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Pékin bloque ses commandes d'Airbus pour protester contre la taxe carbone

Actualité 09.03.2012

La Chine a finalement mis ses menaces à exécution hier, en gelant les commandes  d'Airbus 380 et 330 de ses compagnies aériennes. Face à cette annonce, Bruxelles a réitéré son refus de revenir sur cette législation, et appelle à la prise d'une "solution internationale" pour diminuer les émissions de carbone du secteur aérien.

L'UE à la recherche d'une solution internationale pour réduire les émissions de CO2

L'instauration de la taxe carbone n'en finit pas de susciter de vives protestations au sein de la communauté internationale, menées de front par la Chine. Au total, ce sont 26 des 36 membres de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), dont la Chine, les Etats-Unis et la Russie, qui contestent cette mesure. L'OACI est favorable à l'instauration de mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui seraient basées sur le volontariat.

Décidée en 2008 et entrée en vigueur au 1er janvier 2012, la législation européenne impose aux compagnies aériennes, quelle que soit leur nationalité et qui opèrent sur le territoire de l'UE, de racheter l'équivalent de 15 % de leurs émissions de CO2. Ces quotas sont censés permettre de compenser les émissions de CO2 que produisent les quelques 4 000 compagnies concernées par la taxe. Selon la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC), les rejets de 98 % entre 1990 et 2006.

Les représailles décidées par Pékin

Les mesures de rétorsion prises par la Chine, marché le plus dynamique au monde, pourraient avoir d'importantes répercussions sur l'économie industrielle française. "Le gouvernement chinois refuse d'approuver des commandes de long-courriers des compagnies chinoises", a déclaré hier Louis Gallois, qui dirige l'avionneur européen EADS. 45 appareils seraient concernés, alors que la production de 25 A330, livrables d'ici la fin 2014, a déjà commencé. 
Le patron d'EADS recommande la prise d'"une solution à l'échelle mondiale", avant d'ajouter, en écho aux contestations mondiales, que "cette taxe européenne n'est pas la solution appropriée. Elle crée des distorsions et nous met en opposition avec le reste du monde".

L'UE n'entend pas revenir sur sa décision

Mais l'Union européenne, par la voix du ministre danois chargé du Climat, Martin Lidegaard, a réaffirmé que tant qu'une solution internationale n'entrainera pas une réduction des émissions de CO2, "l'UE maintiendra son système européen d'échange de quotas d'émissions" (ETS). Ce dernier a "le sentiment que nous avons un Conseil [des vingt-sept pays de l'Union européenne] uni sur ce sujet". La commissaire européenne chargée de la lutte contre le changement climatique, Connie Hedegaard, a également réitéré son refus de céder aux menaces et de revenir sur la législation communautaire.