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Les enfants européens sont-ils imprudents en ligne ?

Actualité 21.08.2007

La Commission a commandé une étude qualitative afin de mieux orienter les politiques de communication à destination des enfants quant aux risques liés à l'utilisation d'Internet ou de la téléphonie mobile. Il en ressort  que les actions de sensibilisation, visant à faire prendre conscience aux enfants des conséquences de leurs actes, doivent être préférées aux opérations d'information au sens strict.

Des enfants utilisateurs fréquents d'Internet et de la téléphonie mobile

Les enfants qui ont participé à cette étude se sont montrés très familiarisés avec l'Internet. Une très grande majorité d'entre eux y ont accès à leur domicile, le plus souvent grâce à une connexion haut débit. Leur usage est fréquent et régulier. Les enfants de 9-10 ans se connectent plusieurs fois par semaine pour des durées variant de une demi-heure à une heure, et les enfants de 12-14 ans se connectent généralement tous les jours pour une navigation de une à trois heures. L'étude révèle que les utilisations d'Internet  sont "remarquablement homogènes  à travers l'Europe". Les enfants s'en servent le plus souvent pour jouer à des jeux en lignes, ou surfer librement. Viennent ensuite la recherche d'informations pour l'école, puis les fonctions de communication et, enfin, le téléchargement.

Concernant la téléphonie mobile, 3 enfants sur 4 chez les 9-10 ans ont un téléphone portable, et 9 enfants sur 10 chez les 12-14.

Des risques perçus mais parfois minimisés

Les enfants perçoivent beaucoup plus de risques dans l'utilisation d'Internet que dans l'utilisation de la téléphonie mobile. Pour cette dernière, le principal risque énoncé est d'ordre économique (dépassement de forfait), avant le non-respect de règles de "savoir-vivre".

Dans l'ensemble, les enfants identifient les facteurs de risques et les façons de s'en prémunir. Ils en ont été informés par les parents, mais aussi par l'école et par les médias. Les enfants s'estiment "dans leur très grande majorité suffisamment informés mais reconnaissent l'utilité de l'information sur les problèmes et les risques". Cependant, ce sont les comportements réels qui ne sont pas conformes aux déclarations de principes sur les risques encourus.

Certains risques sont par ailleurs sous-estimés, comme la non reconnaissance du caractère potentiellement erroné de certaines informations trouvées sur Internet. Certains enfants, notamment chez les garçons plus âgés, se disent curieux vis-à-vis des sites susceptibles d'être choquants (contenus de nature pornographique ou très violente). Les enfants se montrenet aussi trop confiants par rapport aux fausses identités. Enfin, le harcèlement téléphonique ou sur Internet est un problème auquel beaucoup ont été confrontés (ou en ont été les auteurs), mais le problème est relativisé par une grande majorité.

Et qui règlent leurs problèmes seuls ou avec leurs amis

En cas de problème, le recours aux parents est privilégié dans les discours. Néanmoins, les enfants y ont très rarement recours et le limitent aux cas les plus graves. La plupart du temps, ils règlent leurs problèmes seuls ou entre amis. L'appel aux autorités, c'est à dire les enseignants ou la police, "est très rarement envisagé sans résistance", et il en est de même " bien qu'avec des points de vue plus variés", pour les organismes spéciaux.

La proposition d'un "bouton d'alerte" sur lequel il suffirait de cliquer pour prévenir immédiatement les autorités responsables est "mieux reçue, quoique pas unanimement".

Internet plus sûr pour les enfants

Cette étude qualitative a été réalisée par OPTEM et ses partenaires européens à la demande de la DG Société de l'information et médias, dans les 27 Etats membres, ainsi que l'Islande et la Norvège, auprès de garçons et filles âgés de 9 à 10 ans et de 12 à 14 ans. La méthodologie utilisée a été celle de la discussion de groupe, les enfants étant classés par âge et par sexe, et formant ainsi quatre groupes dans chaque pays.