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Libye : vers l'effondrement du régime du colonel Mouammar Kadhafi ?

Actualité 23.08.2011

Alors que les insurgés libyens ont pris dimanche 21 août le contrôle de Tripoli, la capitale du pays, la fin du colonel Mouammar Kadhafi semble de plus en plus proche. Mais la résistance persistante des partisans du colonel, sa difficile arrestation alors qu'il demeure introuvable ainsi que la réapparition à la télévision de Saïf Al-Islam, l'un de ses fils, en homme libre quand on le croyait pourtant aux mains des rebelles libyens, -rappelle que tout n'est pas encore joué.

Samedi 20 août au soir, la résistance libyenne a lancé l'opération "Sirène", destinée à récupérer la capitale Tripoli et isoler Kadhafi jusqu'à sa capitulation ou son départ.  Dans ce but, des rebelles sont arrivés par mer et par voie terrestre, avec l'appui aérien de l'OTAN. C'est ainsi qu'en une nuit seulement, la situation de Tripoli a complètement basculé, alors que les insurgés investissaient peu à peu la ville. De grands symboles du régime sont même tombés aux mains des rebelles, comme la "place verte", lieu de réunion traditionnel des partisans du régime de Kadhafi, aussitôt rebaptisée "place des martyrs" ou encore les locaux de la télévision d'Etat.

Partout des scènes de liesse et de joie s'en sont suivies, redoublées par les rumeurs d'arrestation d'un des fils de Kadhafi, Saïf Al-Islam.

Cette percée dans les bastions kadhafistes a suscité de nombreuses réactions. Les responsables politiques européens, c'est-à-dire la  haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Catherine Ashton, le président de la Commission José Manuel Barroso et le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, ont tous trois demander au colonel de se retirer immédiatement et d'accepter la volonté du peuple, tout en rappelant que l'Union européenne continuerait de "soutenir le pays dans sa transition démocratique et sa reconstruction économique".

En France, Nicolas Sarkozy a pris contact lundi 22 août avec Mahmoud Jibril, le Premier ministre du Conseil national de transition (CNT), instance politique des insurgés, et l'a convié à venir à Paris dès mercredi 24 août. Si le président français était ces temps-ci sous le feu des critiques pour sa décision d'intervention en Libye, il a été finalement félicité par de nombreux responsables politiques, y compris au sein de l'opposition.

La Chine a affirmé mardi 22 août vouloir garder des liens économiques et commerciaux "mutuellement bénéfiques" avec la Libye.

Des pays comme le royaume du Bahreïn, le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes ont annoncé le même jour qu'ils reconnaissaient le CNT.

L'Iran a de son côté félicité le "peuple musulman libyen", affirmant l'importance du respect des aspirations des peuples.

Mais si l'on peut noter une véritable avancée de la résistance libyenne, la victoire n'est pas encore complète, comme l'a souligné le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé mardi 22 août.

Le fait est que les combats persistent çà et là, dans la capitale (autour notamment de Bab Al-Azizia) comme dans le pays entier (l'OTAN ayant fait été de tirs de missiles par les partisans de Kadhafi dans les environs de Syrte en direction de Misrata, ville aux mains des insurgés).

De même, Saïf Al-Islam, dont le CNT et la Cour pénale internationale avaient annoncé l'arrestation lundi 22 août, est apparu libre à la télévision le soir même. Il a tenu à s'entretenir avec les journalistes étrangers afin de démentir les rumeurs courant à son sujet et montrer que le régime libyen n'était pas vaincu. Il a par ailleurs déclaré que son père se trouvait en lieu sûr à Tripoli.

Kadhafi qui, précisément, demeure pour le moment introuvable, bien qu'on le soupçonne de s'être retranché dans sa résidence du complexe Bab Al-Azizia, toujours aux mains des loyalistes. Selon la chaîne de télévision al-Arabiya, les rebelles ont déjà tenté de donner l'assaut sur le complexe.