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Les groupes du Parlement européen : Les Verts/Alliance libre européenne (ALE)

Synthèse 03.07.2019 Marianne Lazarovici

Que défend le groupe écologiste et régionaliste au Parlement européen ? Quelles sont les forces qui le composent ? Quel poids ont-elles dans leurs pays respectifs ?

Philippe Lamberts et Ska Keller, coprésidents des Verts/ALE au Parlement européen

Philippe Lamberts et Ska Keller, coprésidents des Verts/ALE au Parlement européen - Crédits : Didier Bauweraerts / Parlement européen

74 élus, 16 pays

Le groupe des Verts/ALE existe depuis 1999 et s'impose pour la nouvelle mandature comme la quatrième force du Parlement européen. Plutôt orienté à gauche, le groupe rassemble forces écologistes et forces régionalistes en faveur de l'auto-détermination des minorités.

Il s'agit en effet d'un groupe assez divers, qui compte par exemple un élu du parti fédéraliste et paneuropéen VOLT, mais aussi 3 eurodéputés du parti pirate tchèque, ou encore un élu du parti satirique allemand die Partei. 

Les Verts/ALE totalisent près de 10 % des eurodéputés, avec 74 élus sur 751. Ces derniers proviennent de 16 des 28 Etats membres, dont très peu d'Europe de l'Est.

Les députés d'un même pays peuvent être issus d'un seul ou de plusieurs partis, coalisés ou non dans une même liste lors des élections européennes.

Afin de respecter la parité homme-femme, la présidence du groupe est bicéphale. Comme lors de la législature 2014-2019, ce sont l'Allemande Ska Keller, membre de l'Alliance 90/Les Verts et le Belge Philippe Lamberts, membre du Parti écolo, qui assurent la coprésidence.

La délégation allemande, avec 25 élus, dont 21 du parti Die Grünen, est la plus importante. Elle est suivie de la délégation française (Europe Ecologie-Les Verts) qui remporte 12 sièges. Les Britanniques représentent quant à eux la troisième délégation du groupe, avec 11 élus du Green Party mais aussi du SNP, le parti indépendantiste écossais, et de Plaid Cymru, le parti indépendantiste gallois.

Les autres Etats représentés au sein du groupe arrivent loin derrière, avec notamment trois élus chacun pour la République tchèque, la Belgique et les Pays-Bas.

Priorités politiques

Bien que rassemblant des sensibilités politiques différentes, les Verts/ALE ont, au Parlement européen, des priorités bien définies et un vote généralement très homogène.

Le groupe défend une conception écologique de l'économie, le développement durable (énergie, agriculture…) et s'oppose ainsi régulièrement à la négociation de traités de libre-échange comme le CETA. Toutefois, la justice sociale et fiscale font aussi partie des priorités des Verts/ALE, plutôt marqués à gauche de l'échiquier politique.

Par ailleurs, le groupe s'engage pour plus de transparence et de démocratie en Europe, et plusieurs de ses eurodéputés soutiennent les mouvement régionalistes et indépendantistes, comme par exemple en Ecosse ou en Catalogne.

 

De 2014 à 2019, quelle évolution des suffrages ?

Disposant d'une cinquantaine de sièges depuis 1999, le groupe Verts/ALE connaît en 2019 une progression importante, que l'on peut attribuer à la montée des préoccupations climatiques en Europe. Il réalise un score particulièrement haut, gagnant 24 sièges par rapport à la mandature précédente.

En Allemagne, le score de Die Grünen a quasiment doublé - de 10,7 % à 20,5 %, plaçant le parti Vert devant les sociaux-démocrates du SPD. Alors qu'elle dominait déjà le groupe en 2014 avec 13 élus, la délégation allemande en compte aujourd'hui 25.

En France, Europe Ecologie-Les Verts gagne presque 5 points entre 2014 et 2019, ce qui lui permet de doubler son nombre d'eurodéputés (de 6 à 12).

Une hausse que l'on peut également observer au Royaume-Uni, où les Verts enregistrent 11,7 % en 2019 contre 7,6 % en 2014 et progressent ainsi de 6 à 11 élus.

Dans les autres Etats européens, les écologistes et les régionalistes ne dépasse pas les 3 sièges - bien que par exemple, en Belgique les partis verts flamand et wallon cumulent plus de 15 % des suffrages.