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Mur de Berlin : les personnalités

Synthèse 08.11.2017

François Mitterrand, Helmut Kohl, "Gorby"... une présentation de tous les acteurs majeurs de ce grand moment d'Histoire.

Le mur de Berlin

Chute du mur de Berlin - Crédits : Commission européenne

Bloc de l'Est

U.R.S.S.

Mikhaïl Gorbatchev

Mickail GorbatchevDirigeant soviétique et russe de l'URSS entre 1985 et 1991, Mikhaïl Gorbatchev, dit Gorby, était un réformateur. Il mena l'URSS vers la fin de la guerre froide, et lança au niveau national une libéralisation économique, culturelle et politique connue sous les noms de Perestroïka et de Glasnost. En 1989, il annonça qu'il ne défendrait pas le bloc de l'est par les armes, ouvrant ainsi la voie au démantèlement de ce qui deviendra "l'ex-URSS". Hans-Dietrich Genscher, ministre des affaires étrangères de la RFA, appellera l'Occident à le "prendre au mot".

Impuissant à maîtriser les évolutions qu'il avait lui-même enclenchées, et ne recevant plus le soutien des puissances occidentales, sa démission sous la pression de Boris Eltsine en 1991 marqua le point final de l'implosion de l'Union soviétique.

 

République Démocratique d'Allemagne (RDA)

Erich Honecker

Allemand et communiste, cet homme politique dirigea la République démocratique allemande de 1976 à 1989. Il fut longtemps secrétaire général du Parti socialiste unifié d'Allemagne (ou SED), président du Conseil d'État de la République démocratique allemande et responsable du Conseil de défense nationale. Le 3 décembre 1989, Erich Honecker fut exclu du SED et en 1992, il entra dans le Kommunistische Partei Deutschlands, le parti communiste d'Allemagne. Lors de l'arrivée au pouvoir du président Boris Eltsine en 1991, Erich Honecker ne reçoit déjà plus le soutien de Moscou. Il se réfugie alors à l'ambassade du Chili.

En raison d'un mandat d'arrêt délivré en RFA, Honecker fut arrêté à l'ambassade chilienne et livré par des soldats russes le 29 juillet 1992. Il fut accusé d'avoir donné l'ordre d'ouvrir le feu à la frontière entre les deux Allemagnes et condamné pour homicide dans 68 dossiers. Exilé au Chili , Erich Honecker mourut le 29 mai 1994 à l'âge de 81 ans à Santiago du Chili.

 

Egon Krenz

Personnalité politique est-allemande, il fut le dernier secrétaire général du Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED). Numéro deux du régime communiste de la RDA à partir de 1984, il se bâtit une réputation de "dur" dans l'ombre d'Erich Honecker. Jusqu'au 18 octobre 1989, il avait en charge les questions de Sécurité intérieure et des cadres du parti. Ami personnel de Mikhaïl Gorbatchev, il fut président du conseil d'État de la République démocratique allemande du 24 octobre 1989 au 12 décembre 1989. Annonçant dès sa prise de fonction " une offensive politique et diplomatique ", il fit prendre des mesures pour faciliter les voyages à l'étranger des citoyens est-allemands et permit quelques débats publics à la radio. Le 30 octobre 1989, plus de 500 000 personnes réclament à Berlin-Est sa démission aux cris de " Gorby, Gorby, soutiens-nous " et demandent la création d'un mouvement indépendant sur le modèle du syndicat Solidarność. Le 9 novembre 1989, il autorisa le démantèlement du mur de Berlin.

 

Günter Schabowski

Günter SchabowskiLe matin du 9 novembre 1989, Egon Krenz, le chef du parti communiste réunit en cellule de crise les membres du Politburo pour élaborer un projet de loi qui doit faciliter les voyages vers l'ouest. Porte-parole du gouvernement, Günter Schabowski, rend public ce projet le soir même, lors d’une conférence de presse retransmise en direct par la télévision et la radio est-allemandes.

Face à une centaine de journalistes allemands et étrangers, G.Schabowski commence par évoquer des sujets généraux. Henry De Bresson, ancien correspondant du Monde et interrogé par Touteleurope.eu, nous raconte:" M. Schabowski a expliqué ses mesures. A partir du lendemain, les gens avec un passeport pourraient franchir la ligne de démarcation. Ils pourraient franchir la ligne de démarcation à Berlin, sans avoir à donner une raison pour leur départ, ce qui constituait le grand changement.Il n'était pas très rompu à l'exercice de la conférence de presse. Les journalistes étaient pressés de savoir la date d'entrée en vigueur de la mesure. "Maintenant? Vraiment à partir de maintenant?". Et M. Schabowski a répété et confirmé que cela serait possible dès le lendemain". Cette annonce, qui changeait de manière significative la politique menée jusqu'alors, a suscité l'intérêt de tous les médias de Monde. L'annonce était faites et plus rien ne pouvait enrayer la diffusion de l'information. Le soir même, les premières personnes se dirigent vers les checkpoints ouvrant les portes de l'Occident.

