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OTAN et PESD : des visions complémentaires

Actualité 05.12.2006

L'OTAN et l'avenir de la sécurité européenne, par Quentin Perret

Fondation Robert Schuman – Question d'Europe n°47 – 04/12/06
(en téléchargement libre)

L'avenir de l'OTAN divise les Européens. Quentin Perret, chargé de mission à la Fondation Robert Schuman, suggère que le renforcement de la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD), "qui soulignerait le savoir-faire particulier de l'Union européenne en matière de stabilisation et de reconstruction des territoires en conflit", pourra contribuer à réduire leurs divergences.

Organisation euro-atlantique ou "Alliance globale" ?


Alors que l'OTAN est entrée, depuis la fin de la Guerre froide, dans la phase la plus active de son histoire et qu'elle a élargi sa sphère d'intervention hors d'Europe, de nombreuses questions relatives à son organisation et à ses missions se posent à présent à ses membres. Quentin Perret souligne que "l'intervention en Afghanistan (…) ouvre la perspective d'une Alliance à vocation mondiale". Elargie à des membres non européens, l'organisation pourrait devenir "le prélude à un 'Concert des Démocraties' susceptible, le moment venu, de remplacer l'ONU comme forum international à même de légitimer les interventions extérieures de ses membres".

Inquiets qu'une telle évolution n'éloigne l'OTAN de ses missions historiques, certains Etats européens accueillent cette perspective avec réticence. La France, pour sa part, souligne les risques de division d'une Alliance mondialisée susceptible d'être "entraînée dans des conflits étrangers aux préoccupations européennes", et surtout "redoute l'effet de perception que ne manquerait pas d'engendrer une 'Alliance des démocraties' sous direction américaine". Pour la France, "l'OTAN doit demeurer une organisation euro-atlantique ; la légitimité internationale ne peut appartenir qu'à l'ONU et à elle seule".

Vers une vision commune de l'OTAN et de la PESD


Les Etats membres de l'Union européenne sont en désaccord sur leurs visions des rapports entre l'OTAN et la PESD : pour les uns, rien ne doit être fait pour affaiblir l'OTAN, nécessaire  à la sécurité de l'Europe ; les autres, "partisans d'un renforcement de l'autonomie européenne en matière de sécurité", estiment notamment qu' "un partenariat transatlantique réaliste devra tenir compte des différences objectives qui séparent les Etats-Unis de l'Europe, qu'il s'agisse de la géographie, des intérêts, du rapport à l'usage de la force et au droit international".

Pour Quentin Perret, ces deux conceptions ne sont pas irréconciliables, et l'avenir de l'OTAN est inséparable de celui de la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD), puisque "sans unité préalable des positions européennes, incarnée dans une PESD unifiée et cohérente, la question de la pérennité de l'Alliance atlantique continuera de se poser au cours des prochaines années". Il note qu' "en associant aux forces militaires occidentales une palette extrêmement diversifiée de savoir-faire dans le domaine de l'administration civile, de la construction d'infrastructures et du développement économique, la PESD paraît mieux en mesure d'assurer le succès des futures interventions européennes et américaines, qu'une Alliance dont les capacités se borneraient à une puissance de feu sans équivalent."