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Olli Rehn : "Enfant, j’ai appréhendé l’Europe grâce aux clubs de football !"

Actualité 05.01.2015

Ancien Commissaire européen (pour l’élargissement puis en charge des affaires économiques et monétaires), le Finlandais Olli Rehn est aujourd’hui Vice-président du Parlement européen. C’est surtout un immense passionné de football, qui présida pendant un an la ligue de football finlandais. Propos recueillis par Julian Jappert et Maxime Leblanc du think tank Sport et Citoyenneté.

Olli Rehn

La Résolution sur la dimension européenne du sport (2 février 2012) est le dernier document-cadre sur le sport adopté par le Parlement européen. Comment la question du sport sera-t-elle abordée par le nouveau Parlement ? Sera-t-il un thème d'intérêt pour vous ?

Olli Rehn : Le traité de Lisbonne a donné des compétences formelles à l'Union européenne (UE) en matière de sport. Le rôle du Parlement européen est de soutenir les programmes "Sport" de l'UE avec un budget et de promouvoir le sport dans d'autres domaines et programmes, tels que la santé et l'éducation.

A titre personnel, le sport a toujours été un élément essentiel. Pour moi, c’est avant tout une question de santé : un esprit sain dans un corps sain, pour tous. C’est aussi pour cette raison que j’ai vivement soutenu la création d'un intergroupe "Sport" au Parlement européen.

Sport et Citoyenneté

Le think tank européen Sport et Citoyenneté est un lieu de réflexion visant à promouvoir les valeurs du sport et de militer pour leur meilleure implantation dans la société.

Cette interview est issue de la revue n°29 du think tank Sport et Citoyenneté "Football research in enlarged europe : conclusions du projet et perspectives".

Cet Intergroupe pourra par exemple mettre l'accent sur l'intégrité des manifestations sportives, y compris la lutte contre les matches truqués. Il pourra aussi organiser des séminaires sur les différents aspects du sport et même dans certains cas proposer des initiatives législatives à la Commission européenne.

Autre domaine politique d’importance pour l’UE : la promotion de l’activité physique bienfaisante pour la santé. En tant que citoyen finlandais, où l’activité physique fait partie intégrante du quotidien, quelle est votre position sur cette question ?

Olli Rehn : C’est vrai que le sport et l'exercice physique font véritablement partie de la vie quotidienne en Finlande. Nous savons que le sport contribue non seulement à la santé, mais fournit également une certaine vitalité et apporte du plaisir. Je soutiens donc vivement l'objectif de promouvoir une meilleure compréhension de l'activité physique et de son rapport à la santé et de donner une voix plus forte à sa promotion. Ensemble, avec les institutions et organisations concernées, nous devons améliorer la coordination des services et structures administrative en matière de promotion de l'activité physique.

Le projet FREE suggère que le football est un espace transnational de communication, qui contribue à l’émergence d’un véritable espace public européen. En avez-vous fait l’expérience dans votre vie d’homme politique ?

Olli Rehn : Oui, indéniablement. Je ne suis pas simplement un fan de football ; c’est véritablement un style de vie pour moi. Enfant, j’ai appréhendé l’Europe grâce aux clubs de football ! Ma vision politique de l’Europe n’est intervenue que bien plus tard.En tant que sport le plus populaire au monde, le football unit les individus, y compris les femmes et hommes politiques d’horizons différents. Le football a ce pouvoir unique de rassembler les gens de cultures, races et religions différentes en dépit de la langue, des frontières, des différences de revenus et mêmes des conflits. C’est pourquoi nous devons lutter contre le racisme et les autres formes de xénophobie dans les stades et dans la culture même du football.

L’EURO 2020 sera organisé dans 13 pays européens différents. Pensez-vous que ce type d’évènement peut former un élan pour les populations européennes ?

Olli Rehn : C’est une grande initiative qui célèbrera le 60e anniversaire du Championnat d’Europe. J’espère que cette organisation fonctionnera parfaitement sur le plan logistique. Et en effet, je pense que cela peut générer un élan pour les populations européennes. J’espère vivement que nous vivrons alors dans une Europe et un monde plus pacifique.

La Commission européenne a signé un accord de partenariat avec l’UEFA. A votre avis, quelles domaines ce partenariat devrait-il viser ?

Olli Rehn : Le partenariat engage la Commission européenne et l’UEFA à travailler ensemble dans des domaines d’intérêt communs : l’intégrité du sport, le respect des droits de l’Homme et de la dignité humaine, la non-discrimination et la solidarité. Tous ces domaines sont très importants. J’espère que, de manière générale, ce partenariat renforcera l’image du sport, fondée sur une réalité positive.

Pensez-vous que les organes dirigeants du football en Europe ont pleinement conscience des enjeux politiques, culturels et sociaux associés au sport dont ils sont responsables ?

Olli Rehn : En tant que footballeur, et fin observateur de la culture footballistique, je pense qu’il y a toujours une marge de progression à cet égard. Pour des millions de citoyens européens, le football est un élément central de leur vie. Pour certains d’entre eux, le football est même bien plus que ça ! Cela n’est pas négligeable.