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Open Diplomacy : une journée pour plancher sur le destin mondial de l'Europe

Vidéo 22.05.2014

Chercheurs, experts, députés européens, personnalités politiques françaises, le forum sans frontières Open Diplomacy, organisé par le think tank Youth Diplomacy, a réuni samedi 17 mai à Paris un panel de nombreux intervenants prêts à échanger devant 80 citoyens décidés à pousser la porte du débat. Un débat résolument européen à l'approche des élections européennes, organisé à partir d'un modèle innovant de brainstorming, au sein d'open spaces qui ont rythmé la journée autour d'une question centrale : l'Europe a-t-elle encore un destin mondial ? De nombreuses personnalités ont ainsi participé à cette grande journée studieuse organisée autour de ces ateliers dont l'objectif était de co-écrire un manuel de géopolitique destiné aux futurs élus du Parlement européen.

Soutenu par le ministère des Affaires étrangères et du Développement international, le forum Open Diplomacy a été organisé en partenariat avec Toute l'Europe, RFI, France24, le Huffington Post et OpinionWay.

Dans son introduction, Thomas Friang, président du think tank, a interpellé les participants. "Au lendemain des élections, la presse internationale titrera sans doute que les extrémistes prennent Strasbourg d'assaut. Tout le monde s'inquiètera de cette vague brune (…). Quoi de pire dans une Europe en crise de s'en remettre aux destructeurs ?". Invitée à participer à ces débats et à présenter son nouvel ouvrage, Elisabeth Guigou, présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, a salué l'initiative du think tank et a résumé son sentiment : "l'Europe a un destin mondial à condition qu'elle le veuille". 

Energie, immigration, mobilité, défense, numérique... nous avons interviewé chacun des experts autour des grands thèmes de cette journée.

Ouverture du forum

Thomas Friang, président du think tank Youth diplomacy

"Nous avons choisi ce thème [L'Europe a t-elle encore un destin mondial] car nous percevons dans la société un sentiment d'angoisse dans la population française qui a l'impression que d'ici très peu de temps, elle sera dépassée par la Chine, par l'Inde, dominée par la Russie à certains égards, déjà dominée par les Etats-Unis et qu'il y a une attente forte de répondre aux enjeux de la mondialisation par des institutions plus puissantes et avec une meilleure assise démocratique".


Elisabeth Guigou, présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale"

"Nous avons une mission particulière, nous les Européens, c'est d'être une puissance d'influence pour faire en sorte qu'avec d'autres nous puissions humaniser la mondialisation, faire en sorte que l'on sauve la planète".

L'Europe fait-elle face à la géopolitique du web ?

Thomas Gomart, directeur du développement stratégique de l’Institut français des relations internationales (IFRI)

"Nous sommes dans une phase où la gouvernance Internet est de plus en plus débattue, et il est évident que l'Europe doit participer à ces discussions, à la fois en trouvant des positions communes entre Etats membres (...) mais surtout en trouvant une manière de faire entendre sa voix entre les Etats-Unis et l'ambivalence fondamentale et puis des régimes autoritaires".

Jeunes d'Europe, barrez-vous ?

Catherine De Wenden, directrice de recherche, Centre des études et de recherche internationales de Sciences Po (CERI)

"Les jeunes les moins qualifiés sont les moins mobiles. C'est ceux-là qui considèrent que le concurrent est celui qui est entré sur le territoire national et qu'il va lui prendre son travail. Ce qui est complètement faux, car la plupart des nouveaux entrants sont sur un marché du travail très segmenté et dans d'autres secteurs d'activité. C'est dans cette catégorie là que le vote jeune est un vote d'extrême droite".

L’Europe a-t-elle dévitalisé la politique ?

Charles-Henri D'Auvigny, Directeur général délégué d'OpinionWay

"La campagne électorale actuelle ne donne pas envie aux Français de voter. Selon les derniers sondages, nous allons vers un taux d'abstention autour de 62%".

Énergie, l’Europe sous dépendance ?

Patrice Geoffron, directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières (Université Paris Dauphine)

"L'absence de politique énergétique en Europe est paradoxale. Dès le traité de Rome, l'énergie est restée pour l'essentiel une compétence nationale. On voit néanmoins depuis la deuxième partie des année 2000 de grands objectifs communs, notamment sur la transition énergétique".

L'Europe peut-elle s'entendre pour se faire entendre ?

Christian Lequesne, directeur de recherche, Centre des études et de recherche internationales de Sciences Po (CERI)

"Toute la question est de savoir si l'Europe peut se contenter d'être simplement une puissance normative ou une puissance civile, ou si elle a besoin de développer une défense, une vraie capacité d'intervention militaire pour être ce que les Américains appellent le 'hard power'".

Monnaie, alors euro ?

Denis Ferrand, directeur général de COE-REXECODE

"L'euro a survécu à la crise la plus profonde qu'ait connue l'Europe depuis la Seconde guerre mondiale. Aujourd'hui le risque de l'éclatement de la zone euro est plutôt derrière nous. Ce n'est pas pour autant que toutes les difficultés sont aplanies".

L'Europe, poupée russe ?

Yann Mens, rédacteur en chef, Alternatives Internationales

"Il y a une discussion à avoir avec nos partenaires allemands pour essayer de créer un calendrier sérieux qui puisse aboutir à ce que dans 15, 20 ans la très grande majorité de l'énergie européenne soit basée d'une part sur le renouvelable et sur les économies d'énergie d'autre part".

Y-aura-t-il une Europe pour les Afriques ?

Corinne Balleix, spécialiste des politiques européennes de développement.

"L'ensemble de l'Union européenne est intéressée par l'Afrique, que ça soit pour son marché (...), pour ses énergies (...) mais également par les migrants : l'Union européenne a une population qui vieillit, qui est déclinante."

Clôture : L'Europe peut-elle exister entre les puissances du G2 ?

Guillaume Balas, vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France

"La transition écologique est un appui absolument formidable pour créer des emplois (...) de qualité, non délocalisables par nature, et qui peuvent être utiles écologiquement et socialement. Il faut aussi avoir (...) un budget européen, avec des ressources propres..."

Jean-Marie Cavada, vice-président du groupe ADLE au Parlement européen, députée membre de la commission Culture et de l'Education.

"La question de la politique énergétique, c'est comme la question sociale, c'est une urgence dès la rentrée de septembre. Il faut donner du poids à notre parole dès l'instant que nous voulons que Vladimir Poutine cesse de vouloir imposer l'ordre de Moscou à Kiev ou dans un autre pays".