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Othmar Karas, vice-président du Parlement européen : "Avec cette campagne, nous voulons éveiller la conscience des citoyens"

Actualité 28.11.2013

"Cette fois, c'est différent", affirme la campagne du Parlement pour les élections européennes de 2014. Le vice-président du Parlement européen, l'Autrichien Othmar Karas (PPE), détaille les grandes nouveautés de ce rendez-vous électoral.

Othmar Karas (c) Parlement européen

Quels sont les principaux défis des élections européennes 2014 ?

Les principaux défis sont exprimés à travers les cinq thèmes choisis pour la campagne du Parlement européen : l'emploi, l'Union européenne dans le monde, la monnaie, la qualité de la vie et l'économie.

Avec ces sujets, nous souhaitons d'une part répondre aux préoccupations des citoyens, d'autre part présenter le travail effectué par le Parlement européen pendant sa législature et mettre en avant ses propositions pour l'avenir. Les thèmes choisis sont volontairement très larges, et doivent permettre à la campagne d'éclairer les dossiers en cours du Parlement, ainsi que les sujets d'actualité européens.

Ces thèmes vont se décomposer en sujets concrets, en lien direct avec l'activité du Parlement. Ils reflèteront à la fois le calendrier législatif du Parlement et les succès de l'actuelle législature. Ces thèmes (et sujets concrets) seront soutenus par des supports pertinents de communication, sous la forme d'une "boîte à outils" (documents papiers et en ligne, matériel audiovisuel), y compris des supports explicatifs et éducatifs, qui seront utilisés par les députés européens en fonction de leurs besoins et de leurs préférences en lien avec la campagne.

Le Parlement européen a, de plus, une influence directe sur les décisions qui touchent les citoyens, ce qui confère une réelle légitimité à l'institution.

Avec cette campagne, nous voulons également éveiller la conscience des citoyens, afin de les motiver à voter et à réaliser qu'ils ont, avec ce vote, le pouvoir d'influencer et de décider, et de choisir la direction que prendra l'Union européenne.

Chaque vote compte, puisque le Parlement européen est le deuxième plus grand parlement dans le monde, après le Parlement indien. Les députés européens directement élus vont représenter un total de 506 millions d'Européens.

Quelles leçons peuvent être tirées de la précédente campagne en 2009 ?

Dans les campagnes précédentes, le Parlement s'était principalement concentré sur la phase d'incitation au vote, durant les derniers mois précédant les élections. Cela a permis de rappeler avec force l'importance du vote et de la date des élections.

Cette fois, la campagne sera plus centralisée et regroupera la plupart des activités de communication. Pour la première fois, toutes les campagnes de communication en cours seront totalement intégrées. Cela doit permettre de montrer la nature politique du Parlement, ses succès (dossiers législatifs – phase thématique) et son rôle dans l'élection de la nouvelle Commission. La campagne suivra une feuille de route déterminée auparavant, construite autour de moments clé de l'agenda du Parlement européen.

Voici des extraits de cette feuille de route :

  • Discours sur l'état de l'Union - Septembre 2013
  • Dialogue avec la société civile (EuroPCom, CivSoc, Agora, Open days des régions et villes) – Octobre - Novembre 2013
  • Présentation des candidats des partis politiques (début 2014)
  • Annonce des candidats des partis politiques pour la présidence de la Commission (Février-Mars 2014)
  • "Débats présidentiels" entre les candidats à la présidence de la Commission
  • La rencontre des Jeunes européens - Mai 2014
  • Journée de l'Europe et "Open Days" - Mai 2014
  • Constitution du Parlement européen
  • Inauguration de la nouvelle Commission européenne

Craignez-vous une montée des partis d'extrême-droite ?

Je pense que les deux extrêmes (gauche et droite) sortiront renforcés des prochaines élections, et que l'écart entre les deux grands partis au centre sera plus faible. Il devient de plus en plus fondamental que les hommes et partis politiques modérés, au centre de l'échiquier politique, transmettent également le message européen au niveau national (après tout, les politiques européennes sont des politiques nationales). Il doit y avoir une alliance entre les partis pro-européens.

Quel bilan pouvez-vous tirer de la législature actuelle ?

Le Parlement s'est concentré, il n'y a aucun doute là-dessus, sur la crise. Par conséquent nous devons tirer les leçons de la crise financière, sociale et économique et prendre le chemin nécessaire vers l'Union bancaire et la régulation des marchés financiers.

Le traité de Lisbonne stipule que le Parlement "élit" le président de la Commission. Mais, comme avec le traité de Nice, c'est toujours le Conseil qui propose d'abord un candidat. Y a-t-il un vrai changement ?

"Cette fois, c'est différent", tel est le message-clé de la campagne : celui-ci constitue une puissante motivation pour que les électeurs participent et s'intéressent à ces élections. Les candidats sont la manifestation la plus visible des changements du traité de Lisbonne, à savoir que les élections européennes vont explicitement déterminer l'orientation politique de l'exécutif.

La personnalisation de la campagne, à travers la visibilité des candidats à la présidence, va lui donner plus de poids, dans un environnement politique où les électeurs sont habitués à mettre des visages sur les forces politiques. D'où le message : "vous choisissez votre responsable". Cependant, il doit être clair que les citoyens ne votent pas pour le candidat de la Commission européenne, mais pour les membres du Parlement européen.

Néanmoins, cette situation renforce aussi la perception du pouvoir et du rôle central du Parlement. Le président de la Commission devra sa fonction au Parlement et devra lui répondre. L'équilibre politique au sein du Parlement européen va être le facteur décisif.