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Pavel Fischer : "La grande priorité est de réussir à travailler à 27"

Actualité 21.01.2009

Le 21 janvier avait lieu à la Représentation permanente de la Commission européenne à Paris la présentation des priorités de la Présidence tchèque du Conseil de l'Union européenne. L'occasion pour Touteleurope.fr de rencontrer l'ambassadeur de la République tchèque en France, Pavel Fischer, et de l'interroger sur le programme de travail de ces six mois, mais aussi sur la ratification du traité de Lisbonne ou encore l'oeuvre controversée du Tchèque David ÄŒerný, Entropa.

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3 "E" comme priorités de la Présidence tchèque

Une Europe sans barrières

La devise choisie par la Présidence tchèque, ne signifie pas, selon Pavel Fischer, "l'Europe sans règles ou sans frontières" mais cherche au contraire "à mettre en valeur tout ce que l'acquis communautaire apporte aux citoyens, c'est-à-dire vivre en liberté, entreprendre"

En présence de Pierre Ménat, du ministère des Affaires étrangères, et de Gunnar Lund, ambassadeur de Suède en France, l'ambassadeur tchèque a présenté à la presse les priorités de la Présidence tchèque du Conseil de l'UE.

Ces priorités, définies depuis plusieurs mois, s'inscrivent dans un programme de travail de 18 mois élaboré par le trio France-République tchèque-Suède.

Pavel Fischer a expliqué dans un premier temps que la priorité de la République tchèque "est de réussir à travailler à 27, pour relever les grands défis du monde d'aujourd'hui, c'est-à-dire la crise énergétique (...) et oeuvrer à ce que la paix au Proche-Orient soit durable".

Il a ensuite détaillé les trois priorités, résumées en "3 E" : Economie, Energie, et Europe dans le monde.

La priorité Économie vise entre autres, la gestion de la crise financière et l'accroissement de la compétitivité européenne.

La priorité Énergie, justifiée plus que jamais par la crise russo-ukrainienne sur le gaz, consiste à rechercher l'équilibre entre la protection de l'environnement d'un côté et le maintien de la compétitivité et de la sécurité énergétique en Europe de l'autre.

Enfin, la priorité Europe et le monde, au lendemain de l'investiture de Barack Obama, sera tournée vers le lien transatlantique. La République tchèque souhaite également poursuivre la réflexion sur la poursuite de l'élargissement, notamment en envisageant l'intégration des Balkans occidentaux. Enfin, une attention particulière sera portée au partenariat oriental.

La question du traité de Lisbonne

Représentation

Traditionnellement, c'est le Premier ministre, à l'heure actuelle Mirek Topolánek, qui participe au Conseil européen. Dans le passé, il est arrivé que le président de la République, Vaclav Klaus, y prenne part également lui aussi, en accord avec le Premier ministre.

Prague va devoir reprendre pendant ces six mois un certain nombre de dossiers entamés sous Présidence française, comme la poursuite de la ratification du traité de Lisbonne.

A l'heure actuelle, l'Irlande et la République tchèque sont en effet les seuls Etats membres à ne pas l'avoir ratifié.

Alors que les Irlandais devraient être appelés à revoter, probablement en octobre 2009, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur le retard tchèque.

Pavel Fischer explique que "la ratification passe par le Parlement (...). Arithmétiquement parlant, la majorité est déjà rassemblée et le gouvernement à plusieurs reprises s'est engagé en faveur de la ratification (...). Le souci était posé par le calendrier, puisque le Conseil constitutionnel a été saisi (...) sur six questions qui portent sur la compatibilité de la Constitution avec le traité".

Le Conseil constitutionnel tchèque aillant donné son feu vert, l'ambassadeur tchèque est optimiste sur une ratification avant la fin de la Présidence tchèque.

La controverse sur "Entropa"

Interrogé sur l'oeuvre controversée de l'artiste tchèque David Černý, actuellement exposée au Conseil de l'UE et qui s'est révélée être un canular, Pavel Fischer s'est déclaré "un peu blessé, non pas en tant qu'ambassadeur mais en tant que citoyen de l'Europe car [il] trouve que l'art doit permettre aux gens de se rencontrer et ne devrais pas les heurter".

 

Cependant il explique que cette performance a été tolérée par la Présidence tchèque au nom de "dans le respect d'une expression libre à laquelle nous sommes tellement attachés en Europe".

 

 

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