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Nicolas Sarkozy : "J'ai essayé de bouger l'Europe mais l'Europe m'a changé"

Actualité 16.12.2008

A l'occasion d'une session plénière du Parlement européen mardi 16 décembre, Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil de l'Union européenne pour encore quelques jours, est venu présenté son bilan de six mois de Présidence française de l'UE devant les eurodéputés. Si la plupart des groupes politiques ont reconnu que la PFUE a su se montrer à la hauteur face aux nombreuses crises, le président français n'a pas échappé à quelques critiques.


Le Parlement salue l'efficacité de la Présidence française ...

A l'occasion de son discours devant le Parlement européen, Nicolas Sarkozy a rappelé l'action de la France face aux crises survenues durant les six mois de Présidence française.

"Lorsque la France a commencé à exercer (...) on n'imaginait pas à l'époque qu'une guerre éclaterait entre la Russie et la Géorgie", "ni la violence de la crise financière à venir", a précisé le chef de l'Etat français.

Le Président du Parlement, Hans-Gert Pöttering a salué la gestion de ces crises par la France. "Vous avez relevé les défis de la crise Géorgie et de la crise financière", a-t-il déclaré en introduction. Il a également remercié Nicolas Sarkozy pour "l'importance" qu'il a "accordée au Parlement européen".

La plupart des groupes politiques ont également reconnu l'efficacité de la Présidence française, à l'image de Joseph Daul, président du groupe PPE-DE, qui a salué la Présidence du Conseil, "qui s'est affirmée face à la Russie et rendu possible le G20". Il s'est réjoui de voir émerger une Europe "qui prend le leadership des négociations internationales sur le climat et prend des décisions pragmatiques et rationnelles".

Graham Watson, du groupe ADLE, a même évoqué "une présidence de conte de fées", qui a montré "le pouvoir de la solidarité européenne". De même, le Président du PSE, Martin Schulz, a estimé "que l'on peut faire un bilan positif de la présidence française", jugeant que le paquet climatique est "un grand succès".

56 %

C'est la part des Français qui se disent avoir une bonne opinion de l'action de Nicolas Sarkozy à la tête de l'Union européenne, selon un sondage BVA pour Les Echos et France Inter publié le 16 décembre.

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Le bilan de la Présidence française de l'Union européenne a également été salué par José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, qui considère que le "dernier Conseil européen restera dans l'histoire de l'Union", car rarement ont été prises autant de décisions sur des sujets aussi fondamentaux. Cela a prouvé que "l'Europe est capable du meilleur".

Nicolas Sarkozy a de son côté remercié le Parlement européen pour ces six mois de travail en commun. Il a ainsi confié que "Ce fut pour la Présidence très facile, très agréable et très utile d'entretenir des contacts nombreux avec tous les groupes politiques du Parlement européen". "Tous, vous avez montré à votre manière votre volonté de faire progresser l'Europe.


 

... mais n'oublie pas d'en souligner les faiblesses

Duel dans l'hémicycle

Une fois n'est pas coutume.  Daniel Cohn-Bendit et Nicolas Sarkozy se sont à nouveau affrontés au Parlement européen. Le premier a en effet reproché au président français d'avoir "réduit le Parlement au rôle de viagra pour les gouvernements, ce qui n'est pas notre rôle". Il a en outre estimé que "personne n'a dit ici que nous voulions faire une Europe contre les nations". Sur les relations avec la Chine, il a déclaré que "les Chinois vous ont humilié". Nicolas sarkozy a immédiatement répliqué. "Dès qu'il y a une caméra de télévision vous devenez comme fou", a regretté le chef de l'Etat. "Daniel Cohn-Bendit vaut mieux que la caricature qu'il vient de donner", a-t-il ajouté. "Quand vous me parlez comme vous m'avez parlé, vous n'êtes pas européen".

Nombreux a reconnaître les bons résultats de la Présidence française du Conseil de l'UE sur d'importants dossiers, les députés européens, face à Nicolas Sarkozy, n'ont cependant pas hésité à mentionner leur désaccord sur certains points.

Ainsi, même s'il a reconnu le succès du paquet "énergie-climat", Martin Schulz a cependant relativisé le rôle de la Présidence en soulignant que la directive sur les émissions de CO2 par les automobiles, "c'est un peu de Sarkozy, mais beaucoup de Sacconi", en référence au rôle joué par le rapporteur du Parlement.

Sur le traité de Lisbonne, il a estimé que "vos concessions ne serviront à rien si en Irlande, un gouvernement courageux ne dit pas aux Irlandais de quelle solidarité les autres gouvernements ont fait preuve vis à vis d'eux, et qu'ils doivent faire preuve, à leur tour, de solidarité. Sinon, nous sommes tributaires d'un certain nombre de démagogues".

Pour Francis Wurtz, président du groupe GUE/NGL, s'est également interrogé sur le plan de relance adopté au dernier Conseil européen : "c'est une relance pour qui ? Et qui va payer cette nouvelle valse des milliards ? (...) et pourquoi les Etats qui renflouent les banques n'en prennent pas systématiquement le contrôle ?".

De même, il a estimé que l'accord sur le paquet "énergie-climat" "ne fait pas de l'Union un modèle pour autant", car il n'est "pas à la hauteur des attentes et des besoins".

Enfin, Graham Watson a reconnu comme ses collègues que "C'est sur le changement climatique que l'on vous jugera peut-être plus durement". Il a en outre invité la Présidence à "laisser l'Euro à Jean-Claude Trichet".



Sources

Nicolas Sarkozy devant les députés européens : "L'Europe a su rester unie" - 16/12/2008 - Parlement européen


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