 

Lothar de Maizière

Lothar de Maizière fut élu en 1990 au Volkskammer, le parlement de la RDA, en tant que membre de la CDU est-allemande, au cours des premières et uniques élections libres et démocratiques qu'aura connues le pays. Il dirigea le premier gouvernement démocratiquement élu d'Allemagne de l'est et conserva ce poste jusqu'au 2 octobre 1990, au lendemain de l'intégration des Länder de la RDA à la République fédérale d'Allemagne. En tant que premier ministre, il avait négocié les détails de la réunification allemande avec son homologue de l'ouest, Helmut Kohl. Après la réunification de l'Allemagne, il fut nommé ministre fédéral avec attributions spéciales dans le gouvernement chrétien-démocrate. Accusé d'avoir travaillé pour la Stasi, il fut contraint de démissionner en 1991.

 

 

Pologne

Général Wojciech Witold Jaruzelski

Principal dirigeant de la Pologne communiste de 1981 à 1990, le Général Jaruzelski est surtout connu pour le long bras de fer qui l'opposa au syndicat Solidarnosc présidé par Lech Walesa. La répression s'avérant impuissante, il négocia finalement la transition pacifique vers la démocratie. Son ancien ennemi le remplaça à la tête du pays. Il fut nommé Premier ministre de la Pologne le de 1981 à 1985. Face à la popularité grandissante du syndicat Solidarność, il impose le 13 décembre 1981 l'état de siège. Il a ensuite présidé la Pologne entre 1989 et 1990. Il était déjà en froid avec Léonid Brejnev depuis la visite de Jean-Paul II, que le général polonais autorisa à venir malgré l'ordre contraire du dirigeant soviétique.

 

Lech Wałęsa

Lech Walesa était un électricien avant de devenir la figure emblématique de la Pologne. Sa carrière politique a débuté par son activité de dirigeant du syndicat Solidarność, premier syndicat autonome au sein du régime soviétique, qu'il fonde en 1980. Ce syndicat a rapidement fédéré les ouvriers et de nombreuses grèves ont éclaté en 1981, en particulier à Gdańsk. Lech Wałęsa, ainsi que certains membres de Solidarność, ont été arrêtés à cette occasion par les autorités du Parti ouvrier unifié polonais, parti politique au pouvoir. Son dirigeant, le Général Jaruzelski avait déclaré "l'état de guerre" au début des années 1980.

Sous la pression de Moscou, Walesa est emprisonné pendant deux ans. Libéré en 1982, il reçoit le prix Nobel de la paix en 1983. Compte tenu de son action,  Walesa devient par la suite l'un des principaux interlocuteurs du Général Jaruzelski. Catholique, sa popularité lui permet de rencontrer Jean-Paul II lors de sa visite en 1979 et dont il reçoit le soutien dès 1980.

Elu président de la République lors des élections libres de 1990, il a permis la transition vers une véritable démocratie en Pologne.

 

Europe de l'Ouest

Royaume-Uni

Margaret Thatcher

Margaret ThatcherLe premier ministre de Grande-Bretagne déclarait au lendemain de la chute du Mur " C’est un grand jour pour la liberté ". Néanmoins, M. Thatcher s’est ensuite montrée beaucoup plus critique vis-à-vis de la réunification allemande. Lors d’un déjeuner à l’Elysée en décembre 1989, la " dame de fer " se serait "déchaînée contre Helmut Kohl", selon Jacques Attali, alors conseiller spécial de François Mitterrand, dans le tome III de son livre "Verbatim". Devant le chef de l’Etat français François Mitterrand, elle aurait sorti de son sac deux cartes d’Europe: l’une découpée dans un journal d’avant-guerre, l’autre dans un journal d’après-guerre. Et de commenter : " Ils [les Allemands] prendront tout ça, et la Tchécoslovaquie ". " La réunification inquiétait réellement M.Thatcher ", confirme Hubert Védrine alors porte-parole de la présidence française, à tel point qu’elle aurait voulu l’empêcher.

 

France

François Mitterrand

Président de la République en exercice, et exerçant la présidence tournante de la Communauté économique européenne, François Mitterrand a abordé la chute du Mur avec retenue. Il s'agissait d'assurer un règlement diplomatique durable de l'effondrement du bloc de l'Est. Les archives en témoignent, il fixait au tournant du siècle le retour de l'Allemagne dans ses frontières anciennes. Il l'a dit dès 1983 à Helmut Schmidt ou à Henry Kissinger. Avec la "révolution Gorbatchev" à Moscou, Mitterrand pressent que l'Histoire s'accélère et décide d'encourager l'aspiration des peuples de l'Est à la liberté en entreprenant, dès 1988, une tournée à Varsovie, Sofia, Prague.

