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Masques, maquillages et déguisements, l'heure est au carnaval !

Actualité 21.02.2012

Aujourd'hui, c'est mardi gras. Pour nombre d'Européens c'est un mardi comme les autres, mais pour certains ce jour reste un jour de fête où l'on se déguise et se retrouve dans les rues pour chanter, danser et parader. Arrêtons-nous quelques instants sur de cette pratique encore largement répandue en Europe. Issu de la tradition chrétienne, le carnaval (de l'italien carnevale, qui signifierait "entrée en carême") marque la dernière occasion de célébrer une nourriture riche et grasse avant le début du Carême.

Une pratique aux origines religieuses…

D'après le calendrier catholique, il débute à l'épiphanie, le 6 janvier, et prend fin à Mardi gras, dernier jour de festivités avant le Carême. Cependant les dates diffèrent selon les traditions religieuses, le protestantisme et l'orthodoxie ayant également influé sur son organisation. Ainsi s'il est avant tout célébré dans des régions où le catholicisme dominait, le Carnaval de Bâle (Suisse) constitue une belle exception à la règle où cette tradition perdure bien que le protestantisme soit dominant.

Le carnaval est aujourd'hui une pratique avant tout locale ou régionale, rares sont les pays où il est érigé en événement national. Il est néanmoins célébré dans de nombreux Etats européens : Belgique, France, Allemagne, Italie, Portugal, Grèce, Pays-Bas, Angleterre…

… qui séduit les Européens

En Allemagne, le Karneval (Fasching, Fastnacht) est très populaire dans le Sud du pays. S'il est lancé le 11 novembre à 11h11, chiffre de la déraison, il débute véritablement le jeudi qui précède Mardi gras. Dès lors, une série de défilés, parades et bals se succèdent. Le carnaval de Cologne est l'un des plus célèbres : il culmine le Lundi des roses (Rosenmontag) avec une parade de chars qui réunit plus d'un million de personnes. A Berlin, les habitants se réunissent plus tard, en mai, pour célébrer le carnaval des cultures dans le quartier multiethnique de Kreuzberg.

Le carnaval de Venise, comme son nom l'indique est une fête propre à cette ville. Il fut institutionnalisé pendant la "Renaissance" et s'inspira très largement des codes de la Commedia dell'arte, permettant aux Vénitiens pendant douze jours d'échanger leurs rôles sous couvert des masques qui font sa réputation. Il est aujourd'hui célèbre pour le faste et la beauté des costumes, générant un flux touristique important.

En Belgique et dans le Nord de la France, le carnaval est également très largement célébré. A Dunkerque, les carnavaleux, déguisés et maquillés, défilent en "bandes" dans les rues derrière la musique (tambours, fifres, cuivres, grosses caisses), conduite par un tambour-major. Les bandes composent la parade. Des bals sont également organisés. Le carnaval de la ville de Binche est le carnaval le plus célèbre de Belgique, pays où cet événement est particulièrement bien représenté. Il a été reconnu chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'UNESCO en 2003. Célébré dans la région du centre, le Mardi gras en est l'apogée. Débutant dès l'aube, les personnages (Gilles, Arlequin, Paysans, Pierrots…) qui forment les sociétés de "fantaisie" se réunissent pour danser sur la Grand'Place puis déambuler dans la ville. Ces personnages caractérisés par des costumes et des cortèges qui leurs sont propres symbolisent l'égalité et la liesse.

En Grèce, on célèbre également l'«Apokries», période où l’on mange, boit, danse et se déguise. Cette tradition s'inspire notamment des fêtes antiques de Dionysos. Le carnaval de Patras est l'un des plus célèbres, notamment pour sa parade des enfants.

Peut-on y voir là quelques éléments d'une culture européenne commune ? Sans doute. Quelques soient ses origines, le carnaval demeure en Europe avant tout une période de fête, où les codes se trouvent bousculés et l'égalité érigée en leitmotiv pour le plus grand plaisir des participants.