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Nicolas Sarkozy donne le coup d'envoi de la Présidence française

Actualité 01.07.2008

Quelques heures avant le lancement de la Présidence française de l'Union européenne, le chef de l'Etat a présenté les priorités de son mandat, au cours du Journal télévisé de France 3. Pendant plus d'une heure, Nicolas Sarkozy s'est expliqué sur le contexte actuel d'une "Europe qui inquiète" et s'est engagé à améliorer l’Europe quotidienne des Français.

 

Contexte

Suivant le système de la Présidence tournante, la France succède à la Slovénie pendant six mois et précède la République Tchèque qui occupera cette fonction à partir du 1er janvier 2009.

Même si les festivités sont au rendez-vous, la Présidence démarre dans un climat de crise. Après le "non" irlandais au traité de Lisbonne, le Président polonais Lech Kaczynski a annoncé qu'il ne ratifierait pas le traité de Lisbonne, pourtant ratifié par les députés polonais et par 18 autres Etats membres.

Une déclaration qui rend la tâche encore plus ardue pour Nicolas Sarkozy qui devra faire avancer un certain nombre de dossiers importants, comme le chef de l'Etat l'a expliqué au cours de son intervention télévisée.

"Ce qu'on attend de l'Europe c'est qu'elle protège les citoyens européens"

A quelques heures du coup d'envoi de la Présidence française de l'Union européenne, le Président de la République est resté fidèle à son discours soutenu depuis plusieurs mois. La Présidence française de l’UE sera placée sous le signe de "l’Europe protection".

"Il y a eu erreur dans la façon de construire l'Europe (...). Aujourd'hui, qu'attend-on de l'Europe ? Qu'elle protège contre les risques de la mondialisation. Et ça ne marche pas", a déclaré le chef de l'Etat. Le dernier sondage BVA pour Touteleurope, publié dimanche 29 juin, traduit en effet la montée d'un sentiment de crainte des Français vis-à-vis de l'Europe. 41 % des Français seraient prêts à renoncer au traité de Lisbonne.

Pouvoir d'achat, TVA, environnement, immigration, pêche, BCE... Nicolas Sarkozy a expliqué la manière dont il entendait mener cette Présidence en balayant les principaux sujets de préoccupation des Français.

"L'inflation d'aujourd'hui (...) est due à l'explosion des matières premières. Alors [il ne faut pas] m'expliquer que pour lutter contre l'inflation, il faut monter les taux d'intérêt", a expliqué le chef de l'Etat. Par ailleurs, malgré le refus déjà exprimé par certains Etats membres, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois émis l'idée de plafonner la TVA sur les produits pétroliers pour faire face à la hausse du prix du baril.

Sur le dossier immigration, le Président français est revenu sur les accords de Schengen pour expliquer le rôle du Pacte européen sur l'immigration. La mise en place d'"une politique extérieure en matière d'immigration est l'un des objectifs ambitieux de la Présidence française. Car l'Europe ne peut pas "accueillir toute la misère du monde", a martelé le chef de l'Etat, reprenant les propos de l'ex-Premier ministre Michel Rocard. Le Président français est également revenu sur la directive retour en assurant que la France ne modifierait pas le délai actuel de rétention des étrangers en situation irrégulière qui est de 32 jours.

Enfin, critiqué sur le fait que les questions sociales ne figurent pas au programme de la Présidence française, le chef de l'Etat a justifié cette absence par le fait que ce domaine "n'est pas une compétence européenne mais une compétence nationale". "L'Europe ne doit pas s'occuper de tout, le social doit rester national".

Traité de Lisbonne : et maintenant ?

A ce jour, 19 pays ont ratifié le traité de Lisbonne. Sept Etats membres n'ont pas encore ratifié le traité de Lisbonne. Parmi eux, l'eurosceptique République tchèque.
Revenant sur le "non" irlandais, le Président de la République a expliqué que le processus de ratification du traité de Lisbonne devait continuer dans les autres Etats membres. Le chef de l'Etat a expliqué que le temps était compté et qu'il fallait respecter le calendrier européen et trouver une solution avant l'échéance des élections européennes de juin 2009.

Tout en se déclarant favorable à l'élargissement de l'Union aux Balkans, dont la Croatie, le Président a mis en garde ses partenaires européens : "il n'est pas question de continuer à élargir l'UE si l'Europe n'est pas capable de se doter d'institutions".

La déclaration du Président polonais, Lech Kaczynski, qui refuse de ratifier le traité de Lisbonne, quelques heures après l'allocution du Président français, risque de compromettre les ambitions du nouveau Président du Conseil de l'Union européenne.

 

Sources :

Intervention du Président de la République sur France 3 - 30/06/08 - Présidence de la République

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