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Mobilisation en faveur des droits des femmes en Europe

Actualité 09.06.2008

En 2005, Choisir la cause des femmes a lancé une campagne à l'échelle de l'Union européenne en faveur de "la clause de l'Européenne la plus favorisée". Le but de cette démarche : prendre ce qu'il y a de meilleur pour les femmes dans chaque législation pour l'étendre à l'ensemble de l'Union. Avec d'autres membres de l'association, Violaine Lucas vient de publier une étude sur les droits accordés aux femmes dans chacun des 27 Etats membres, qui vient appuyer l'initiative en faveur de la clause. Touteleurope.fr lui a demandé où en était l'Europe en matière de droits des femmes.

Un "bouquet législatif" sur les droits des femmes en Europe

Choisir la cause des femmes

Créée en 1971 par des personnalités telles que Gisèle Halimi (photo), Simone de Beauvoir, Jean Rostand, ou Jacques Monod, cette organisation non gouvernementale indépendante de toute formation politique s'est d'abord fixée des objectifs en matière de contraception et d'avortement.
Plus largement, Choisir la cause des femmes s'attache à défendre le statut des femmes dans la société, aussi bien dans le monde du travail que dans le monde politique.

Violaine Lucas et Choisir la cause des femmes défendent le droit pour toutes les citoyennes européennes d'avoir accès aux mêmes avantages et aux mêmes acquis. La clause de l'Européenne la plus favorisée est composée des lois les plus favorables aux femmes, en vigueur dans les pays membres de l'UE. Le projet s'appuie sur l'idée simple selon laquelle si une loi est bonne et qu'elle fonctionne bien dans un pays, elle doit pouvoir être appliquée et fonctionner bien dans un autre pays de l'Union européenne.

L'association et sa présidente Gisèle Halimi se sont tournées très tôt vers l'Europe, dès les premières élections du Parlement européen en 1979. Entre temps, d'autres combats ont mobilisé Gisèle Halimi, jusqu'à ce qu'en 2005, le débat autour du référendum sur le traité constitutionnel relance l'idée d'une véritable analyse des droits des femmes dans l'UE.

L'idée d'une clause de l'Européenne la plus favorisée a été très vite relayée par des parlementaires belges et a débouché sur l'adoption d'une résolution par le Sénat belge. A la suite de ce vote, l'association a multiplié les rencontres avec des responsables européens tels que Vladimir Spidla, Franco Frattini, Graham Watson, Francis Wurtz, Daniel Cohn-Bendit et Monica Frassoni.

Le cabinet Barroso a reçu récemment des membres de l'ONG et s'est montré intéressé par la dimension sociale que comporte la clause. Pour Violaine Lucas, venir en aide aux femmes c'est venir en aide aux populations les plus défavorisées. Le projet a donc été accueilli très favorablement parce qu'il correspond à une vision nouvelle, celle d'harmoniser par le haut des lois déjà existantes.

 

Il n'y a pas un pays européen au dessus des autres

Violaine Lucas assure qu'il n'existe pas un pays européen mieux loti que les autres en matière de droits des femmes. L'Espagne, l'Estonie, la Lituanie sont citées en exemple dans des domaines précis. Mais malgré quelques succès ponctuels, globalement, on voit bien que la situation des femmes n'est pas très enviable. Par ailleurs, "la France n'est pas très bien située", bien que deux législations présentent un intérêt : celle sur le viol, dont la définition juridique est particulièrement pointue, et celle sur le droit du travail. Violaine Lucas relève cependant le retard français en matière de violences faites aux femmes.

Choisir la cause des femmes compte bien tirer profit de la Présidence française de l'Union européenne (PFUE) pour promouvoir son initiative. Ses membres sont en relation avec l'Elysée, qui encourage le projet et qui leur a proposé d'entrer en contact avec les ministres qui présideront les Conseils de l'UE pendant 6 mois.

Violaine Lucas rappelle que l'association organisera un colloque, probablement labellisé PFUE, les 27 et 28 novembre prochains, au Centre des conférences internationales de l'avenue Kléber. Jean-Pierre Jouyet devrait inaugurer l'événement et des personnalités et ministres européens et français seront présents pour discuter de la clause.