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Mihailo Papazoglu : "Une grande majorité des Serbes souhaite un rapprochement avec l'Union européenne."

Actualité 03.03.2008

La déclaration d'indépendance du Kosovo proclamée le 17 février dernier a attiré l'attention médiatique sur la naissance du nouvel Etat et la liesse de sa population. Mais du côté de Belgrade, on dénonce la sécession d'une province considérée comme le berceau de la patrie serbe. Comment la Serbie compte-t-elle faire face à cette situation ? La question kosovare risque-t-elle de compromettre son rapprochement avec l'Union européenne ? Le point sur ce dossier brûlant avec Mihailo Papazoglu, porte-parole de l'Ambassade de Serbie en France.


Du point de vue serbe, la décision du Kosovo est "un acte illégal"sur le plan international. Pour autant, Belgrade se refuse à "faire la guerre sur ses propres terres, à une population albanaise qui a la citoyenneté serbe". Un blocus économique est également exclu car la les autorités serbes "n'entendent pas infliger une crise humanitaire à leurs propres citoyens". La réponse de la Serbie  "restera sur la voie diplomatique", assure M. Papazoglu, qui ajoute : "une vingtaine d'Etats a reconnu le Kosovo. Plus de 170 ne l'ont pas fait. Je vois mal comment un pays qui n'a pas été reconnu par la majorité des Etats du monde peut s'imaginer indépendant".   

Parmi les pays qui soutiennent le nouvel Etat, 11 membres de l'Union européenne, dont la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Une telle situation ne risque-t-elle pas de perturber les négociations entre l'UE et la Serbie, visant à conclure un accord de stabilisation et d'association, première étape vers une adhésion programmée ? " C'est le choix  unilatéral des Albanais du Kosovo qui a divisé l'Europe, pas la Serbie", affirme M. Papazoglu. "Cela ne facilite pas la tâche de mon gouvernement, mais Belgrade continuera fermement sur les deux voies : la défense de sa souveraineté nationale et la poursuite des réformes qui permettront son rapprochement avec l'Union européenne".

"Une grande majorité des Serbes souhaite un rapprochement avec l'Union européenne"


L'une des conditions nécessaires à une adhésion de la Serbie est la comparution devant le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie de criminels de guerre présumés comme Radovan Karadzic et Ratko Mladic. Où en sont les recherches visant à capturer les deux fugitifs ? "On est à peu près sûr aujourd'hui que Karadzic ne se trouve pas en Serbie", affirme M. Papazoglu. Quant à Mladic, sa présence a été signalée dans divers pays des Balkans comme le Monténégro et la Bosnie. Il faut donc poursuivre les recherches dans l'ensemble de la  région. Pour le représentant serbe, cette capture "n'est pas seulement une obligation internationale, c'est aussi une obligation interne, morale, eu égard au passé récent".

Malgré les événements des dernières semaines, les sentiments de la population serbe à l'égard de l'Union européenne demeurent amicaux. M. Papazoglu  se veut rassurant sur ce point : "les sondages sont clairs, une grande majorité des Serbes souhaite un rapprochement avec l'Union européenne. La Serbie est un pays démocratique, un pays européen".

Propos recueillis le 06/03/2008