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Les groupes du Parlement européen : Renew Europe (RE)

Synthèse 13.08.2020

Que défend le groupe centriste et libéral au Parlement européen ? Quelles sont les forces qui le composent ? Quel poids ont-elles dans leurs pays respectifs ? 

Dacian Cioloș, chef de file de Renew Europe au Parlement européen

Dacian Cioloș, chef de file de Renew Europe au Parlement européen - Crédits : Pietro Naj-Oleari / Parlement européen

98 élus, 22 pays

Le groupe Renew Europe (RE) est le successeur direct de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE). Rejointe par les élus français de La République en marche (LaREM) et leurs confrères roumains de la liste USR-PLUS (Union Sauvez la Roumanie et Parti de la liberté, de l'unité et de la solidarité), la nouvelle formation centriste créée le 12 juin 2019 s'impose comme la troisième force politique du Parlement européen, après un bond de 31 sièges par rapport à la précédente mandature. Ses 98 élus représentent désormais près de 13,9 % des eurodéputés.

Si la Française Nathalie Loiseau a d'abord été pressentie pour prendre la tête du groupe, c'est finalement le Roumain Dacian Cioloș qui a été désigné président. Cet élu du parti PLUS avait précédemment été Premier ministre de la Roumanie et commissaire européen à l'Agriculture. Le groupe compte en outre 8 vice-présidents, dont le Français Dominique Riquet.

Renew Europe rassemble des élus de 22 Etats européens. Seuls les Etats d'Europe du sud (Chypre, Malte, le Portugal et la Grèce) ainsi que la Pologne ne comptent pas d'eurodéputés centristes.

Avec 23 eurodéputés, la délégation française est la plus importante du groupe RE. Elle est suivie des délégations roumaine (USR-PLUS) et espagnole (Ciudadanos), qui comptent respectivement 9 et 8 eurodéputés.

Faiseurs de roi

Loin derrière les deux groupes de tête, le PPE (droite traditionnelle) et le S&D (sociaux-démocrates), Renew Europe possède tout de même un pouvoir d'influence non négligeable sur l'assemblée. Etant devenus, en quelque sorte, les faiseurs de roi de l'hémicycle, ils pourront souvent apporter le nombre de voix nécessaires aux sociaux-démocrates et aux conservateurs pour faire passer leurs textes.

Le groupe défend une vision fédéraliste de l'Europe, favorable à un approfondissement de la construction européenne.

Bien que les partis qui le composent adoptent des positions politiques diverses, les eurodéputés libéraux partagent par ailleurs certaines valeurs comme la défense des libertés individuelles.

De 2014 à 2019, quelle évolution des suffrages ?

Plusieurs partis nationaux ont enregistré de fortes percées électorales lors des européennes de mai 2019.

En France, La République en marche a réalisé un score de 22,5 % des voix. La formation, créée en 2016, a bouleversé le paysage politique et a entraîné une forte percée du centre, jusqu'ici représenté par l'UDI et le Modem, partis minoritaires. Lors de la mandature précédente, l'ADLE ne comptait ainsi que 7 élus français.

En Roumanie, l'alliance centriste roumaine a rassemblé 21,5 % des électeurs. Ces derniers se sont ainsi massivement détournés du traditionnel clivage gauche-droite. En 2014, seul un candidat indépendant qui avait recueilli moins de 7 % des voix faisait partie de l'ADLE.

Ciudadanos en Espagne n'avait remporté qu'à peine plus de 3 % des suffrages en 2014 contre 12 % en 2019, faisant passer le parti de 2 à 7 eurodéputés.

Dans les autres Etats, les variations observées sont moindres.