut imaginer qu'elles seraient les bienvenues) ; tout le paquet anti-discrimination (dont le texte est actuellement bloqué au Conseil) ;

Dans les choses sur lesquelles je pense que cette commission devrait être pro-active, c'est à la fois tout ce qui concerne la gouvernance d'entreprise : les questions de participation des salariés, d'association au fonctionnement des conseils d'administration, d'introduction de règles de parité, de rémunération des dirigeants, de responsabilité sociale... toutes les questions de "Corporate governance", de gouvernance d'entreprise.

Le dernier volet, c'est un peu le long-terme du premier pilier que j'ai abordé, à savoir comment la reconstruction du système financier prend en compte le défi du vieillissement de la population.

 

 

Que pensez-vous de la nomination de la libérale britannique Sharon Bowles à la tête de la commission des Affaires économiques et monétaires que vous présidiez auparavant ?

 

Ecoutez un extrait (0'38)

 

 

Je ne pense pas que celà traduise une optimisation des choix collectifs au sein de ce Parlement. Ce n'est pas une affaire personnelle, je suis très contente du double mandat que l'on me donne à la fois comme présidente de la commission emploi et rapporteure de la commission spéciale "crise".

Le Parlement était plutôt en avance sur ces questions, il avait une voix européenne cohérente, et je ne trouve pas que cette nomination soit un bon signal.

 

 

Quels seront les missions et les pouvoirs de la commission temporaire sur la crise dont vous serez rapporteure ?

 

Ecoutez un extrait (0'44)

 

 

Une telle commission a un rôle de caisse de résonnance. Au-delà du travail législatif au jour le jour qui appartient à chaque commission permanente du Parlement européen, elle a un travail de veille de l'actualité et d'éclairage dans l'interpellation des autres institutions d'une part, et des différentes commissions du Parlement d'autre part, pour essayer d'avoir une vision un peu globale, pas tant sur la crise (on va pas passer notre temps à analyser le mécanisme des subprimes, celà à déjà été fait !), mais essayer d'avoir 4 ou 5 messages forts sur la manière de sortir de cette crise.

 

 

La conférence des présidents des groupes parlementaires a reporté à l'automne prochain le choix d'une date pour le vote sur la reconduction de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission. Quelle est la position des sociaux-démocrates européens sur cette question ?

 

Ecoutez un extrait (0'39)

 

 

Nous étions très favorables au report. Je constate que c'est une première défaite importante pour M. Barroso, qui n'a pas été assez soulignée. Le Parlement a fait valoir ses droits, et M. Barroso a été défait dans sa stratégie. Son leitmotiv était de se faire redésigner très vite, dès le mois de juillet, mais il a été obligé de constater que sa stratégie n'a pas été suivie. Ce n'est pas parce que l'on sort d'un Conseil européen en disant que l'on a été désigné à l'unanimité que le Parlement européen se couche !

 

 

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