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Les vingt idées de Beppe Grillo

Actualité 27.02.2013

Il est le grand vainqueur des élections législatives italiennes et il décidera si le pays doit se rendre aux urnes à nouveau ou s'il est possible de former un gouvernement. Le Mouvement 5 étoiles du comédien Beppe Grillo a aujourd'hui les cartes en main. Les médias l'accusent d'être antipolitique, démagogue, populiste, antidémocrate et eurosceptique, mais quel est réellement le programme de ce mouvement ?

Le Tsunami au parlement : vers une alliance Bersani-Grillo ?

Beppe Grillo n'imaginait peut-être pas remporter 25% des voix à la fin de son "Tsunami Tour", le voyage en camping-car qu'il a mené autour de l'Italie. Pourtant, au lendemain des élections générales, c'est à cet ancien comédien de Gênes que le Parti démocrate s'adresse pour former le nouveau gouvernement. "Que Grillo dise ce qu'il veut faire maintenant", l'a exhorté hier Pier Luigi Bersani, lors de sa première conférence de presse après le scrutin. Alors qu'une alliance avec Berlusconi est "hors de question" selon le leader gauchiste, le soutien des grillini est envisageable. La réponse (brutale) de Grillo ne s'est pas fait attendre : "Bersani est un mort qui parle", lit-on sur le blog du comédien. Une référence à la smorfia, le "livre des songes" napolitain.

Les paroles de Grillo pourraient paraître sans appel, mais les négociations viennent en réalité de s'ouvrir. Parmi les plus de 2500 commentaires qui suivent le billet du comédien, la plupart sont en désaccord avec le porte-parole du Mouvement. "Grillo, explique-moi, elle est où la cyber-démocratie si c'est toi qui décides de l'alliance gouvernementale ?", écrit Patrick, dont le commentaire récolte quelques 250 votes. "Préparons un programme commun avec le Parti démocrate", dit Matteo, fort de près de 400 votes. S'il ne veut pas perdre le contact avec sa "base", Grillo devra revoir sa position sur l'éventuelle alliance avec la gauche.

Et si alliance il y a, le Parti démocrate devra être prêt à se confronter au programme du Mouvement cinq étoiles. De l'abolition du financement public des partis politiques au référendum sur l'euro, voici les vingt propositions principales contenues dans le programme des grillini.

L'introduction d'un revenu de citoyenneté. Il s'agit d'un salaire minimum, similaire au RSA, qui serait élargi à tous les citoyens qui ont la citoyenneté italienne.

Des mesures immédiates pour les PME et les TPE.

Une loi anti-corruption plus forte.

La numérisation et la simplification de l'Etat.

L'abolition du financement public des partis politiques.

L'introduction d'un "polito-mètre"
,  un système pour mesurer les éventuels détournements d'argent des hommes politiques pendant les 20 dernières années.

L'introduction du référendum prépositif et sans quorum nécessaire. A ce jour les Italiens ne peuvent proposer que des référendums abrogatifs, pour abroger une loi existante.

Un référendum sur la sortie de l'euro.

L'obligation de discuter et de voter au parlement toute loi proposée par les citoyens.

La création d'une seule chaîne télévisée publique, sans publicité et indépendante du gouvernement. Actuellement, le gouvernement nomme le conseil d'administration de la RAI.

L'élection directe des parlementaires à la Chambre des députés et au Sénat. Selon la loi électorale en vigueur, les Italiens peuvent voter pour un parti mais ils n'ont pas la possibilité d'indiquer le nom de leur candidat (la liste des candidats étant établie par les partis).

L'introduction d'une limite maximum de deux mandats pour les élus. Il propose également l'interdiction d'exercer une autre profession durant le mandat électoral et de cumuler plusieurs charges. Tout citoyen qui a été condamné civilement ou pénalement ne peut pas être élu.

Une loi sur le conflit d'intérêts. Depuis 1994, date de la première élection de Silvio Berlusconi, la gauche italienne assurait vouloir promulguer une loi de ce type. Elle n'a pourtant jamais été votée.

La réintroduction des financements des secteurs de la Santé et de l'Education publique (réduits récemment).

L'abolition des financements publics de la presse.

L'accès gratuit à Internet pour tous les citoyens.

L'abolition de l'impôt foncier (IMU) sur la première maison de propriété, introduite en 2011.

L'interdiction de recours à l'hypothèque de la maison principale pour garantir un prêt.

La suppression des province, les 110 départements italiens. Cette réforme a été souvent annoncée mais jamais mise en place. Le Mouvement propose également de fusionner entre elles les municipalités limitrophes qui ont moins de 5000 habitants. 

L'abolition d'Equitalia, la société publique créée en 2007 et chargée de percevoir les impôts et les taxes.


En savoir plus

Le programme complet du Mouvement cinq étoile en italien [PDF]