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Les villes du Plat Pays

Actualité 21.07.2014

Toscane, Andalousie, Croatie : trop facile, trop convenu, trop chaud. Non, mieux vaut aller vers le nord, dans une région tempérée. Où les gens ne parlent pas tous la même langue, ont un humour qui décape et ont le sens de l’hospitalité. Ils sont ces voisins dont on aime se moquer, mais peut-être parce qu’on envie leur simplicité et leur gentillesse. La Belgique.

Tapis de fleurs de Bruxelles en 2012

Bruges, Bruxelles, Gand, Anvers

Les touristes connaissent surtout la Belgique pour ses villes. La Venise du nord est un grand classique. Elle se visite en un week-end et offre un parfait aperçu de l’architecture et de la culture flamande. On peut marcher sur les traces de Colin Farrell dans Bons baisers de Bruges en gravissant les 366 marches du Beffroi, haut de 83 mètres et dominant magnifiquement la Grand Place. Ou on peut bien sûr aller stimuler sa fibre européenne en visitant le prestigieux Collège de Bruges, établissement regroupant quelques-uns des meilleurs étudiants européens se destinant aux plus hautes fonctions à Bruxelles.

Avec le Thalys, les voyageurs pourront accéder à la majeure partie des grandes villes belges. Pour les moins fortunés, il existe également des trains régionaux, efficaces, fréquents et bon marché. Sur place, il est inutile, voire déconseillé, de se déplacer en voiture. Les centres historiques sont plutôt petits et la circulation est difficile. Préférez la marche ou la location de vélos.

Bruxelles justement. Capitale de la Belgique et, par procuration de l’Europe. A plus forte raison encore que Strasbourg, Bruxelles est le centre d’attention des 28 Etats membres. Le Parlement européen y vit environ 25 jours par mois. Les réunions du Conseil européen s’y tiennent. Et le nom de la capitale est aujourd’hui même un raccourci pour désigner ce qui concerne l’UE. Si le quartier des institutions ne présente que peu d’intérêt, en raison surtout des travaux permanents, ce n’est pas le cas du reste de la ville. A architecture variable, Bruxelles se vit plus qu’elle ne se visite. Hormis la célèbre Grand Place ou les Galeries Saint-Hubert, extrêmement connues, il est plus intéressant d’aller dans les quartiers où vivent les autochtones. Les Marolles, lieu des antiquaires et des puces, anciens bas-fonds de la ville. Saint-Gilles, où les cafés se nomment Maison du peuple, Brasserie de l’Union ou Potemkine. Ou Flagey, la grande place à l’allure soviétique où cohabitent Français expatriés, amateurs de troquets typiques bruxellois et résidents huppés des immenses appartements jouxtant les étangs d’Ixelles.

Du 14 au 17 août 2014, comme tous les 2 ans, un tapis de fleurs sera installé sur la Grand Place de Bruxelles (voir photo). 120 volontaires disposeront 1 million de bégonias – 300 par mètre carré. Le thème de cette année est dédié aux 50 ans de l’immigration turque en Belgique et la création sera inspirée des kilims (tapis persans).

Avec quelques jours supplémentaires, les déplacements à Gand et Anvers valent également le détour. Les deux places fortes de la Flandre et de la communauté néerlandophones. La première est une sorte de Bruges où l’on aurait substitué les touristes par des étudiants. Aux portes des Pays-Bas, à Gand, tout le monde se déplace en vélo et les canaux s’immiscent entre les bâtiments historiques. Très agréable de se perdre dans le dédale de l’ancien quartier juif ou encore de flâner dans les magasins de décoration ou sur le marché aux fleurs. Quant à Anvers, la peut-être future capitale de Flandre est nettement plus trépidante. Définitivement l’un des centres économiques de la Belgique, avec le quartier des diamantaires – microcosme de trois rues – ou encore les maisons mères de nombreux couturiers de renom. Dépaysant, on y entend encore moins le français qu’à Gand et les bords de l’Escaut donnent un aperçu de l’immensité des ports de la mer du Nord balayés par les vents.