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Magnus von Horn, réalisateur du Lendemain : futur grand nom du cinéma scandinave ?

Actualité 27.05.2016

A 33 ans, Magnus von Horn, cinéaste suédois installé en Pologne signe avec Le Lendemain, en salles le 1er juin, son premier long-métrage. Histoire tragique d'un garçon tout juste sorti de prison après avoir commis un grave crime qui peine à retrouver sa place dans la société, le film a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes en 2015.

 

Présent au Cinéma des Cinéastes à Paris pour une avant-première de son film, Magnus von Horn a répondu aux questions de Touteleurope.eu.

Image du Lendemain, réalisé par Magnus von Horn

Un Suédois en Pologne

Originaire de Göteborg, Magnus von Horn a traversé la Baltique pour aller faire ses classes de metteur en scène à la prestigieuse école de cinéma de Lodz. Elève doué, rapidement remarqué pour ses court-métrages projeté dans de nombreux festivals, dont celui de Sundance, c'est en travaillant sur son documentaire de fin d'études que l'histoire du Lendemain (The Here After en anglais) lui apparaît.

Magnus von Horn consulte alors nombre de rapports d'enquêtes judiciaires concernant des crimes commis par des adolescents. L'une d'entre elles relate le meurtre d'une jeune fille par son petit ami de 15 ans, parce qu'elle est tombée amoureuse d'un autre. Derrière la procédure et les détails probablement sordides, le réalisateur verra un garçon timide et surtout jeune.

L'intrigue du Lendemain est très proche de ce fait divers. Et plus que le crime en lui-même c'est le retour à la vie normale qui a intéressé Magnus von Horn. Comment la petite communauté éloignée des grandes villes suédoises va-t-elle accueillir ce jeune homme qui a payé sa dette à la société, mais dont le passif n'a évidemment pas été oublié ? "C'est un conte à propos de personnes déconnectées émotionnellement", précise le metteur en scène. "Tout le monde se sent coupable, mais l'admettre signifierait prendre une part de responsabilité qui ne peut en réalité être évitée".

Rencontre avec Magnus von Horn

Jeune réalisateur bien entouré

Projet difficile et ambitieux, surtout pour un premier film, Le Lendemain n'est, de toute évidence, "pas un blockbuster", comme le reconnaît volontiers Magnus von Horn. Dans ces conditions, multiplier les sources de financement a été indispensable. Le multiculturalisme du réalisateur fut à cet égard un atout.

L'équipe technique du film est dès lors majoritairement polonaise avec, notamment, Lucasz Zal comme directeur de photographie. Egalement passé par l'école de Lodz, ce dernier a constitué un élément de poids car tout juste auréolé du succès mondial d'Ida, Oscar du meilleur film étranger et Prix Lux 2014, loué entre autres pour sa superbe lumière. Tandis que le casting est principalement suédois, avec le jeune chanteur à succès Ulrik Munther dans le rôle principal. Choisir un néophyte était une demande expresse de Magnus von Horn, qui finalement a opté pour quelqu'un à la notoriété déjà établie en qui il a vu, derrière "une gueule d'ange, une fêlure" faisant écho au personnage.

Enfin, pour la production, c'est notamment Madeleine Ekman, l'une des deux fondatrices de Zentropa Productions, qui a soutenu le film. Soit probablement la meilleure chose qui puisse arriver à un auteur scandinave, dans la mesure où c'est cette société qui a produit les films du Danois Lars von Trier (Dancer In The Dark, Dogville, Nymphomaniac…), ou encore La Chasse de Thomas Vinterberg et A Royal Affair de Nikolaj Arcel, tous deux avec Mads Mikkelsen.

 

Interview réalisée en partenariat avec Cineuropa