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Nicolas Veron : "Nous en sommes au tout début de la réflexion pour trouver des solutions de long terme"

Actualité 12.11.2008

Subprimes, garantie des dépôts bancaires, injection de liquidités… Comment décrypter la crise financière actuelle ? Economiste chercheur au centre de recherche économique européen Bruegel, Nicolas Veron nous aide à y voir plus clair. 

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(Durée : 5'36)


 

Des racines anciennes et transatlantiques

La crise, qui occupe les grands titres de la presse européenne depuis quelques semaines s'est déclarée en réalité dès l'année dernière.

Depuis août 2007, "les marchés n'ont jamais été dans un état normal" déclare Nicolas Veron. La crise s'est amplifiée "par paliers", s'étendant des Etats-Unis, où elle est née, au reste du monde, notamment à l'Europe, révélant l'extrême interconnexion des marchés financiers américains et européens.

Face à la crise financière, des pompiers européens ou nationaux à la rescousse

carte de la zone euroLes Etats membres de la zone euro

Sur les 27 Etats membres de l'Union européenne, seuls 16 font partie de la zone euro. Qui sont-ils ? Découvrez-les grâce à la carte interactive

A l'intérieur de la zone euro, qui regroupe les 16 Etats membres de l'UE ayant adopté l'euro comme monnaie unique, la politique monétaire, "totalement commune", est entre les mains de la banque centrale européenne (BCE).

C'est donc la BCE qui a décidé et mis en œuvre la réponse de la zone euro à la crise financière. Se montrant à la hauteur du mandat qui lui est confié, elle "a pris toutes les décisions importantes depuis le début de la crise", en véritable "chef d'orchestre".

La BCE a opté pour le même type de remèdes que ses homologues hors zone euro, parmi lesquels "l'injection de liquidités" dans le système bancaire.

En revanche, étant donné qu'il n'existe pas dans l'UE de "contribuable" ni d'"impôt" européens, seuls les Etats membres sont habilités à intervenir directement dans le système financier, en participant au capital des banques nationales, par exemple. "La Commission ou le Conseil européens, eux, n'ont pas la capacité de prendre de telles décisions".

Pour prévenir la survenance de nouvelles crises financières internationales, l'économiste juge "possible que l'on ait besoin de créer des institutions entièrement nouvelles", une "autorité européenne" "chargée de surveiller le système bancaire", par exemple. Effectivement, "de plus en plus de gens pensent que cela pourrait se révéler indispensable".

"Deux réserves majeures à la constitution d'un nouvel ordre financier mondial"

Nicolas Veron le constate : "L'Europe est désunie sur ces questions." Pas prête à parler d'une seule voix ", "elle n'a pas de position commune". Par ailleurs, l'administration Bush, "sur le départ", est "décrédibilisée" et"incapable d'engager le pays". "Or, sans les Etats-Unis rien ne peut se faire" au niveau global.

De toute façon, "beaucoup de problèmes se posent non pas au niveau mondial", mais plutôt en termes "européens" ou "transatlantiques", ce qui signifie que les européens ont du pain sur la tranche pour stabiliser durablement leur système financier !

La nécessité de "solutions internationales" pour contrer "le repli sur l'espace national"

Les Etats doivent résister à la tentation de chercher isolément des solutions nationales. Celles-ci risqueraient d'entraîner "une refragmentation de l'espace financier mondial ", ce qui "ne serait dans l'intérêt de personne".

 

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