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Les projets très (trop?) ambitieux du duo Merkel-Hollande

Actualité 24.01.2013

Cela ne vous a pas échappé : l'anniversaire des 50 ans du traité de l'Elysée a accaparé les médias français et allemands ces derniers jours. Placées sous le signe de la coopération et de l'unité (faut-il encore parler de rapprochement, au vu des dizaines de rencontres organisées ces dernières années entre les présidents français et la chancelière allemande), ces célébrations ont notamment été marquées par un Conseil des ministres franco-allemand et par deux discours solennels devant les parlementaires français et allemands réunis au Bundestag.

Lors de ces deux déclarations communes prononcées mardi, les chefs d'Etat allemand et français ont tenu à délivrer un message commun, et fédérateur, à défaut d'être fédéral. Le premier texte veut rappeler "le rôle moteur du couple franco-allemand" dans l'Union, tandis que le deuxième, beaucoup plus exhaustif, détaille sur près de 75 articles les actions concrètes que devront mener la France et l'Allemagne dans les prochaines années. Parmi elles, une augmentation des moyens financiers accordés à l'OFAJ, l'Office Franco-Allemand pour la Jeunesse, ainsi qu'un soutien accru aux filières d'éducation secondaire et supérieures bilingues, dont le double diplôme Abibac qui pourrait être élargi à certains cursus technologiques et professionnels.


Pour ceux qui souhaitent pratiquer la langue de Goethe, ou s'intéressent à la culture allemande, l' AbiBac, le baccalauréat bilingue français-allemand, et l'Office Franco-Allemand pour la Jeunesse, sont faits pour vous.
Pôle emploi commun et partenariat social renforcé

Mais le Président de la République et la Chancelière allemande ne se sont pas arrêtés aux simples échanges culturels déjà existants. Le troisième chapitre du texte, à caractère économique, fait l'apologie d'une forme renouvelée de partenariat entre les deux pays. Une des idées fortes est notamment de mettre en place "un groupe de travail consultatif franco-allemand qui proposera des initiatives conjointes dans le domaine de la compétitivité ainsi que du modèle social". La création d'une forme de Pôle emploi commun, ainsi que la mise en place d'un "parquet européen", font également partie des projets ambitieux présentés mardi par François Hollande et Angela Merkel.

Cependant, à la suite de ces deux discours, la presse s'est émue du manque d'informations et du caractère extrêmement flou du montant des dotations allouées à l'ensemble de ces programmes au combien onéreux. Jusqu'à dire que ces projets ne verront pas le jour avant plusieurs dizaines d'années, il n'y a qu'un pas…

France-Allemagne, le couple re-bâtisseur ?

Mais ces discours ne comportaient pas que des idées culturelles révolutionnaires et hautement ambitieuses. Il a aussi été question de renforcer l'union économique et monétaire européenne, et ce avant la fin du mois de juin 2013. Sans décliner précisément les mesures qui seront présentées conjointement au prochain conseil européen, Angela Merkel a notamment mis en avant "une coopération plus étroite des politiques économiques, avec pour objectif la sécurité sociale et l'emploi" tandis que son homologue français a insisté sur l'importance pour la zone euro de retrouver une croissance économique fiable et durable.
Revivez le discours solennel de François Hollande au Bundestag sur le site de l'Elysée


Ces célébrations ont également été l'occasion pour le président de la République de réaffirmer la place prépondérante du couple franco-allemand dans la construction et l'approfondissement de l'Union. Le président Hollande a ainsi souligné que l'amitié entre les deux pays était "indissociable de la construction européenne". Et malgré les divergences idéologiques qu'il partage avec la chancelière allemande, le chef de l'Etat a tenu à rassurer ses partenaires européens sur la bonne entente qui règne dans ce nouveau couple politique : "le courant passe sans qu'il y ait besoin de mettre de l'électricité", a-t-il même avoué durant la conférence de presse. Pourtant, la situation économique des pays du Sud de l'Europe nécessiterait bien de rallumer les fusibles, et de mettre un "coup de boost" dans cette union économique affaiblie par l'échec des politiques d'austérité budgétaire. Reste à savoir si la chancelière allemande acceptera un tel changement de cap.

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