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Les Roumains et Bulgares libres de travailler dans toute l'UE

Actualité 08.01.2014

Depuis le 1er janvier 2014, les citoyens roumains et bulgares sont libres de travailler dans l'ensemble des Etats de l'UE sans avoir besoin d'un permis de travail. En effet, les neuf pays qui avaient appliqué des mesures transitoires à la Bulgarie et à la Roumanie depuis 2007 ont levé leurs restrictions. Quels seront les conséquences concrètes de cette mesure ? Y aura-t-il une "vague d'immigration" comme l'annoncent certains hommes politiques ?

 

passeport roumanie (c) istock

Neuf pays lèvent leurs restrictions

Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Luxembourg, Malte, Pays-Bas et Royaume-Uni. Voilà les Etats membres dans lesquels les Roumains et les Bulgares pourront maintenant exercer une activité professionnelle sans devoir obtenir un permis de travail. Il s'agit des neuf pays qui avaient choisi d'appliquer de mesures transitoires au moment de l'entrée de Bucarest et Sofia dans l'UE, en 2007. Les autres 19 Etats membres ne prévoyaient pas de restrictions aux ressortissants bulgares et roumains.

"Les citoyens bulgares et roumains étaient déjà en mesure de travailler librement et sans restriction dans les 19 Etats membres qui avaient choisi de ne pas appliquer de mesures transitoires, et ils bénéficieraient évidemment du droit de voyager et de résider dans l'ensemble des Etats membres", a rappelé László Andor, commissaire européen à l’Emploi, aux affaires sociales et à l’inclusion. "C’est ainsi que plus de trois millions de ressortissants bulgares et roumains vivent aujourd'hui dans d’autres Etats membres", a ajouté le commissaire dans le communiqué de presse publié le 1er janvier 2014.

Selon l'INSEE, quelques 66 000 Roumains résident en France (2010) : un chiffre très modeste par rapport à d'autres Etats membres. En Italie, par exemple, les Roumains sont plus de 823 000 (2011), représentant ainsi la première communauté étrangère dans le pays. Selon l'ISTAT, l'institut de statistique de Rome, la population roumaine ne comptait que 74 000 personnes dix ans plus tôt (2001).

Vers une vague d'immigrés ?

A coups de campagne

En janvier 2013, le quotidien anglais The Guardian  rapportait que le gouvernement britannique envisageait une campagne publicitaire négative pour décourager l'immigration au Royaume-Uni.

Quelques jours plus tard, le site roumain gandul.info lançait sa propre campagne, pour convaincre les Britanniques de partir en Roumanie.

"Chers amis britanniques, j'arrive !", écrit une célèbre blogueuse de Sofia sur le site du quotidien bulgare 24 Tchassa (traduit par le Courrier International). "Chers concitoyens britanniques et allemands, bonjour. Ce petit mot pour vous informer que, à partir du 1er janvier, je compte vivre à vos crochets", ironise la blogueuse sous le pseudonyme de Lola Montesquieu. Avec la fin de ces restrictions de travail, le 1er janvier 2014 est devenue une date symbolique dans certains pays de l'Union, notamment au Royaume-Uni, où l'on craint une "vague d'immigration".

"Selon un maire en Roumanie la moitié de ses habitants pourrait partir. C'est seulement le UKIP qui demande pourquoi on prend ce risque ?", a affirmé l'eurodéputé Nigel Farage le 11 novembre 2013. Pour le leader du UKIP (United Kingdom Independence Party), la levée des restrictions provoquera une arrivée massive de citoyens bulgares et roumains attirés par les meilleures conditions de vie au Royaume-Uni. "A leur place, je préparerais mes valises demain", poursuit l'homme politique britannique.

Le 1er janvier, deux députés britanniques (Keith Vazet Mark Recklessse) se sont même rendus à l'aéroport de Luton (Londres) pour rencontrer les premiers immigrés arrivant de l'Est. Cependant, dans l'avion provenant de Roumanie la plupart des passagers habitaient déjà au Royaume-Uni et rentraient de vacances. Les deux élus, tout comme les journalistes qui étaient venus assister à l'évènement, ont pu faire la connaissance de deux jeunes Roumains qui arrivaient effectivement pour la première fois.

"L'Europe est donc sur le point de vivre une nouvelle grande vague migratoire depuis l'Est ?", s'interroge le magazine britannique The Economist. La dernière "vague" citée par l'hebdomadaire londonien est celle des Polonais qui ont rejoint le Royaume-Uni après l'entrée de Varsovie dans l'UE (2004). A l'époque, "seuls trois grands pays (Royaume-Uni, Irlande et Suède) avaient ouvert leur marché du travail et l'économie britannique était en plein boom", précise The Economist. En outre, poursuit le magazine, la population de la Roumanie (21 millions) et de la Bulgarie (7 millions) est inférieure à celle de la Pologne (39 millions) et l'économie roumaine est en croissance. Difficile, donc, d'imaginer une vague d'immigrés pauvres.

En France, enfin, près de 300 métiers étaient déjà ouvert aux travailleurs bulgares et roumains. Pour exercer l'une de ces professions, jugées en pénurie de candidats, les ressortissants des deux pays étaient exemptés du titre de séjour et d'une autorisation de travail.