À l'été 1989, le rideau de fer craque à la frontière austro-hongroise. F. Mitterrand souhaite un changement "pacifique et démocratique". À Bonn, le 3 novembre 1989, il affirme qu'il n'a pas peur de "la réunification allemande". Six jours plus tard, le Mur craque à son tour et Helmut Kohl, sans consulter ses alliés, se lance dans la course à l'unité allemande. Le 6 décembre, il se rend à Kiev. M. Gorbatchev ne pourra plus rien empêcher mais "il faut aider Gorbatchev", répète-t-il à ses interlocuteurs, convaincu qu'à tout moment, la perestroïka peut être remise en cause.

Lors du Conseil européen réuni à Strasbourg le 9 décembre 1989, des thèmes fondamentaux ont été abordé, notamment l'union économique et monétaire, les droits sociaux des travailleurs et la réunification allemande. Au cours des négociations, F. Mitterrand considérait que l'Allemagne devait être au centre de la construction européenne et, dès lors, s'engager dans l'établissement d'une monnaie unique: l'écu (premier nom de ce qui deviendra l'euro). Cette position sera également adoptée par Helmut Kohl et, en 1993, l'union économique et monétaire sera lancée.

 

Roland Dumas

Roland Dumas fut ministre des Relations extérieures de 1984 à 1986, puis ministre des Affaires étrangères de 1988 à 1993 de François Mitterrand. 



République Fédérale d'Allemagne (RFA)

Helmut Kohl

Helmut KohlHelmut Kohl devient chancelier de la RFA en 1982 à la tête d’une coalition avec les Libéraux (FDP, Parti libéral) qui est reconduite après les élections de 1987. Lors de l’effondrement du gouvernement communiste d’Allemagne de l’Est en 1989, Kohl s’engage en faveur d’une rapide réunification de l’Allemagne au sein d’une alliance occidentale. Réélu chancelier en 1991, il doit faire face aux difficultés liées à la réunification, mais parvient à être reconduit dans ses fonctions en 1994. Cependant, la récession qui frappe l’Allemagne et accélère la remise en cause du modèle d’économie de marché " sociale ". L’inefficacité des mesures prises par le gouvernement pour enrayer la montée du chômage provoquent une forte baisse de sa popularité, y compris dans les Länder de l’Est qui lui étaient pourtant favorables en raison de son rôle dans la réunification.

 

Willy Brandt

Chancelier de 1969 à 1974, Willy Brandt a marqué l'histoire de l'Allemagne par sa politique étrangère, appelée l'Ostpolitik, très tournée vers la RDA et l'Europe de l'Est et commencée symboliquement par sa tombée à genoux devant le mémorial du soulèvement du ghetto de Varsovie. Ainsi, il reconnaît officiellement la RDA et entretient de bonnes relations diplomatiques avec la Pologne, l'Union soviétique et d'autres pays du bloc de l'Est. Cette politique était très largement controversée. Certains Allemands considéraient l'Ostpolitik comme illégale et comme une haute trahison. Willy Brandt obtint le Prix Nobel de la paix en 1971 pour sa politique de rapprochement avec l'Europe de l'Est et l'Allemagne de l'Est. Il démissionna de son poste le 7 mai 1974 après que ses services secrets lui révélèrent (en 1973) que Günter Guillaume, l'un de ses assistants personnels, était en fait un espion de la RDA.

 

Hans-Dietrich Genscher

Hans-Dietrich Genscher est à l'origine du renversement d'alliance qui va porter au pouvoir les chrétiens-démocrates d'Helmut Kohl, ce qui lui permet, de 1982 à 1992, de continuer à être ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier. En 1987, après l'avènement de Mikhaïl Gorbatchev, H.D. Genscher appelle l'Occident à "prendre au mot" le discours novateur du dirigeant soviétique dans sa volonté de réformes, mais en 1989, lorsqu'il refuse de moderniser les missiles nucléaires à courte portée, les pays anglo-saxons critiquent sa politique de désarmement et de coopération volontariste avec l'Union soviétique et l'Allemagne de l'Est.

Au cours de l'année 1989, H.D. Genscher transforme les départs massifs des réfugiés allemands en un succès personnel, lorsque sur le balcon de la mission diplomatique de la République fédérale à Prague, il annonce, le 30 septembre, aux réfugiés qu'ils étaient tous autorisés par la RDA à émigrer librement en RFA.